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Avant-première du film Le dernier Safar de Djamel Azzizi : Ultime séquence

06 avril 2010 à 21 h 32 min

C’est un amoureux du celluloïd. Il est d’une grande cinéphilie. C’est une cinémathèque ambulante. Il partage sa passion avec des petites gens. Celles de l’intérieur du pays où il n’existe pas de salles obscures. C’est l’histoire de Amou Salah, le vieux projectionniste dans le film intitulé Le Dernier safar (pas safari, le dernier voyage), fou chantant d’El Maknassia d’El Anka. Un long métrage de 120 mn, coproduit par Youks productions et BL Films. La photographie est signée Nabil Mechkal, l’ingénieur du son (excellent) est Mohamed Ziouani et la direction musicale est celle de Marwane Farah. Le pitch ? Un vieux briscard des cabines de projections quitte le milieu urbain d’Alger pour un itinéraire d’un enfant terrible et pas du tout gâté du cinéma en plein air.

Un loup blanc (noir et technicolor), sillonnant le fin fond de l’Algérie pour procurer un pur bonheur aux enfants à bord de son camion, comme à l’époque du cinéma Paradiso au grand réalisme italien de Giuseppe Tornatore. Une initiative, une lubie, un pari fou d’une belle aventure vulgarisant le cinéma d’une manière divertissante, pédagogique et ludique, sur des murs blancs. Aussi, Le Dernier Safar est une sorte de road movie nonchalant, observant des haltes à Constantine, Bouira, Mila, Sétif, Tébessa, El Oued, Biskra ou encore Ouargla. Et c’est aussi un long travelling insufflant une cinéphilie universelle (quoique subjective). Ainsi, Amou Salah projettera-t-il La Montagne de Baya, de Azzeddine Medour, Les Déracinés, de Lamine Merbah, Etat de siège, de Costa Gavras, El Haram, de Henry Barakat, L’opium et le bâton, d’Ahmed Rachedi, ou encore L’Homme tranquille, de John Ford avec John Wayne.

Cinéma paradiso

La projection du film est vécue par la population comme une fête, une considération et un respect envers elle.
C’est aussi des cartes postales de l’Algérie profonde, verdoyante, montagneuse, steppique ou saharienne. Le film renferme des moments attendrissants, comme celui de l’échange entre Amou Salah et un imam pour demander l’autorisation de diffuser le film El Haram sur le seul mur blanc du village, celui de la mosquée, ou encore le baiser dans le film L’Homme tranquille ayant provoqué l’hilarité des enfants (car le baiser est censuré à la télé et au cinéma en Algérie). «C’est un hommage à ce transporteur de rêves dans l’Algérie profonde, où l’on manque de cinéma. Une découverte ! Une aventure humaine pour l’amour et la passion du cinéma. Ce qui est magique, c’est que dans le cinéma, le public regarde le film dans la même direction. L’histoire du vieux projectionniste, Amou Salah, est celle d’un sacrifice, d’un don de soi à l’endroit du bonheur des autres, à travers un grand écran, un voyage, un rêve.

Les jeunes n’ont pas une idée exacte du cinéma. Actuellement, c’est les DVD (piratés)… C’est aussi une parabole, un constat du cinéma algérien, entre mort et résistance. Le plus malheureux, c’est de voir des salles de cinéma fermées ou inexistantes…», commentera le réalisateur Djamel Azzizi. Mourad Khiat, 58 ans, dans le Dernier Safar, crève l’écran. Il a la «tête de l’emploi». Le comédien Azziz Degga l’affublera de «tête de capitaine du Titanic» pour son collier de barbe blanche «homérique».
Une sorte de «loup de mer» des dunes. Il nous confiera : «Vous savez, j’ai 30 ans de carrière de projectionniste au CNCA. J’ai toujours vécu dans une cabine de projection. C’est mon premier rôle au cinéma. Je suis très content. C’est merveilleux. J’ai découvert que le cinéma est un travail d’équipe. Ce fut un staff charmant. Et puis, projeter des films dans des coins reculés de l’Algérie était une belle aventure et découverte…»

Le Dernier Safar est programmé le 20 avril prochain au Centre culturel algérien de Paris et au Festival de Cannes dans le cadre d’une rétrospective du cinéma universel. Le cinéma de Amou Salah rime avec la chanson d’Eddy Mirchell : Son cinéma est fermé / c’était sa dernière séquence / c’était sa dernière séance / et le rideau sur l’écran est tombé…

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