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Lecture-Hallucination de H’Mida Ayachi

27 septembre 2007 à 23 h 28 min

Par le choc, je découvris l’écriture», écrit l’auteur. Mais de quelle écriture s’agit-il au juste ? Dans Hallucination, le dernier roman du journaliste-écrivain H’mida Ayachi, qui annonce l’achèvement de sa trilogie, commencée en 1984 avec Mémoire de folie et de suicide, puis Zana en 2001, le lecteur se trouve engagé dans un espace romanesque aux changements brusques et inattendus, un espace qui bouge, un espace où toute forme d’écriture est permise. D’abord, une musicalité qui affirme, bel et bien, la poétique et la richesse du langage : «Qui vendit il vendit, qui acheta il acheta et je dis qui donna il donna, qui prit il prit et je dis qui vécut il vécut et qui mourut il mourut.» (P52). L’insertion du collage, tiré des écrits journalistiques, nous renvoie au roman américain des années 1960 où cette technique avait atteint son apogée. A travers ce roman, distingué par son écriture aérée, H’mida Ayachi poursuit encore sa quête historique, se posant les mêmes questions autour des différents éléments qui ont constitué l’actualité politique du pays pendant les années 1970. Ce roman comprend en outre plusieurs flash-back de la décennie noire et de ses principaux acteurs, ainsi qu’une description détaillée des attentats terroristes du 11 septembre 2001. Cet événement provoque l’imaginaire de l’auteur tant du point de vue du bouleversement de la stabilité des Etats-Unis que par ses conséquences sur la politique et les relations intercommunautaires à l’échelle mondiale. H’mida Ayachi ne s’arrête pas dans l’innovation stylistique, et dans sa quête de réconcilier différentes formes d’écriture dans un seul texte, il cherche aussi à violer la langue, allant jusqu’à produire des expressions arabes qui pourraient être mal dégréées par les lecteurs. Hallucination se termine par un chapitre (collage 3) qui se manifeste sous forme d’écriture épistolaire, un genre surgi, pour la première fois, en France au début du XVIe siècle. A travers un échange de lettres amoureuses entre l’auteur et l’héroïne Zana, apparaissent implicitement des extraits autobiographiques des deux «personnages», si l’on peut considérer aussi l’auteur comme tel. Ce roman, qui vient tout juste de paraître aux Editions Chihab, exprime encore une fois la particularité de son auteur qui montre une compréhension plus ou moins totale de tous les composants de la scène politique du pays avec des projections sur la succession et l’évolution probable des événements. Mais sa singularité se manifeste notamment par son style d’écriture qui se veut en rupture avec celle des romanciers de sa génération.

Hallucination (titre original en arabe : Hawas). H’mida Ayachi. Editions Chihab, Alger.
Septembre 2007. 144 pages. 450 DA en librairie.


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