Egarement au bout de la nuit | El Watan
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Egarement au bout de la nuit

22 mai 2008 à 20 h 50 min

Il était une fois un certain El-Mahdi Acherchour qui s’assombrit dans une sensibilité, passionnelle et singulière, à son vécu, qui donne la parole aux choses simples de la vie quotidienne ; qui s’inscrit dans une démarche d’écriture qui efface toute frontière entre «le poétique» et «le romanesque». Une démarche qui nous renvoie aux écrits de certains précurseurs, à l’instar de Malek Haddad, et Yamina Mechakra. Paru récemment, aux éditions Aden, Pays d’aucun mal, le deuxième roma d’Acherchour, trois ans après son premier «Lui, le livre» (Ed. Barzakh), vient confirmer les tendances de ce poète du roman qui se penche autant dans la recherche de l’esthétique langagière que dans la quête d’une thématique ou d’une trame où s’entrechoquent les personnages.
El-Mahdi Acherchour a marqué son entrée dans le champ littéraire, en publiant, d’abord, en 1997, un premier recueil de poésie, intitulé «L’œil de l’égaré», aux éditions Marsa, suivi, six ans après, d’un deuxième recueil : «Chemins des choses nocturnes», aux éditions Barzakh, avant d’accoster au bord d’une expérience romanesque qui a donné naissance à «Lui, le livre». Dans Pays d’aucun mal, l’auteur poursuit son jeu, propre à lui, avec les mots, accordant une bonne part à la narration poétique, se versant globalement dans une orientation qui tend à manifester son aptitude à transposer les mots, suivant un automatisme axé sur la mise en relief des contradictions du sujet parlant : «Je n’ai pas cherché à savoir si je suis devenu un autre, je suis revenu, c’est tout, et tout le village le sait, et l’obscurité est revenue, et je n’ai pas cherché non plus à savoir ce que les hommes et les étoiles d’ici pensent de monretour»
(p 43), ajoutant : «Il était une fois une chauve-souris pressée entre les étoiles et les hommes» (p 45). Ce roman fondé, principalement, sur phrases courtes, développe deux thèmes essentiels : nostalgie et absence qui s’incarnent dans les soliloques continus du narrateur de retour au village natal : «Me voilà de retour chez moi, au village» (p13), «Me voilà, revenant de loin à ce petit village qui est toujours un peu le mien et qui n’est plus le village, le grand village des miens que j’ai laissé de côté des années et des années» (p14).
Dans «Pays d’aucun mal», l’auteur se base sur un style de narration qui se représente dans les soliloques. Brièvement, le roman raconte le retour du héros Moh-Ammar, le petit-fils de Moh-Ammar Amnar, «ce vieil homme que vous savez si présent dans ma vie» au village Tasta Guilef, après des années d’absence dont les raisons sont dévoilées plus tard comme le suivant : «Jadis je ne pensais qu’au chemin que je devrais prendre, je ne songeais pas à m’absenter pour longtemps, des années et des années, loin d’ici, laissant loin derrière moi tout ce que je ne devrais prendre avec moi ; j’ai pris ce chemin, au-delà de ces montagnes, et je me suis longtemps absenté, assez longtemps pour revenir et apparaître derrière des apparences vieillissantes d’un inconnu» (p18). De retour à la terre natale, le héros se mit à reprocher le statu quo qu’il retrouve, de nouveau, maudissant les autres et se maudissant aussi. «Pays d’aucun mal» est un roman au style d’écriture qui provoque, qui nous inspire, ne s’intéresse pas beaucoup à décrire les personnages ou le déroulement des éventements, dans une recherche esthétique réaffirmant la singularité de l’auteur sur la scène romanesque algérienne.

El-Mahdi Acherchour, Pays d’aucun mal, 95p, Editions Aden, Paris, 2008


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