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XIIIe congrès mondial de l’eau à Montpellier (France) : La sécheresse aux portes de la Méditerranée

03 septembre 2008 à 23 h 31 min

Montpellier (France).
De notre envoyé spécial

Près d’un millier de scientifiques venus d’une centaine de pays se penchent sur la question de l’eau et les multiples pressions que cette ressource subit jusqu’à devenir l’«or bleu».
Depuis des années, l’un des objectifs majeurs des congrès mondiaux de l’eau organisés par l’IWRA a été de proposer une plateforme ouverte de discussions et de débats entre scientifiques, opérateurs et décideurs des pays développés et en voie de développement intéressés par l’avancement et l’application des connaissances pour résoudre les problèmes relatifs à l’eau dans le monde», a déclaré Cecilia Tortajada, la présidente de l’AIRA, à l’ouverture du congrès. Les problèmes relatifs à l’eau sont multiples, issus en gros des changements climatiques et des activités de l’homme. La consommation mondiale en eau s’accroît deux fois plus que la population.

Conséquence : la ressource se raréfie et 1,3 milliard de personnes n’ont pas accès à l’eau potable dans le monde ; 4 autres milliards ne sont même pas raccordés à un réseau d’assainissement. Certains pays méditerranéens, notamment du Sud, sont en situation de pénurie et d’autres en situation de tension.
Les pays du sud de la Méditerranée ne disposent que de 13% des eaux disponibles dans cette zone. Le Plan bleu révèle que la pénurie sera aggravée dans les pays du Maghreb et du Moyen-Orient pour atteindre 50 km3 en 2025. Si les choses restent en l’état, la pénurie concernera 46% de la population de la Méditerranée, soit 250 millions d’habitants.
Aux problèmes inhérents à la gestion et à l’utilisation de l’eau viennent se greffer les effets du réchauffement climatique. «90% des catastrophes sont d’origines météorologique ou hydrologique», a noté Michel Jarraud, secrétaire général de l’Organisation mondiale de la météorologique (OMM), au cours d’un point de presse. Avant la fin du siècle, les scientifiques s’attendent à avoir une augmentation de température de l’ordre de 2,5° à 4,5°.

Une projection est faite à partir de différents scénarios basés sur les choix socioéconomiques des différents Etats, dont ceux qui n’optent pas pour les énergies renouvelables et la limitation des gaz à effet de serre. Les conséquences du stress hydrique seront aggravées pour la plupart des pays, dont ceux du Sahel, tandis que les pays bien arrosés risquent d’avoir encore plus d’eau.
«L’écart entre les uns et les autres risque de s’accentuer», avertit M. Jarraud. L’impact du réchauffement climatique sur la planète continuera à faire des «réfugiés climatiques» et le risque de sécheresse sera accru dans le Bassin méditerranéen, entre autres régions. En Europe, c’est la canicule exceptionnelle qui a touché la France en 2003 qui risque de se répéter fréquemment. Pour Mme Tortajada, «des solutions profitables et adéquates aux problèmes d’eau de plus en plus complexes dans le monde peuvent être trouvées». «Il n’y a pas de solutions universelles», dit-elle, suggérant que les scientifiques en proposent quelques-unes, bien qu’elles ne soient pas applicables partout.

Dans son champ d’action, l’OMM donne la priorité au programme de prévention des catastrophes naturelles par l’encouragement des systèmes d’alerte précoce. Une option qui donne une certaine satisfaction et dont l’efficacité a été vérifiée au Bangladesh, qui s’est doté de plateformes surélevées permettant de limiter les dégâts humains lors des inondations et autres tsunamis. «Ces 5 dernières années, le nombre de morts a été divisé par 5 et le coût économique, lui, a été multiplié par 20 à 50», apprend le SG de l’OMM, reconnaissant que l’économie est vulnérable aux catastrophes. La mise en place des programmes de prévention pèse cependant sur les capacités budgétaires de certains pays.
«Un euro d’investi dans la prévention des catastrophes naturelles fait économiser aux Etats 7 euros dans les activités d’après-catastrophe», soutient M. Jarraud. Y a-t-il prise de conscience dans les pays sud-méditerranéens ?

«Ce n’est pas suffisant. Les décisions ne prennent pas suffisamment en considération les données scientifiques», répond M. Jaraud, dont l’organisation se dit capable d’aider à optimiser les luttes contre certaines épidémies en Afrique occidentale, comme la méningite, si les décideurs agissent sur la base des données météorologiques qu’elle fournit avant de lancer les campagnes de vaccination.


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