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mercredi, 20 mars, 2019
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Pas de larmes pour les orphelins du cabinet

10 octobre 2016 à 10 h 00 min

Un wali qui s’en va, un nouveau qui s’installe, c’est toujours un moment d’incertitude et de peur parmi cette clientèle obséquieuse. Une faune qui s’est développée ces dernières années à Constantine, pour devenir féroce et incontournable, soufflant le chaud et le froid dans les couloirs de l’administration locale. Vous voulez rencontrer le wali ? Vous devez montrer patte blanche ; vous êtes étranger aux bonnes affaires, passez votre chemin ! En plus des cadres de l’exécutif, de plus en plus faibles et incompétents, parachutés miraculeusement dans cette wilaya exsangue, une couche recrutée localement s’est formée autour de ce pôle de décision et de distribution de la rente qu’est le cabinet du wali. Leur métier consiste à introduire chez le patron uniquement des personnes «envoyées» par les cousins, les pontes, les associés… Bref, la grande famille prédatrice.

A l’exception de quelques protestataires reçus dans le cadre de la préservation de la paix sociale et l’ordre public, tous les autres damnés de la terre sont renvoyés. L’exemple du groupe d’universitaires qui ont tenté l’année dernière de rencontrer Hocine Ouadah pour lui exposer des soucis professionnels est édifiant : fin de non-recevoir. Le wali préfère les gens utiles. Il se déplace en personne pour accueillir au salon d’honneur de l’aéroport des chanteuses chouchoutées par Alger et refuse une simple entrevue à un libraire en détresse, menacé de fermer boutique à jamais.

Aujourd’hui, Ouadah est parti, mais ses lieutenants, préposés au guichet et autres ouvreuses, sont toujours là, en quête d’un renouvellement de bail du seuil du cabinet. Méduses affolées, ils multiplient les conciliabules et les calculs pour s’informer sur le nouveau locataire du cabinet wilayal et se prémunir tant que faire se peut d’une éventuelle éjection. Une chose est certaine : Constantine et les Constantinois ne pleurent jamais sur le sort de ces petites gens, orphelins du cabinet.     

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