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La presse française en émoi

26 janvier 2005 à 0 h 00 min

Du jamais-vu dans la presse française. Les directeurs de la rédaction de plus de 40 journaux, radios, télés et agences de presse se sont réunis au siège du quotidien Libération. Tous ont exprimé leur solidarité avec Florence Aubenas, envoyée spéciale de Libération en Irak, et son guide Hussein Hanoun, disparus le 5 janvier. Le quotidien a choisi de consacrer sa une au texte de soutien avec deux photos d’identité de Florence Aubenas et de Hussein Hanoun. «Il n’y a pas de liberté sans la liberté d’informer, partout et tous lieux. Cette liberté des journalistes, de télévision, de radio, de presse écrite et des photographes est un droit fondamental. Elle est défendue par tous, à commencer par les autorités et les mouvements politiques de chaque pays», conclut le texte commun. Bruno Frappat, le directeur de La Croix, propose d’envoyer en Irak une délégation des directeurs de rédaction. Un groupe de travail chargé d’étudier la question très rapidement est mis en place. Il a été aussi décidé la création d’une «banque d’informations», où toutes les rédactions à Baghdad se tiendront mutuellement au courant de ce qu’elles font, des endroits où elles se rendent, mais aussi des zones à éviter ou des risques particuliers.
Quelques semaines après avoir enlevé les portraits de Christian Chesnot et de Georges Malbrunot, Reporters sans frontières et Libération accrocheront place de la République ceux de Florence Aubenas et de son guide irakien. Faut-il couvrir ou boycotter les élections irakiennes ? Les rédactions sont partagées. L’Express, Paris Match et Le journal du Dimanche ont décidé d’envoyer des équipes à Baghdad. A France2, où a eu lieu un débat initié par la Société des journalistes, la direction refuse de couvrir les élections. «Au moment où la présidence de France Télévisions s’engage dans un projet de chaîne d’information internationale pour contrer les médias anglo-saxons et arabes, ce précédent est totalement paradoxal. Comment fixer l’ambition d’un ‘’regard français” sur l’actualité mondiale en étant absent du Moyen-Orient, dès les premières consignes de l’Elysée ?», s’interroge la rédaction.
Le débat s’est invité à l’Assemblée nationale. Le ministre des Affaires étrangères, Michel Barnier, a défendu à nouveau la discrétion de l’Etat dans ce dossier, par rapport aux efforts déployés pour les journalistes Georges Malbrunot et Christian Chesnot, libérés à Baghdad le 21 décembre 2004. «Dans de telles situations, pour les services de l’Etat, la seule règle, c’est la discrétion. Et s’agissant de cette règle et de la discrétion qui nous est imposée, le seul souci que nous avons, c’est leur sécurité», a-t-il répondu à l’Assemblée au président de l’UDF, François Bayrou, qui souhaitait une plus forte mobilisation en faveur de Florence Aubenas et de son interprète.
L’année 2004 a été particulièrement meurtrière pour les journalistes dans le monde avec 71 reporters et autres professionnels des médias tués en raison de leurs activités, dont 23 en Irak, a indiqué hier l’Association mondiale des journaux.

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