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La réforme qui a accouché d’une souris

19 janvier 2012 à 1 h 00 min

Les satisfecit officiels cachent mal un malaise visible au quotidien. Les réformes, dont le ministre, Boubekeur Benbouzid, en place depuis plusieurs années, vante la réussite, ne semblent pas avoir donné de résultats. Au contraire, l’école est confrontée à la dure réalité de la régression. Le dossier a été pourtant l’une des priorités du président Abdelaziz Bouteflika, à l’orée de son premier mandat en 1999. La commission Benzaghou a travaillé durement pendant plusieurs mois pour remettre un rapport exhaustif sur l’école algérienne et les réformes qui devaient être conduites. Plusieurs années plus tard, le document a fini dans les tiroirs. Ce qu’on a pris des recommandations de la commission de réforme a été, selon des sources au fait du dossier, trituré et changé pour aboutir à l’aggravation du marasme dans lequel se débat le système éducatif.

Les contenus ont été maintenus dans une «idéologisation» accentuée de l’école, où logiquement doit primer le rationalisme. Difficile de croire donc les satisfecit que sert le ministre de l’Education. On en trouve d’ailleurs à s’en gaver dans cette préface d’une publication dédiée par l’Unesco en 2005 à La refonte de la pédagogie en Algérie, défis et enjeux d’une société en mutation. L’évocation pompeuse de la nécessité d’ancrer les valeurs de la démocratie républicaine et citoyenne et la culture des droits de l’homme au sein de l’école algérienne est une insoutenable tromperie sur la marchandise. Boubekeur Benbouzid se complaît à transfigurer tout simplement la réalité d’une école que le défunt Mohamed Boudiaf avait qualifiée, à juste titre d’ailleurs, de sinistrée. Comme les taux exagérés de réussite aux examens du bac et du BEM, le discours officiel sert à édulcorer une situation qui, comme tout le monde le sait, est grave. Une incroyable fuite en avant qui enfonce encore plus l’école dans sa médiocrité. Jusqu’à quand continuera-t-on à cacher la déliquescence de l’école ? Depuis 1995, on ne cesse de lancer, chaque année, des chiffres qui n’ont jamais été démentis par le ministère de l’Education : une déperdition de 500 000 élèves éjectés du système scolaire. Plus de 40 000 cas de violence (0,50%) entre les élèves tous niveaux confondus ont été recensés en 2010, a révélé, à Alger, Mme Latifa Remki, directrice des activités culturelles et sportives et de l’action sociale au ministère de l’Education nationale.

Par ailleurs, selon une étude diligentée par l’Union des associations des parents d’élèves, (elle concerne 17 wilayas), la majorité des enfants scolarisés dans les trois paliers, primaire, moyen et secondaire, ont obtenu des résultats «catastrophiques» en mathématiques, en physique et en langues étrangères. La même source a indiqué à El Watan dans son édition du 20 décembre dernier que plus «de 70% des élèves n’ont pas obtenu la moyenne de 10 sur 20 dans les épreuves de français et d’anglais ». «Les résultats sont encore plus inquiétants concernant les maths et la physique : plus de 80% des élèves ont eu moins de 10 dans ces deux matières scientifiques.» Voilà des statistiques qui donnent froid dans le dos et qui logiquement devraient interpeller les hauts responsables du pays. Mais cela semble ne pas être l’urgence de l’heure. A entendre le ministre parler de e-éducation, on a l’impression qu’il est sur une autre planète, alors que l’école algérienne se débat dans un marasme indescriptible. C’est bien beau d’équiper les écoles de l’outil informatique, mais ce serait mieux de lancer urgemment un véritable débat pour trouver une réponse aux questions de fond.  
 


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