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L’économie russe tourne au ralenti, selon l’OCDE

26 décembre 2011 à 1 h 00 min

Largement contesté sur le plan politique, le tandem Poutine-Medvedev joue l’argument économique. Jeudi dernier, Dmitri Medvedev s’est flatté d’avoir surmonté la crise, avec une croissance économique de 4% par an en moyenne et deux millions de chômeurs en moins par rapport à 2008. «La Russie est devenue la sixième économie mondiale», selon lui. Medvedev affirmait également avoir déclenché une profonde modernisation de l’économie et lutté contre la corruption. Même rhétorique distillée par son Premier ministre, le tout-puissant Vladimir Poutine. En vantant leur bilan économique, ils tentent d’apaiser le front de contestation. Vainement pour l’instant. Si l’économie russe se remet lentement de la récession de 2008-2009, il n’en demeure pas moins que l’activité reste en deçà des taux de croissance observés avant la crise, selon le dernier rapport de l’Organisation de coopération et de développement économiques sur la Russie. «De l’ordre de 4%, le taux de croissance tendanciel est insuffisant pour tirer pleinement parti des possibilités offertes par les ressources naturelles dont est richement dotée la Russie», indique l’OCDE.

Conjuguée à une corruption endémique et à une inflation persistante, la stagnation entretient la désillusion des citoyens russes à l’égard de leurs dirigeants. D’ailleurs, ce n’est pas étonnant si la colère des manifestants est avant tout dirigée contre la corruption, un fléau qui empoisonne le quotidien des citoyens et des entreprises, nationales ou étrangères. En 2011, la Russie se classe au 143e rang mondial sur 183, selon Transparency International, et la taille moyenne des pots-de-vin n’a fait qu’augmenter depuis dix ans. Le coup de frein de l’économie russe intervient presque à une décennie de forte croissance. Selon le FMI, le PIB russe, entre 2000 et 2008, a augmenté en moyenne de 7,2% par an. Ceci avait permis l’éclosion d’une classe moyenne.

En revanche, la bonne santé financière du pays n’a pas profité à tous. Le rapport de l’OCDE mentionne que si le taux de chômage est resté relativement bas, même pendant la crise, de fortes inégalités de revenus continuent de laminer de larges couches de la société. Le même rapport note aussi que «le soutien apporté aux chômeurs, qu’il s’agisse de la générosité de l’assurance-chômage ou des mesures d’activation, est faible par rapport à celui accordé dans les pays de l’OCDE». En outre, la classe moyenne est confrontée à la hausse des prix. «La Russie enregistre encore des taux d’inflation qui sont nettement supérieurs à ceux observés dans les pays avancés et relativement élevés parmi les économies à revenus intermédiaires», explique l’organisation. L’inflation devrait atteindre 5,7% cette année.  

Par ailleurs, le rapport de l’OCDE relève l’interventionnisme prononcé de l’Etat, le manque de concurrence de l’économie russe, l’atonie de l’innovation et la faiblesse de l’investissement. La Russie, qui vient de rejoindre l’OMC, est le premier exportateur mondial de gaz naturel et l’un des deux premiers exportateurs mondiaux de pétrole.

 


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