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La boîte de Pandore

09 juillet 2016 à 10 h 00 min

La guerre menée contre l’Irak par les Etats-Unis et leurs alliés, principalement la Grande-Bretagne, est de nouveau évoquée à l’occasion de la publication d’un long rapport britannique de près de 3 millions de mots et dont la rédaction a duré sept ans. Il y avait donc beaucoup à dire comme en attestent les nombreuses réactions comme celle de l’ancien Premier ministre britannique, qui, apprend-on, avait promis au président américain de l’époque, George W. Bush, de le suivre «quoi qu’il arrive».

Justement, Tony Blair est fortement critiqué sur le fait d’avoir décidé de «se joindre à l’invasion de l’Irak avant que toutes les options pacifiques pour obtenir le désarmement (de ce pays) ne fussent épuisées. L’action militaire n’était pas inévitable à l’époque». Visiblement, les rapports de la mission des Nations unies concluant au désarmement total de l’Irak n’avaient donc servi strictement à rien.

Son président, le Suédois Hans Blix, et certains de ses membres étaient catégoriques : l’Irak était désarmée. L’Américain Scott Ritter affirmait, dès avril 2002, qu’il n’y avait plus de menace irakienne, ce pays étant désarmé depuis 1996, et qu’il est, et pour de nombreuses années, dans l’incapacité de reconstruire un quelconque programme d’armement nucléaire, chimique ou biologique.

Pourquoi donc cette guerre — déjà qualifiée d’injuste et d’illégitime — contre un pays privé de ses moyens et de revenus à travers un implacable blocus imposé depuis qu’il avait envahi le Koweït voisin en juillet 1990 avant d’en être chassé quelques mois plus tard, l’ONU se chargeant de vendre son pétrole et une force extérieure restreignant sa souveraineté à travers des zones d’exclusion ? Mais à quoi peuvent servir les regrets de Tony Blair ?

Strictement à rien car l’Irak n’est plus ce qu’il était, conséquence de guerres multiples et d’un nettoyage ethnique mettant fin non seulement à l’hégémonie d’une minorité, mais surtout à la coexistence entre Irakiens. Le blocus, disait-on alors, avait renvoyé l’Irak au Moyen-Age avec le retour de certaines maladies et l’invasion de 2003 a débouché sur une multitude de guerres. En outre, un expert soulignait dès 2007 que la destruction de l’Irak aurait des répercussions sur la région et déstabilisera la Syrie, le Liban ainsi que la Jordanie. En 2003, lors de l’invasion américaine, un chef d’Etat occidental affirmait que l’on venait d’ouvrir la boîte de Pandore, se demandant déjà qui pourrait la refermer.

Nous y voilà donc, même si dans sa réaction au rapport britannique, George Bush estime que «le monde est meilleur et plus sûr» depuis la chute de l’ancien chef de l’Etat irakien Saddam Hussein. C’est pourtant bien Tony Blair qui a reconnu au mois d’octobre 2015 des «éléments de vérité» dans l'idée que l'invasion de l'Irak est la principale cause de la montée de l'Etat islamique (EI). Toute la région et même au-delà est prise dans une spirale infernale. Jusqu’où et jusqu’à quand ?
 

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