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«Il y a eu peu d’efforts dans le suivi des projets»

23 septembre 2013 à 10 h 00 min

-Cette rentrée sociale est la dernière du quinquennat 2010-2014. Quelle évaluation faites-vous justement de tout ce qui a été fait jusque-là au cours de ces trois dernières années sur le plan socio-économique ?

En effet, l’année 2014 est la dernière des différents programmes sectoriels de développement socio-économique programmés de 2010 à 2014. Le programme d’investissements publics pour la période allant de 2010 à 2014 a été adopté par le Conseil des ministres du 24 mai 2010. Ce programme s’est inscrit dans la continuation du programme de soutien à la relance économique, engagé en 2001 et du programme 2004-2009, lui-même conforté par les programmes spéciaux au profit des wilayas des Hauts-Plateaux et du Sud.

Le programme d’investissements publics de la période allant de 2010 à 2014 devait impliquer des engagements financiers de l’ordre de 21.214 milliards DA (soit l’équivalent de 286 milliards de dollars) et a concerné d’une part le parachèvement des grands projets déjà entamés pour 30% et d’autre part l’engagement de projets nouveaux. Le programme 2010-2014 a réservé plus de 40% de ses ressources à l’amélioration du développement humain et plus de 40% à la poursuite du développement des infrastructures de base et à l’amélioration du secteur public. Le reste a été réservé à l’encouragement à la création d’emplois, au développement de l’économie de la connaissance et à l’appui au développement de l’économie nationale

-Qu’en est-il de l’évaluation à faire de la réalisation de ce programme ?

D’abord, il est encore tôt de faire une évaluation complète mais plusieurs observations peuvent d’ores et déjà être faites. Nous constatons que plusieurs projets ont été lancés avec des réalisations inégales selon les cas. Sur le plan de la programmation et des investissements de financement des infrastructures économiques et sociales et des livraisons de certains projets, on peut relever des motifs de satisfaction. Il est bon de noter aussi qu’au niveau de plusieurs wilayas des initiatives heureuses ont été menées en matière de démocratie participative dans le choix de petits projets de développement local. Malheureusement, il y a eu peu d’efforts en ce qui concerne l’accompagnement et le suivi économique. On peut citer pour cela l’imperfection de la planification en matière d’investissements publics, des insuffisances en matière d’organisation et de gestion de l’économie nationale. Enfin, on peut également noter l’insuffisante participation des citoyens à la vie économique et sociale à travers leurs assemblées élues.

-De nombreux projets inscrits dans le cadre de ce plan quinquennal ont enregistré des retards. Pourquoi, à votre avis ?

Dans tout plan de développement, on enregistre des retards et corrections dans les projets. Diverses raisons en sont la cause, on peut citer entre autres la mauvaise maturation des études de projets, les conditions de financement, des difficultés liées aux aspects physiques et de terrain, le problème des expropriations, etc. 

-Est-il possible de rattraper le retard cette année ?

Les retards dans la réalisation des projets sont assez fréquents, mais il existe des normes à ne pas dépasser. Pour ce qui est du programme en cours, si les problèmes cités plus haut sont résolus, il est possible de rattraper une partie du retard pour certains projets. Ceci dit, il faudrait faire d’abord une évaluation précise de l’état d’avancement de chaque projet. Il est bon de rappeler que les actions d’évaluation font partie intégrante de la planification. En tout état de cause, il est clair que les projets déjà inscrits seront réalisés, malgré les retards, durant les exercices suivants.

-Qu’en est-il de la rationalisation des dépenses telle que préconisée à chaque fois par les pouvoirs publics ?

Je pense que la rationalisation des dépenses publiques est une préoccupation naturelle de chaque gouvernement ; en tous les cas, elle devrait l’être.Le problème qui se pose cependant est celui relatif aux méthodes et procédures adoptées pour la réaliser. Des efforts devraient se poursuivre dans ce sens par le renforcement et éventuellement la création des instances et institutions qui en sont chargées. D’autre part, il est nécessaire d’adopter les techniques modernes en la matière qui ont fait leurs preuves ailleurs et aussi de développer les ressources humaines adéquates.

-Quelles sont les leçons à tirer pour le suivi des prochains programmes de développement ?

Les leçons à tirer pour les prochains programmes se résument à la nécessité d’avoir une vision et une démarche cohérentes du développement économique et social futur. Il faut avoir bien à l’esprit que la planification n’est pas seulement de la programmation de projets. Actuellement, il est prouvé que les difficultés et imperfections des marchés ne permettent pas aux différents agents décentralisés, notamment les entrepreneurs (publics ou privés), de formuler de manière explicite et fiable leurs anticipations, ce qui, souvent, conduit à des situations de blocage et de sous-emploi des facteurs.

Aujourd’hui, la question de la complémentarité entre intervention de l’Etat et le marché est une réalité admise de façon universelle. La démarche pragmatique s’articule autour d’un équilibre entre allocation des ressources par le marché et intervention de l’Etat au moyen de politiques appropriées. Dans ce cadre, l’Etat doit non seulement mettre en place les bases institutionnelles nécessaires au fonctionnement du marché, mais aussi intervenir afin de corriger le fonctionnement spontané de ces marchés à la lumière d’un cadrage macro-économique et de préférences sociales et économiques consensuelles.

Ainsi, pour ce qui est de la planification, le nouveau système de régulation de l’économie pourrait s’appuyer sur un dispositif cohérent de conduite de l’économie. Par exemple, l’architecture de ce dispositif institutionnel pourrait être constituée, en plus des instances et des organismes concernés,  des éléments suivants : les perspectives à long terme du développement économique et social ; le rapport d’orientation du développement économique et social à moyen terme ; le budget économique ; le budget social ; les programmations sectorielles ; les contrats-programmes entre l’Etat et les collectivités locales et/ou les grandes entreprises et la loi des finances.
Les perspectives et rapports d’orientation à moyen et long termes font partie d’une planification stratégique plus générale, permanente et moins détaillée. Les budgets économique et social nécessitent un contenu analytique et d’informations important.

Enfin, certains postes du budget d’équipement consacrés par exemple à l’amélioration du développement humain pourraient être affectés aux collectivités territoriales selon des clés de répartition calculées sur la base  des effectifs de population et de la superficie des territoires. Dans ce cas, la programmation détaillée, le suivi et l’évaluation au niveau des collectivités locales relèveraient de leurs administrations et assemblées élues.
 

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