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Les anciens du FFS réclament un statut

16 juin 2015 à 10 h 00 min

Nous ne sommes pas des mouchaouichine (perturbateurs) mais d’authentiques moudjahidine» et «notre combat est celui de la démocratie». Cinquante ans après la fin de l’insurrection de 1963 et la signature des accords historiques entre le FLN et l’état-major du FFS, le 16 juin 1965, des centaines de militants du parti d’Aït Ahmed, qui sont de surcroît d’authentiques moudjahidine, et leurs familles attendent toujours un geste de l’Etat. Ils réclament une reconnaissance officielle de leurs sacrifices pour l’indépendance et pour l’avènement de la démocratie en Algérie.

C’est pour réitérer cette demande que le Forum socialiste – dirigé par des dissidents du FFS, à leur tête le député Khaled Tazaghart – a organisé, hier au siège du MDS à Alger, une conférence de presse en présence des représentants des anciens militants du FFS de 1963 et d’enfants des martyrs de 1963/1965.

A cette occasion, les participants, venus de six wilayas, ont adressé une lettre ouverte au chef de l’Etat dans laquelle ils lui demandent de promulguer un décret consacrant leurs droits. «C’est avec solennité que nous nous adressons à Votre Excellence, pour vous demander de consolider et confirmer la grandeur de notre République par la promulgation d’un décret présidentiel consacrant les droits moraux et matériels des martyrs, moudjahidine et militants de la liberté et la démocratie 1963/1965», écrivent-ils.

Et d’ajouter : «Nous nous adressons à vous, Monsieur le Président, vous qui saurez regarder notre grande histoire avec le recul et l’objectivité nécessaires et faire ainsi honneur à nos frères, morts pour la liberté et la démocratie et aux anciens militants décédés ou encore parmi nous et ne se sont jamais départis de leur patriotisme.» En plus de la lecture de cette lettre signée par les représentants de Bouira, de Béjaïa, de Tizi Ouzou, de Bordj Bou Arréridj et de Sétif ainsi que par la veuve du martyr Ourari Karim, née Djohra Boucheneb, les anciens militants du FFS ont livré, dans une ambiance pleine d’émotion, leurs témoignages sur cette période.

«Aït Ahmed a donné l’ordre de ne pas tirer…»

Tout en prenant le maquis pour s’élever contre la confiscation de l’indépendance en 1962 et l’engagement de l’Algérie dans la voie de la dictature, les maquisards du FFS affirment qu’ils ne faisaient usage de leurs armes que «dans les cas de légitime défense». «Hocine Aït Ahmed nous a ordonné de ne pas tirer sur les militaires, sauf si nous sommes encerclés.

Il nous a dit que ce sont nos frères et qu’il ne faut pas les tuer», témoigne Abane Madjid, vieux militant du FFS de 1963. «Un militaire que nous avons capturé suppliait de ne pas le tuer. Je lui ai dit : ‘Je ne te tuerai pas, je vais t’expliquer seulement c’est quoi la démocratie’», ajoute un autre témoin de cette époque historique, qui demeure toujours méconnue des nouvelles générations.

Tous les anciens militants du FFS s’accordent à dire qu’ils ne regrettent rien de leur action qui était «un combat juste» et «un premier pas vers la lutte pour la démocratie». «Notre combat était fidèle aux principes de la Déclaration du 1er Novembre et de la Charte de la Soummam. Nous ne sommes pas des mouchaouichine (perturbateurs), mais d’authentiques moudjahidine», lancent-ils, en réitérant leur demande d’être reconnus officiellement pour pouvoir obtenir leurs droits.

Des accords enterrés

Ces droits, assurent-ils, ont été consacrés par les accords du 16 juin 1965. Mais la mise en œuvre de ce document n’a jamais eu lieu. Trois jours après la signature de l’accord, le président Ahmed Ben Bella avait été renversé. L’auteur du coup d’Etat, Houari Boumediène, et son équipe, précisent-ils, ont enterré ces accords.

Aujourd’hui, insistent les anciens du FFS et leurs enfants, «il est temps d’appliquer le contenu de ce document et de rendre justice à ceux qui continuent de souffrir». «Mon mari a été tué arbitrairement. Il n’a rien fait. Moi et mes enfants avons beaucoup souffert après sa mort. Aujourd’hui, nous voulons qu’il soit réhabilité en tant que moudjahid. Nous voulons nos droits», lance, en larmes, Mme Ourari Djohra, veuve du martyr Ourari Karim.

La «punition» n’est pas seulement imposée à ceux qui ont pris les armes contre le régime, mais aussi à leurs enfants. «Mes enfants sont, jusqu’à aujourd’hui, privés de leurs droits. Ils n’ont accès ni au logement ni à l’emploi», déplore Amiche Sghir. En plus de la demande de réhabilitation, les anciens de 1963 ont tenu à corriger également l’histoire et à éclairer l’opinion sur cette question : «Ces braves militants, ces combattants, contrairement à la propagande inventée et entretenue depuis l’indépendance, n’ont pas pris les armes contre leur pays.»

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