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Des sociétés au bord de la faillite à Sétif

31 août 2009 à 0 h 15 min

De nombreux industriels de Sétif et des wilayas limitrophes, qui se sont rapprochés de nos bureaux, ne remettent pas en cause, dans sa globalité, cette loi, ni même l’objectif visant les importations sauvages et l’assainissement du secteur, mais les dispositions inhérentes à «l’obligation d’utiliser la lettre de crédit comme seul mode de paiement des importations de matières premières, pièces de rechange et équipements» ainsi que «l’obligation pour les responsables d’entreprises d’effectuer personnellement les opérations de domiciliation et de dédouanement» portent un sacré coup à leurs activités. Afin d’éviter le pire à l’économie nationale, déjà mal en point, ces opérateurs demandent aux initiateurs de ces mesures de revoir leur copie.
Pour nos interlocuteurs, cette nouvelle approche est une mauvaise réponse à un vrai problème et son application provoquera un véritable séisme dans l’industrie algérienne et un coup fatal à de nombreuses entreprises de production, déjà fragilisées par l’adhésion de l’Algérie à la Zone arabe de libre-échange (Zale) et l’environnement bureaucratique très défavorable à son développement. «Comment ma société, qui importe près de 40 containers/mois de matières premières et pièces de rechange, pourra faire face d’une part à des frais de lettre de crédit énormes qui grèveront les coûts, et d’autre part à un assèchement rapide de la trésorerie, car je serais obligé d’immobiliser le montant des marchandises auprès de la banque ?

Ceci après avoir passé des années à gagner la confiance de mes fournisseurs qui consentent aujourd’hui à m’envoyer la marchandise sans garantie et de payer jusqu’à trois mois après sa réception, ce qui me permet d’être en position de force en cas de litige sur la qualité du produit et me donne une véritable bouffée d’oxygène. Sans compter les retombées positives sur l’Algérie qui n’a pas à payer de frais à la banque étrangère, qui est la seule gagnante dans cette affaire. C’est une procédure aussi transparente que le crédit documentaire, puisque les paiements se font de banque à banque», dira le patron d’une société employant plus de 500 personnes. Un autre opérateur enfoncera le clou. D’après lui, «pour une simple pièce de machine défectueuse qui paralyse une chaîne de production, faisant perdre des millions de dinars par jour, il faudra attendre 15 jours à un mois dans le meilleur des cas pour ouvrir la lettre de crédit et expédier la pièce afin de remettre la production en marche. Ceci, sans parler des matières soumises à des fluctuations des coûts (cotées en bourse). Qu’aura à gagner l’Algérie dans cette affaire ? Certes, elle aura réduit ses importations, mais elle aura également déstabilisé l’industrie algérienne naissante et fragile, qui risque de connaître une récession, avec une forte baisse de la production nationale et la fermeture des sociétés les plus exposées avec toutes les conséquences négatives (perte d’emploi, perte de revenus pour l’Etat…). A un moment où la crise mondiale oblige les gouvernements des pays capitalistes à faire de l’interventionnisme – ce à quoi ils sont allergiques – afin de sauver leurs entreprises et relancer la consommation, l’Algérie opte pour des solutions inverses». Déboussolés par les dispositions précitées, les opérateurs économiques demandent la suspension de celles-ci et l’ouverture du dialogue. Les effets négatifs des dispositions de la LFC ont commencé à se faire sentir au niveau de certaines sociétés menacées plus que jamais de faillite.

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