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Acquisition de Djezzy : Ce qui va changer

28 avril 2014 à 10 h 00 min

Bonne ou mauvaise nouvelle ?

A quoi va ressembler le futur paysage des télécoms algérien ? Peut-on imaginer un retour en arrière ? Selon Younes Grar, consultant IT et ancien conseiller pour le ministère de la Poste et des TIC, chargé de l’élaboration du programme «e-Algérie 2013», le rachat de Djezzy, décision qui a pris beaucoup de temps de négociations, peut être considérée une bonne opération pour l’Algérie, à condition de veiller à ce que l’Etat profite de l’expérience de l’opérateur russe Vimpelcom dans le domaine de gestion et d’exploiter son savoir-faire.

A condition aussi de bien gérer le conflit d’intérêt qui peut voir le jour entre Djezzy et Mobilis. Pour cela, il faudrait que l’Etat algérien et le Fonds  national d’investissement  (FNI) veillent à ce que leurs stratégies et décisions soient purement commerciales, loin de tout aspect politique ou bureaucratique. Ainsi, on assistera à une concurrence entre les trois opérateurs, sous un œil vigilant de l’Agence de régulation de la poste et télécommunications (ARPT), le ministère du commerce et l’association de protection des consommateurs.

Un retour en arrière est possible

«Un retour en arrière est possible, et je ne l’espère pas», déclare notre interlocuteur. En effet, dans le cas où le personnel ne s’adapte pas à cette acquisition et que les rigueurs de gestion s’affaiblissent suite au laisser-aller et aux injonctions et blocages bureaucratiques, ce qui est le cas dans beaucoup d’entreprises publiques qui restent otages de certains réflexes administratifs et monopolistiques. L’opérateur sera confronté à deux visions différentes : l’une purement commerciale cherchant l’intérêt de l’entreprise, même si cela va à l’encontre du syndicat des travailleurs et les choix «politiques» de l’actionnaire majoritaire, et l’autre mettant le chiffre d’affaires et le bénéfice de l’entreprise en seconde position, bien loin de l’achat de la paix sociale.

«Il est indispensable pour la réussite de cette acquisition que l’Etat algérien résolve intelligemment cette équation complexe. La décision d’acquisition étant prise, il serait intéressant de penser à impliquer des opérateurs et investisseurs locaux dans les 51% pour essayer peut-être de résoudre cette équation», soutient Younes Grar. Qu’en est-il pour Djezzy ? Philippe Ausseur, associé fondateur d’Abington Advisory, affirme que la fin du contentieux entre l’Etat algérien et l’opérateur est une bonne nouvelle.

En effet, il fallait un environnement apaisé pour permette à l’opérateur de déployer sa stratégie et se concentrer sur le marché des affaires. Pour lui, ce rachat apparaît comme une application rétroactive du 51/49 pour les investissements étrangers plus qu’une nationalisation. Est-ce que cela prélude à une concentration avec seulement deux opérateurs ? Autrement dit, peut-on envisager un rapprochement stratégique entre les deux opérateurs publics, Mobilis et Djezzy ? Pour Ali Kahlane, DG de Satlinker, ISP et membre de CARE (Cercle d’action et de réflexion autour de l’entreprise), nous nous retrouvons désormais avec deux gros opérateurs publics qui totalisent plus de 30 millions d’abonnés.

Dans le cas d’un rapprochement stratégique, ils formeront un très gros acteur face à Ooreedo. «Mais il se trouve que la maison mère d’Ooredoo n’a aucun problème financier et jouit d’une aura dans le monde des télécoms qui lui permet d’avoir une agressivité commerciale avec laquelle les deux concurrents devraient très sérieusement compter», explique-t-il. Pour sa part, Younes Grar affirme qu’en cas de  fusion entre Mobilis et Djezzy, on sera en face de deux opérateurs, dont l’un est en position dominante avec 2/3 des parts du marché, ce qui peut entacher la libre et loyale concurrence. Cela peut avoir un effet négatif par rapport aux utilisateurs, puisque l’opérateur dominant peut imposer ses choix et orienter le marché, surtout si l’ARPT ne réagit pas.

Ce scénario n’est pas envisageable si la gestion de Djezzy reste efficace et commerciale et que les organes de contrôle jouent le jeu et font leur travail (ARPT, ministère du Commerce, association de protection des consommateurs, les médias…). Cet avis est également partagé par Philippe Ausseur, selon lequel il ne faut aller trop vite en considérant qu’une prise de participation, certes majoritaire, signifie d’ores et déjà une fusion-absorption entre deux opérateurs. Cela n’a aucun intérêt au regard des besoins de l’économie algérienne et de l’état actuel du marché qui recèle encore de nombreuses opportunités de croissance grâce à de nouveaux abonnés et de nouvelles offres. Qu’en est-il des abonnés de Djezzy ? A quoi doivent-ils s’attendre maintenant que l’opérateur a été racheté ?

Les prix devront baisser

Interrogé sur l’impact du rachat de Djezzy sur les consommateurs, Younes Grar affirme que l’impact, si impact il y aura, sera ressenti par les abonnés de Djezzy. En effet, dès que l’acquisition sera effective, d’ici fin 2014, il y aura changement au niveau de certaines structures, conseil d’administration, directions, services… «Cette restructuration se traduira peut-être par certains choix stratégiques et changements au niveau du staff dirigeant. Si le personnel technique et commercial n’arrive pas à s’adapter à ce changement, s’il y a dysfonctionnement au niveau de la gestion cela va se répercuter sur la qualité de service offerte par Djezzy à ses abonnés», expliquera-t-il. Et de poursuivre : «Ces derniers seront obligés de migrer vers les autres opérateurs. Les jours qui viennent nous éclaireront sur le degré d’adaptation du personnel de cet opérateur à ce changement. Mais soyons optimistes et faisons confiance au professionnalisme de l’opérateur russe et à l’engagement de l’Etat algérien pour que le futur de Djezzy soit le même sinon meilleur qu’avant et espérons que la concurrence va s’accentuer pour le bien-être du consommateur algérien». Qu’en sera-t-il des conséquences ? «On sera en face de promotions et d’offres très attractives et compétitives sur les différents segments de services : voix, Internet 3G et autres… Donc, les prix devront baisser comme constaté à travers le monde des télécoms mobiles. En cas de complot entre les opérateurs contre le consommateur, l’ARPT doit réagir et sévir», conclura Younes Grar.


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