Rôle de la presse dans les élections | El Watan
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Rôle de la presse dans les élections

03 novembre 2007 à 20 h 13 min

La rencontre a porté essentiellement sur «Le rôle des médias dans les élections : perspectives comparatives». Ce forum a été ponctué par le déroulement d’un atelier de formation des journalistes et correspondants de la presse nationale centré sur le thème «La presse et les élections», et ce, avec la participation du journaliste jordanien et membre du Conseil supérieur de la presse en Jordanie, Yahia Shukkeir. A l’ouverture des travaux de ce forum, Ahmed Ancer et Mahmoud Belhimer, respectivement journalistes aux quotidiens El Watan et El Khabar ont fait une autocritique du travail de la corporation. Les deux journalistes ont remonté le temps pour faire le point sur un événement important dans la vie politique algérienne. Il s’agit de l’élection présidentielle de 2004. M. Ancer a relevé dans ce contexte que les journalistes, et à leur tête les éditeurs, n’ont pas été à la hauteur de leur mission et n’ont pas répondu aux attentes de leurs lecteurs ni avant, ni au moment, ni après le scrutin. Des directeurs de journaux et certains journalistes n’ont pas, selon les dires de l’intervenant, respecté les règles de l’éthique et de la déontologie régissant la profession. «Apparemment, ils ont même omis l’existence de la charte en question», s’est remémoré M. Ancer qui regrette que les directeurs de quelques journaux se soient comportés à cette époque-là comme des acteurs politiques. De l’avis du journaliste d’El Watan, l’engagement des journaux contre le candidat Bouteflika était «frontal» et «brutal».

Objectivisme et neutralité

Selon lui, ce type de dérapage a incontestablement porté préjudice au monde de la presse, d’où la nécessité de tirer profit de cette expérience. «Certains articles de presse parus en 2004 suggéraient ouvertement l’intervention de l’armée pour faire barrage à Bouteflika et repêcher le candidat déchu, en l’occurrence M. Benflis. Une démarche qui n’entre nullement dans les prérogatives de la presse et il n’y avait pourtant pas péril en la demeure», fera remarquer
M. Ancer qui insistera dans la foulée sur la réinstallation des sociétés de rédaction au sein des journaux.
De son côté, M. Belhimer, rédacteur en chef du quotidien El Khabar, a estimé nécessaire de distinguer le rôle du journaliste de celui de l’homme politique, déplorant, au sujet des couvertures de presse des élections, l’absence de communication au sein de certains partis politiques et l’inexistence d’une presse de proximité pouvant jouer un rôle important lors des élections locales. M. Belhimer reconnaît que la presse en 2004 n’a pas joué pleinement son rôle, mais l’orateur mettra l’accent sur la non-protection du journaliste et surtout le manque de moyens, notamment l’accès à l’information. Pour sa part, M. Shukkeir a évoqué l’importance du respect de la charte de déontologie. Le journaliste, selon l’invité jordanien, doit être objectif et neutre. «Nous devons vérifier nos informations avant de les livrer aux lecteurs et éviter de recourir aux commentaires», a affirmé M. Shukkeir. Tout en admettant que la liberté d’expression est la base de toutes les libertés, il a plaidé pour l’édification d’un cadre législatif régissant la profession dans le monde arabe, dans le respect des standards internationaux dans le domaine. La Jordanie, d’après le conférencier, s’apprête à travers les élections du 30 novembre prochain à impliquer les chaînes de télévision et les radios du secteur privé dans la campagne électorale. A ce sujet, M. Shukkeir a souligné qu’il existe en Jordanie 16 chaînes de télévision privées, soutenant que les pouvoirs publics s’attellent à trouver une formule de travail susceptible de réaliser l’équilibre souhaité entre les partis en lice pour ces élections.
Les représentants des partis politiques ont traité dans leurs interventions des problématiques liées à la démocratie, à l’activité des partis politiques et au rôle de la presse. M. Besbes du RCD est persuadé que la presse dans toutes ses dimensions a subi l’autocensure. «Notre presse est jeune et le pouvoir veut par tous les moyens la caporaliser, d’où d’ailleurs la création d’une loi réprimant les journalistes dont un grand nombre passe son temps dans les tribunaux», a souligné M. Besbes. M. Djamri, du MSP, regrette, pour sa part, l’inexistence des instituts de sondage et parle d’une démocratie partielle.

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