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lundi, 27 mai, 2019
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dernier requiem et réquisitoire pour un départ

Ce réquisitoire ne s’adresse qu’à ceux pour qui liberté et volonté d’être sont tellement étrangères, qu’ils en viennent à confondre notre droit à l’oxygène et le devoir de leur être reconnaissant d’exister.Que représente l’élection présidentielle en Algérie ? C’est principalement le maintien de l’équilibre général entre les intérêts des clans se disputant  continuellement  des pans du pouvoir politique, économique et des réseaux d’influence et la nécessaire préservation de l’Etat comme institution chargée de la gestion du pays. Toutes les tractations relatives aux amendements de la Constitution et à cette élection se font, depuis déjà deux ans, à huis clos. Quatrième mandat, prolongation pour deux ans, remodelage du réservoir de candidats potentiels du système… telles sont les bribes que servent les «sources informées» à la presse et donc au grand public. Que doit en penser le pauvre citoyen qu’on invitera demain aux urnes ?

Déboussolés, essayons, d’abord, de voir ailleurs. Un peuple épris de liberté ne peut s’en départir. Un Brésil qui, en deux mandats (2×4 ans), du président Lula, a connu une croissance vertigineuse dans son développement économique, social, culturel, scientifique, diplomatique et politique nous laisse perplexes. Ayant aussi à se soucier de la bonne santé des poumons de notre planète, ce Brésil de Lula a réussi le miracle de préserver l’Amazonie et d’offrir une alternative économique durable, pérenne et,  de surcroît, qui améliore considérablement le niveau de vie de ceux qui vivaient jusque-là du déboisement de cette même forêt sacrée et de poser les garde-fous juridiques qui la protègent des appétits insatiables des firmes surfant sur les cours de Wall-Street. Pour cela, il lui a juste fallu mobiliser ses compétences.

Ce Brésil, qui a proscrit dans sa Constitution l’utilisation du nucléaire autrement qu’à des fins pacifiques, revendique légitimement sa place comme membre permanent au Conseil de sécurité. Ce n’est ni par caprice ni par calculs «douteux» que cette demande fut formulée, mais grâce au dynamisme et à un rôle largement reconnu, constant et constructif, au sein d’un grand nombre de pays démunis et sans ressources et des pays émergents non satisfaits de l’ordre économique et politique mondial actuel. Dynamique, en bonne santé, plein d’énergie, plébiscité par plus de 80% des électeurs, Lula, non seulement ne modifia pas la Constitution, ne se présenta pas pour un troisième mandat, mais termina simplement sa mission en veillant sur la crédibilité et la sincérité des scrutins pour l’élection de son successeur et du Parlement. Bien qu’intenses, les campagnes électorales se déroulent dans le respect des règles en vigueur.

Le Président, ou ses protégés, n’ont pas ordonné aux collectivités locales, aux commissariats de police, aux bandes de délinquants apprivoisés par des grâces successives, d’afficher son portrait (rajeuni de dix ans) sur tous les murs du pays, aux heures interdites aux autres candidats et en utilisant outrageusement les moyens de l’Etat et en tabassant les éventuels militants qui s’y opposeraient. Non ! Les campagnes électorales sont d’abord un combat militant pour des options politiques, socio-économiques, sociétales, pour le choix des hommes et des femmes en mesure de mieux les porter et les réaliser.

De gauche ou de droite, ces projets politiques, dans les faits, matérialisent un seul et unique projet de société, celui de la modernité. Celui qui a permis à plus de vingt millions d’individus vivant, jusqu’alors, sous le seuil de pauvreté, de travailler, de se nourrir décemment  et dans la dignité, d’extraire de la malnutrition plus de vingt-trois million d’enfants, le développement d’une très large couche moyenne à même de souder l’ensemble de la société brésilienne et d’encourager la consommation pour le bonheur des centaines de milliers de PME et des millions d’emplois qu’elles génèrent.

Ces dernières, l’Etat ne les a pas abandonnées à leur sort, il ne les a pas laissées périr, il n’a pas obligé les petits entrepreneurs à vendre au «kilo» (en ferraille) leurs petites installations industrielles, acquises au prix d’une vie d’efforts,  parce que ruinés par une concurrence déloyale, venue d’ailleurs, par une politique et «pratique» fiscale et parafiscale meurtrière et par une politique ridiculement ultralibérale qui n’a visé que la destruction systématique de l’outil de production, à la faveur de l’import/import. La découverte et la mise en exploitation des gisements de pétrole n’ont pas empêché le Brésil de continuer le développement des énergies renouvelables, notamment les biocarburants, n’ont pas transformé son économie en économie de rente mais, bien au contraire, ils ont poussé à renforcer son caractère productif et conquérant du marché international.

Pour le reste, le combat continue pour une plus juste répartition du revenu national.   Ce qui est un fait certain, c’est que même si les riches se sont encore enrichis davantage, bien des pauvres sont sortis de la misère et s’enrichissent aussi ! C’est aussi cela le «Miracle brésilien». Fort de sa position, le Président n’a pas ordonné l’exclusion des «petits partis» de la vie politique en leur imposant des conditions impossibles à réaliser comme préalable à leur participation aux élections, alors que ces derniers cumulaient plus de voix que la coalition (et ses satellites) qui le cautionnent. Il n’a pas fait interdire des quotidiens et des journaux qui ont dévoilé au grand jour les crimes commis contre des espèces menacées par des émirs du Golfe, arrogants et méprisants, sur le territoire de son pays, qui ont informé au quotidien, comme c’est leur devoir de le faire, de l’étendue du mouvement des citoyens porteurs d’une charte des libertés et de la modernité, qui ont mis à nu les complicités évidentes entre le clan d’un pouvoir de plus en plus contesté, illégitime et contrebandier et des intérêts  étrangers à ceux du peuple dont il dirige le présent et le devenir ! 

Oui, en réalité, il était évident que l’issue du scrutin importait peu car le destin du Brésil était scellé ; l’alternance, simplement, fait partie, désormais, du mode de gouvernance de ce pays et chaque famille politique apportera sans conteste sa part et sa contribution à l’édifice en construction et, de fait, elle empêche la constitution de trop gros groupes mafieux au sein des rouages de l’Etat. Plus ce pays deviendra puissant, plus il cherchera dans les méandres de l’Amazonie les tribus ignorées jusqu’ici, pour promouvoir leur mode de vie, leurs coutumes, leur art et leur langue afin de donner plus de substance, plus de personnalité et plus d’émerveillement à la richesse identitaire de son peuple.

Plus ce pays deviendra riche et fortement présent dans le commerce mondial, plus il mettra en valeur et à l’honneur l’apport des syndicats réprimés, les luttes des travailleurs, la lucidité, la compétence et l’abnégation des centaines de milliers de cadres qui ont soustrait l’économie brésilienne au sort que lui prescrivaient les multinationales et les barons de l’économie et de la finance mondiale avec leurs plans d’ajustement structurel et autre remède miracle à même de pérenniser le sous-développement, la croissance de la paupérisation et des maladies, la falsification des statistiques et des bilans, les malversations, les détournements de biens publics et nécessairement la corruption.

La corruption n’est certainement pas un phénomène méconnu au Brésil, bien au contraire, parce qu’il est connu et reconnu que des mécanismes de plus en plus efficaces sont mis en place pour endiguer, maîtriser et limiter au maximum ce fléau. D’ores et déjà, l’essentiel des dépenses publiques est largement contrôlé par le Parlement et des institutions autonomes spécialisées et compétentes. La corruption n’est pas l’âme et la philosophie de la gouvernance, comme elle n’est pas le moteur et la motivation principale de l’économie brésilienne.  Les représentants des ONG de la lutte contre la corruption, non seulement ne sont pas jetés en prison sous de fallacieux et ridicules prétextes mais, bien au contraire, sont conviés à apporter leur contribution à la lutte contre ce fléau dévastateur.

Dans le même élan, le ministre chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique ne se distingue pas en protestant pathétiquement auprès des bureaux d’études et d’organismes internationaux spécialisés, contre le fait que ses universités soient classées au plus bas de l’échelle de son continent ! Bien que parmi les plus éminentes, au moins de leur continent, les universités brésiliennes sont sans cesse soumises à des audits sur la qualité et l’actualité de leur formation, sur la recherche scientifique et son niveau d’intégration dans le processus de création de richesses, mais aussi sur le seuil minimum requis de compétence et de culture générale de leurs diplômés.

Le ministre de la Santé, face à la pénurie de «l’Isoniazide et de la « Rifampicine», médicaments essentiels au traitement de la tuberculose, touchant des milliers de citoyens, et dont la rupture provoque indéniablement des conséquences tragiques pour les patients, ne s’illustre pas par une diarrhée de démagogie en lançant, au timbre de Ould Abbès, des «one, two, three, viva l’Algérie » ! Le remède est nécessairement ailleurs. Qu’auraient crié nos ministres et autres chefs si notre football égalait celui des Brésiliens ? Il serait fastidieux et pénible de continuer, de cette façon, l’énumération des méfaits que subit l’Algérie depuis «trois mandats».

Quatre mille milliards détournés par une petite poignée de fonctionnaires, deux cents millions de dollars versés, comme pots-de-vin à de très hauts responsables de notre économie semblent aujourd’hui un fait divers, lorsque dans les plus grandes démocraties, quelques milliers  d’euros, non justifiés mis dans la caisse de son mouvement politique, font peser les plus grands dangers sur un ministre, un gouvernement, un projet politique et sur l’un des plus grands rassemblements politiques indispensables à l’équilibre d’une grande nation voisine. Bien entendu, si les expériences des autres peuvent nous éclairer, il n’est point question d’un quelconque modèle à suivre.

Sortie victorieuse de la guerre lâche, immonde, inhumaine que lui a imposée le terrorisme islamiste et l’islamisme en général, comme mouvement idéologique, politique et paramilitaire, l’Algérie qui méritait son «repos du guerrier», fut soumise, encore une fois, à la dilapidation de ses richesses, de ses énergies, de sa soif d’être et du droit à son identité propre, aucune chance ne lui fut offerte pour soigner ses traumatismes et ses blessures profondes. Le wahhabisme honni, le chiisme en mal de conquêtes, des puissances occidentales étouffées par les limites et crises historiques du néolibéralisme,  les appétits insatiables, l’incompétence, l’inconséquence et la lâcheté des uns, les calculs sordides, aveugles et opportunistes des autres, confortablement installés aux commandes du pouvoir en place, porterons à jamais la honte d’en avoir été les sponsors.

Qu’aurait été l’Algérie aujourd’hui ? Si Boudiaf, Benhamouda, Liabès, Boukhoubza, Chergou, Mekbel , Djaout, Aziz Belgacem, Med Selami et ces dizaines de milliers de patriotes, cadres politiques, journalistes, militants démocrates, artistes, paysans, djounoud, officiers, policiers, gendarmes, femmes courage, créateurs de l’espoir et des raisons de vivre, avec leur force légendaire, avec cette légitimité innée, n’avaient pas été tués, assassinés, meurtris à jamais, extraits de force, de la mémoire du peuple qui était leur sève et dont  ils ont été l’âme. Si le grand mouvement patriotique, populaire et national, né du CNSA (Comité national pour la sauvegarde de l’Algérie), que le président Boudiaf appelait à transformer en un large mouvement démocratique et républicain pour une Algérie moderne et de justice, s’était réalisé comme cela était le vœu de la majorité écrasante des Algériens. 

Pourquoi faire passer l’arrêt de ce processus sous silence et le faire extraire de notre intelligence ? On enterre bien les hommes mais pas l’histoire, on tue les gens mais pas l’espoir ! Le peuple en enterrant Boudiaf, a revendiqué avec ses larmes, ses cris de détresse, sa peine et ses douleurs son droit à créer l’histoire de l’Algérie nouvelle, de l’Algérie dont rêvent ses enfants qui, aujourd’hui, outragés de ne point la voir poindre, se mettent en barque pour des destinations fatales. Ce peuple a été dépossédé de sa victoire contre l’ignominie, contre l’horreur et contre la barbarie comme il a été déjà trompé et dépouillé par des scélérats avides de pouvoir, de milliards de dinars et de vengeance insatiable; sans scrupules et à l’audace insolente, s’accaparant et les richesses et les miettes se prétendant, quelle vanité (!), «famille révolutionnaire».

Avec ceux qui, anciens moudjahidine, patriotes, GLD, hommes et femmes, dont certains sont poursuivis ou condamnés à mort pour avoir défendu l’honneur de la patrie contre des «repentis» malfrats et arrogants, femmes violées, laissées seules à leurs destins avec des enfants qui ne savent aujourd’hui quoi faire de leur sort, ce peuple n’a fait que défendre son droit à l’existence. Il a essayé aussi de rendre impossible le basculement des peuples arabes vers d’autres temps, ceux des ténèbres, de l’obscurantisme, de la soumission totale et de l’inexistence.

Ces derniers, lui sont, désormais, à jamais, redevables. Maintenant, on essaie fortement de lui arracher les moyens d’expression, les éléments essentiels de la liberté individuelle mais surtout d’identification à la contemporanéité et à l’appartenance à l’humanité d’aujourd’hui avec ses acquis relatifs aux droits de l’homme, à la liberté de conscience, à la liberté de mouvement, au droit à la solidarité et à l’humanisme. Voler le pétrole et les autres richesses d’un peuple est une chose, le pousser à l’amnésie, à sa propre négation et lui usurper son identité et son histoire en est une autre. Qui refuse et interdit, aujourd’hui, à l’Algérie d’être un grand pays, sans tutelle et sans seigneurs ? Ce pouvoir ne peut avoir d’avenir ! Ce système dont les mécanismes procréent et reproduisent au quotidien ces pathologies et perversion de la Modernité, qui perpétue, à ne plus en finir, la tradition féodale où l’homme est confondu avec l’institution doit finir.

Du simple fait divers aux «guerres parlementaires», il dévoile sa nature et ses limites. Le spectacle navrant donné lors des discussions autour du code communal et de wilaya est révélateur à plus d’un titre. Il est vrai et juste que plus les élus sont médiocres, illégitimes et sans potentiel, plus il faut tendre à les démunir de prérogatives et donc à vider les assemblées locales de tout pouvoir, par ailleurs, plus on vide ces assemblées de pouvoir, moins il y a de démocratie dans la gestion de la cité. Sacré paradoxe ! Imparablement, le seul produit que peut procréer un parti-Etat (même avec plusieurs étiquettes), c’est une pépinière de petits mercenaires avides de se placer sur l’échiquier du pouvoir et des affaires, pompeusement appelés «militants»,  laissant Larbi Ben M’hidi se retourner, plus d’une fois dans sa tombe.

Face à la floraison de la grande et petite délinquance, de l’incivilité, de la consommation à grande échelle de psychotropes et de  drogue, des atteintes honteuses aux libertés syndicales, collectives et individuelles, notre ministère de l’Intérieur, certainement l’élément le plus représentatif de nos gouvernements successifs, stable et constant, serein et inébranlable, sans état d’âme, avec une autorité majestueuse, peu importe le général qui le coiffe, rejetant, sans avoir à donner d’explications aux concernés (partis, syndicats, associations, particuliers…), toute demande d’organisation d’activité ou de manifestation publiques, constitutionnellement et légalement possibles…

Ce même grand et de plus en plus grand ministère, s’engage à créer le plus grand fichier biométrique de la population du pays existant à ce jour (et pour toujours) tout en bureaucratisant à outrance les procédures d’obtention des documents d’identité courants (CN, passeport…) et  en omettant d’informatiser l’Etat civil, via un fichier central accessible à l’ensemble des administrations et des administrés, comme cela est le cas dans tous les pays, y compris ceux bien plus pauvres et démunis que notre riche Algérie, laissant, ainsi,  les dizaines de milliers de citoyens victimes chaque année d’erreurs de transcription ou de traduction se démener avec les tribunaux pour recouvrer leur identité. Ce n’est ni un problème de moyens matériels, financiers et humains, ni une incapacité congénitale à exploiter dans la transparence et la rigueur des fichiers sous réseaux informatiques pour faciliter le quotidien de citoyens.  Non !

Peut-être que l’épisode de l’assassinat de ce malheureux chef de projet informatique, Algérien installé tranquillement au Canada, venu, à la demande des autorités nationales, pour créer un système informatique de gestion centralisé des transactions douanières,  ait pu faire craindre un effet boule de neige (?). Ce ministère s’octroie le droit de refuser des agréments à des partis, des associations et des organisations initiés par des citoyens irréprochables, des hommes politiques dont le patriotisme est toujours un exemple pour nous tous, et distribue avec une complaisance et un empressement désarçonnant des droits et moyens disproportionnés à des petits groupes, dont les activités régulières sont plus que douteuses, du point de vue de la légalité, mais dont l’apport, lors des campagnes électorales, est indispensable à l’administration (sous tutelle politique), faisant outrage à la déontologie et aux règles de l’éthique censées être celles des hauts fonctionnaires et de l’Etat.

Mieux encore, il se substitue à l’Histoire en configurant et en reconfigurant à sa guise, le paysage et la classe politique. Ce pouvoir est bureaucratique et dénué du sens de l’intelligence. N’est-ce pas tout le concept, ou du moins l’idée, qu’ont les tenants actuels du pouvoir de la «citoyenneté», qui est en question ? De fait, c’est aussi la question de la nature de l’Etat qui l’est. Jamais la société algérienne n’a été aussi mûre pour les transformations républicaines et démocratiques.

Le nouveau rapport entre l’Etat et la société civile se refondera à la première et sérieuse initiative politique, car dans le quotidien, il est déjà ancré dans les besoins, dans les espoirs et dans les colères de ce peuple. Mais il est vrai, aussi, que le temps presse, sinon le pire est à craindre ! Un pouvoir qui méprise autant son peuple, qui se légitime par les subterfuges usés des urnes truquées, par la mise en service de délinquants graciés pour terroriser des citoyens sans armes, par la mise au pas des services des commissariats de police, souvent bien malgré eux, mais aussi par le complicité discrète et intéressée des partenaires encore sous l’ivresse néocoloniale et en perte de vitesse, face à une mondialisation qui leur joue bien des tours, ne peut avoir d’avenir ni ici, ni ailleurs. 

Pourquoi se croit-il être le détendeur légitime de la volonté du peuple, de la pérennité de l’Etat et de sa crédibilité ?  Ce pouvoir est légitimé par quoi ? Par qui ? Peut-on croire encore que le peuple n’est pas mûr pour la démocratie ? La pratique de l’Etat algérien est largement, au sens historique, en deçà du potentiel républicain et démocratique présent dans la société algérienne. Il a manqué à sa responsabilité en légalisant le FIS (origine de notre autre tragédie), ensuite en permettant la dilapidation des biens publics, en remettant en cause les acquis démocratiques nés d’Octobre 88, et finalement en ignorant le torrent salvateur, moderniste et démocrate du mouvement citoyen.

Cet Etat, continuant à se discréditer, perd progressivement son droit à la coercition et Dieu seul sait vers quoi se dirige-t-on ? Sans haine et sans violence, que ceux qui croyaient pouvoir, à jamais, régenter notre vie, celle de nos enfants (les leurs étant ailleurs) doivent partir, leur sera-t-il jamais pardonné leurs errances, bien ou malveillantes, qu’ils   consomment les milliards usurpés ou ceux que leurs maîtres du Golfe et d’ailleurs remettrons à leur bien aisance pour services rendus. Pour leur retraite sans gloire, à ne point en douter, qu’ils évitent, par décence, à ce peuple, la mémoire de leur existence. Ils ont failli à leur  mission en donnant à ceux qui ont pris les armes contre la République, contre la Nation, contre des citoyens désarmés, contre des enfants, le droit de s’en vanter, de sévir à nouveau, de se proclamer  supérieurs par la divinité, par la magie du hachich, du consentement et de la concorde, et de continuer à se considérer comme les interprètes de Dieu.

Ces «repentis», qui se comportent en ce moment même en voyous, menaçant sans retenue tout citoyen qui ne leur fait pas allégeance, terrorisant tout leur environnement, car  protégés par une loi scélérate pouvant envoyer un moudjahid et patriote à la peine capitale pour avoir défendu son honneur et celui pour lequel il a si souvent mis sa vie en jeu, considèrent l’Etat et la société comme leurs étant redevables (!), lancent des youyous et des cris de joie chaque fois qu’une opération terroriste ou un  attentat est commis, se réjouissent, savourent et se sentent bien privilégiés et méritants en regardant, journellement, à travers nos nouvelles chaînes TV, ces milliers de citoyens, dans toutes les contrées du pays, se lamenter, gémir et contenir, à peine, leur colère face leurs situations lamentables, face à leur nouvelle misère. C’est le résultat de leur version de la «réconciliation nationale».

Ce bilan est désastreux, nous en faut-il encore un autre ? Sera-t-il effacé par les milliers de logements construits et très mal, ou pas, répartis et par l’autoroute Est-Ouest qui ont surtout servi à puiser, sans retenue, dans les caisses de l’Etat pour enrichir les corrompus et les corrupteurs mais, plus gravement encore, à entretenir des projets politiques morbides. La plus grande mosquée d’Afrique serait-elle, l’ultime corruption, céleste, pour qu’ils bénéficient, enfin, du Grand pardon ? De grâce, nous sommes attachés à la lutte pacifique, mais farouchement disposés à construire un autre avenir pour nos enfants, pour l’Algérie et pour l’Afrique du Nord, nous ne pourrons nous accommoder encore des  replâtrages et des calculs de sombres officines.

Un vide sanitaire est nécessaire ! Réhabiliter l’acte citoyen de voter, de se porter candidat sans craindre de se décrédibiliser honteusement et de se voir confondre avec la marée des opportunistes (ce souci exclusif des gens honnêtes), redonner à la volonté de se mettre au service de sa collectivité et de ses pairs, l’honorabilité qui lui revient de droit, restituer aux désintéressés leur devoir de s’impliquer dans la construction d’une grande nation ; donner, enfin, à l’administration et la justice leur liberté d’être neutres et au service d’un grand projet national, consensuel dont tout Algérien peut être fière;  redonner à l’Algérie la chance d’être ce pays où quiconque  rêve d’y être, où il fait tellement bon d’y vivre et d’y mourir, un espace où l’étendard de la liberté et de l’humanisme flottera à jamais. Nous serons alors les dignes héritiers de nos aïeuls, nous serons pour toujours des Amazighs.  

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