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«Le programme des énergies renouvelables a pris du retard»

02 mars 2014 à 10 h 00 min

-L’Algérie a adopté en 2011 un programme de développement des énergies renouvelables, mais peu de choses ont été concrétisées sur le terrain. Quelles en sont les raisons ?

Je dois rappeler d’abord qu’en marge de la Conférence africaine sur l’économie verte, un débat a été organisé pour discuter des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique en Afrique, mais aussi en Algérie. Nous avons constaté que tout le monde reconnaît que le continent dispose de potentialités énormes en la matière. Pour le solaire, le potentiel le plus important se situe en Afrique du Nord, notamment en Algérie où il y a plus de 3000 heures d’ensoleillement par an avec un taux d’irradiation très important. Nous avons aussi un gisement éolien considérable, en plus de l’hydraulique et de la biomasse. Notre pays dispose d’un programme de développement des énergies renouvelables très ambitieux, adopté en 2011, visant à produire 21 000 mégawatts (MW) en énergies renouvelables, dont 7200 MW en solaire, 2800 MW en photovoltaïque et 2000 MW en éolien.

A ce jour, il n’y a pas eu de déploiement important de ce programme. Mais un choix technologique a été clairement défini : la mise en place de stations-pilotes dont trois projets ont vu le jour, à savoir la centrale hybride (gaz-solaire) de Hassi R’mel, la station photovoltaïque de Ghardaïa qui sera mise en service prochainement et la ferme éolienne installée à Adrar, d’une capacité de 10 MW. Des initiatives ont été également lancées en matière d’efficacité énergétique comme la subvention du programme chauffe-eau solaire, ou encore le programme de génie rural lancé par le ministère de l’Agriculture pour l’éclairage des villages isolés et le pompage des eaux souterraines. Nous croyons savoir, par ailleurs, qu’il est prévu l’installation de 20 centrales photovoltaïques d’ici août 2014 au Sud et dans les Hauts-Plateaux pour la production de 233 MW. Si l’on commence réellement à concrétiser ce projet, nous serons alors en phase de déploiement effectif du programme de 2011.

-Qu’est-ce qui empêche le déploiement effectif des grands projets d’énergies renouvelables ?

Pour lancer un programme d’énergies renouvelables, il faut d’abord une volonté politique. Celle-ci existe à travers le programme adopté. Il se trouve aujourd’hui que la mise en œuvre de ce programme accuse un retard. Nous attendons avec impatience le projet d’incitation appelé «feed-in tariff» ou «tarifs de rachat». Il est important dans la mesure où son lancement générera des investissements de la part du secteur privé. Ce projet permettra aux entreprises privées de s’impliquer, de se lancer dans la production d’électricité à partir des énergies renouvelables et de l’injecter dans le réseau électrique national. Mais il faut une réglementation qui fixe les normes, les conditions et les tarifs. Un décret a certes été promulgué, mais les textes d’application n’ont pas suivi.

-N’y a-t-il pas, selon vous, une contradiction entre la volonté de développer les énergies renouvelables et l’intention des pouvoirs publics d’aller vers l’exploitation des gaz de schiste, nuisibles pour l’environnement ?

Je crois qu’actuellement, nous n’en sommes qu’au stade de l’exploration afin de voir si la technologie d’extraction par fracturation peut s’adapter à notre situation. Il faut lancer des études en ce sens et voir quel serait l’impact sur l’environnement et sur nos ressources en eau. Mais il est clair que la priorité doit être accordée à l’exploitation des richesses en matière d’énergies renouvelables, notamment le solaire et l’éolien, des ressources inépuisables qui n’ont pas d’impact sur l’environnement, la santé et les écosystèmes en général.

-L’exploitation des énergies renouvelables exige des connaissances spécifiques. Qu’en est-il des compétences disponibles aujourd’hui ?

Il y a eu récemment une prise de conscience dans les instituts et universités où des formations sont maintenant dispensées dans le système LMD. Des formations doctorales existent aujourd’hui à l’USTHB, par exemple. Certains centres de formation professionnelle ont introduit cette spécialité pour des diplômes de technicien en énergies renouvelables. Si nous voulons installer 20 centrales photovoltaïques d’ici l’été prochain, il faut bien qu’il y ait un personnel qualifié pour les faire fonctionner et les maintenir en marche. C’est un domaine qui demande de la technicité, de l’expertise, de l’investissement dans la formation. Le renforcement des capacités devient une nécessité.
 

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