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«Le marché informel de la devise a toujours été considéré comme un marché secondaire indirect»

23 avril 2017 à 12 h 00 min

Lors d’une séance plénière tenue au Conseil de la nation il y a de cela une semaine, le gouverneur de la Banque d’Algérie a opposé à nouveau son veto à une ouverture de bureaux de change privés, prétextant que la conjoncture serait peu propice à une libéralisation du marché. Quelle lecture pouvez-vous en faire ?

La principale logique inquiétante avancée par la Banque d’Algérie est celle qui concerne la cadence de l’usure des stocks des réserves de change, sous prétexte qu’une ouverture massive des bureaux de change causera probablement et de facto une hausse de la demande en sollicitant une plus grande participation de l’épargne nationale externe vis-à-vis des citoyens ou acteurs demandeurs.

Car, il s’agit plus spécialement du rôle de cette épargne qui prendra le relais pour assurer une offre permanente et consistante dans sa phase demande et comptant sur un champ très restreint de ressources dans sa phase offre. Les bureaux de change doivent au fur et à mesure fonctionner comme un simple marché, en s’appuyant sur une offre très diversifiée pour son approvisionnement et une demande stable et à des fins réelles pour l’écoulement.

Par ailleurs, il existe un autre facteur important, qui concerne le volume de l’activité touristique dans le pays qui, par son niveau, ne contribue pas au développement d’une demande importante sur le dinar. Et c’est de ce fait que le gap qui pourra éventuellement exister sur le circuit officiel entre la demande probable sur le dinar contre les autres devises et de la demande des autres devises par rapport au dinar qui causera des fluctuations moins favorables du cours de change, et en alimentant aussi un effet inflationniste dû aux variations rapides des monnaies d’importation.

De prime abord, le statu quo sera entretenu en matière d’offre en devises et le marché informel, de surcroît illégal, continuera à jouer un rôle primordial sur ce terrain. Serait-ce un quitus donné aux cambistes des «bourses» informelles de devises ?

Le marché informel de la devise a toujours été considéré comme un marché secondaire indirect chargé de compenser les demandes des citoyens et divers acteurs qui ne trouvent pas une couverture totale de leurs besoins dans le circuit officiel. Ce marché informel bénéficie d’une gamme très large de ressources en s’appuyant sur des offreurs importants qui éviteront par tous les moyens de passer par le circuit formel et assure aussi une grande flexibilité dans ses transactions.

Ce qui fait que le marché informel de la devise doit exister car l’enjeu entre ce marché et le circuit officiel résidera principalement sur les questions de l’alimentation et l’utilisation des stocks disponibles, face aux soucis qui concernent le niveau des réserves de change et l’existence d’un espace informel qui joue le rôle de compensateur sur le marché réel.

Mohamed Loukal a indiqué à la même occasion que l’éradication du marché informel nécessitait plutôt la coordination des efforts entre les différentes administrations notamment fiscale et commerciale. Pensez-vous que ces institutions n’en font pas assez pour être ainsi pointées du doigt ?

En effet, la coordination est plus que nécessaire et elle existe, mais doit aussi s’adapter à tous les cas de figure possibles et imaginaires dans ce type de question. Par exemple, une entité personnelle ou une entreprise, qui existe sur le plan légal, demande des avantages et des financements, mais sur les autres plans (fiscaux et parafiscaux …) se déclare en état de déficit ou en arrêt d’activité, ou après avoir bénéficié des avantages à l’investissement et à l’exploitation peut replonger dans l’informel dans toutes ces natures (activités, emplois, fiscalité…). Ces cas de figure ne peuvent pas tenir au fil du temps. Le processus de lutte contre l’informel avance à partir de détails autres qu’officiels, et non à partir des données administratives ou déclaratives.  
 

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