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La valorisation de l’enseignement universitaire en Algérie

29 septembre 2012 à 10 h 00 min

Presque tous les responsables des établissements universitaires affirment que la valorisation de l’enseignement est une nécessité absolue en Algérie pour améliorer la formation universitaire et répondre aux besoins de la réalité professionnelle et à ceux du marché. Hélas, de très nombreux universitaires algériens attestent que l’enseignement n’est pas valorisé, voire presque dévalorisé dans leur université, leur faculté, leur département ou leur programme. De plus, ils confirment que ce sont plutôt les activités de recherche scientifique qui reçoivent la plus grande part de l’attention, de l’encouragement et de la valorisation, et qui ont les conséquences les plus positives sur la carrière professorale.

Il existe depuis longtemps un débat entre la place de l’enseignement et celle de la recherche dans la carrière d’un enseignant universitaire.
Ce qui m’intéresse est d’élaborer des réflexions sur les conditions nécessaires pour que l’enseignement soit valorisé dans les universités algériennes. En effet, les responsables universitaires ont du mal à prendre en premier lieu une décision pour donner de la visibilité à l’enseignement. Pourtant, la première condition pour le valoriser est qu’ils lui accordent un appui absolu et incontestable, qui doit donc outrepasser les paroles dans les discours vaillants sur son intérêt à l’amélioration de l’enseignement universitaire en Algérie.

Pour que l’enseignement soit valorisé, les autorités universitaires doivent lui donner une visibilité étendue, faire des propositions et prendre des actions concrètes qui motivent les enseignants, appuient les enseignements et couronnent les réalisations et les travaux louables en enseignement. C’est la condition sine qua non et elle exige un certain courage. Hélas, la réalité quotidienne des enseignants universitaires algériens est toute autre. En effet, ils font face à plusieurs défis auxquels ils sont appelés à s’adapter, tels le renouvellement rapide des connaissances, la problématique linguistique, l’intrusion des nouvelles technologies dans l’enseignement, les caractéristiques des étudiants, leur responsabilité administrative et de chercheur, leur contexte socioprofessionnel et finalement leur responsabilité socioculturelle.

«Comment font-ils pour s’adapter à ces environnements ?», se demandait Ramdsen.
De plus, on constate que dans la situation actuelle, plusieurs hauts responsables hésitent  à s’engager de façon claire et nette en faveur de l’enseignement, notamment à la prise de conscience que les enseignants algériens auront besoin d’une formation à la pédagogie universitaire ciblée et d’environnements d’apprentissage propices à leur développement intellectuel et professionnel. De plus, les enseignants auront besoin de réseaux de partage de leur vécu de formateur et de leur expérience professionnelle en milieu universitaire pour communiquer, collaborer à propos de «l’acte d’enseigner». En effet, selon Elbe, «enseigner et apprendre sont des activités interchangeables, on ne peut enseigner sans apprendre et on ne peut apprendre sans enseigner».

Par ailleurs, les propos des hauts responsables sont perçus comme si on avait des soupçons que le soutien à l’enseignement est traduit comme un manquement à la vocation de recherche de l’université. Lorsque les hautes directions s’adressent aux enseignants universitaires, il est très rare qu’elles invoquent les réalisations en enseignement et les accompagnements qu’elles désirent mettre en place dans ce domaine. De plus, elles citent rarement les réalisations des professeurs en enseignement. En effet, l’analyse du discours des responsables d’université et des hautes autorités montre que l’évocation du terme enseignement est relativement rare. Faut-il en déduire que l’enseignement n’a pas d’importance aux yeux de nos responsables ?

Il est certain que pour encourager les enseignants universitaires à s’engager entièrement en enseignement, les autorités doivent assumer une responsabilité pédagogique fondamentale : soutenir clairement les activités d’enseignement, reconnaître au grand jour leurs réalisations et travaux  et les féliciter en célébrant avec eux les succès obtenus ou les défis surmontés. En effet, la plupart des enseignants sont motivés afin de procurer un apprentissage de qualité à leurs étudiants, mais ils n’utilisent pas les bons moyens pour y parvenir. Par moyens, on fait allusion surtout aux soutiens didactiques et aux conseils pédagogiques pertinents en vue d’améliorer leur enseignement. En effet, le premier constat est l’absence de formation à la pédagogie aux enseignants pour améliorer leur processus d’enseignement au regard de l’évolution rapide des connaissances dans le domaine de l’éducation.

De plus, lorsqu’un universitaire commence à enseigner, il est en général étudiant au doctorat ou il vient de finir une thèse ou un post-doctorat sur un sujet extrêmement pointu. Une fois qu’il obtient un poste d’enseignant, il s’agit alors de prendre en charge un ou plusieurs enseignements qui sortent de sa spécialité stricte. À vrai dire, il est même plutôt rare d’enseigner exactement dans son sujet de thèse. Et c’est là que la problématique de l’acte d’enseigner se pose sérieusement.

Il arrive également que pour satisfaire aux besoins de la formation à la pédagogie, les responsables universitaires s’investissent dans des séminaires. On tient à attirer leur attention que les séminaires organisés par les autorités universitaires font rarement partie d’un programme d’apprentissage à la pédagogie cohérent, c’est-à-dire qui réponde aux exigences d’une planification méthodique de l’enseignement, de l’apprentissage et surtout qui «contextualise» adéquatement l’enseignement en tenant compte des particularités de la formation des professionnels du milieu universitaire. De plus, les connaissances pédagogiques ainsi acquises par les enseignants et les intervenants académiques lors se traduisent difficilement sur le terrain par la transformation des attitudes et des approches pédagogiques.

Enfin, l’apprentissage à la pratique de l’acte d’enseigner, selon les normes en pédagogie universitaire, représente le premier chaînon dont un enseignant universitaire a besoin pour développer les compétences enseignantes et procurer des pratiques pédagogiques centrées sur les étudiants et l’apprentissage. En effet, «personne ne commence par bien enseigner. Enseigner à l’université ça s’apprend» (Herbert Kohl).
 


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