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Le long combat de Mohamed Aïssa

20 juin 2015 à 10 h 00 min

 Depuis des mois, le ministre des Affaires religieuses et des Wakfs, Mohamed Aïssa, mène une véritable croisade contre l’émergence de plus en plus agressive des fatwas salafistes. Et à chacune de ses sorties médiatiques, le ministre, qui n’a pas d’attache partisane, en rajoute une couche à son discours foncièrement anti-intégriste.

Lors d’un récent passage sur les ondes de la Radio nationale, le ministre du culte a même osé pousser un peu plus loin les limites du discours officiel. Interrogé sur les ravages que provoque l’idéologie wahhabite dans nos sociétés, Mohamed Aïssa n’y est pas allé par quatre chemins pour nommer les choses : «Le wahhabisme peut être bénéfique, mais seulement dans la société où il a vu le jour. Ce n’est pas le cas chez nous», a-t-il dit sans ambages. Autrement dit, cette idéologie salafiste est née en Arabie Saoudite et son terrain d’expérimentation n’a pas de place ailleurs. Surtout pas en Algérie, où «nous avons un référent religieux». Ce référent religieux a toujours «prôné la modération» en tout, ajoute le ministre.

Pour joindre le geste à la parole, le premier responsable du culte brise un nouveau tabou. La veille de l’annonce «officielle» du début du mois de Ramadhan, il déclare publiquement que la cérémonie d’observance du croissant lunaire qui se produit dans «la nuit du Doute» n’est qu’une «tradition» dépassée par le progrès de la technologie. «Les scientifiques sont formels : on peut savoir à la seconde près quand est-ce que le croissant pourra être vu. Par conséquent, je veux dire qu’à 90%, le premier jour de Ramadhan sera jeudi», avait-il affirmé. Une première pour un ministre. Car, jusque-là, même les prévisions des associations scientifiques ou autres sont supplantées par la décision de «la commission d’observation du croissant lunaire».

Pour faire revenir l’Algérie à «l’islam de Cordoue», Mohamed Aïssa aime aller sur le terrain de ses adversaires. Il plaide, ainsi, pour l’interdiction d’antenne à ces apprentis prêcheurs de haine. Les faux muftis doivent «être interdits d’antenne», tranche le ministre, qui n’hésite pas à enlever à Hamadache, Chemseddine et autre la qualité de «mufti». Le ministre rappelle, partout, que sa mission est de réapprendre à renouer avec l’islam de nos ancêtres.

Et de telles déclarations ont valu au ministre des critiques acerbes, y compris de la part des islamistes dits «modérés».
Alors que les mosquées et les lieux de culte sont laissés en jachère, le ministre veut mettre de l’ordre. Il a commencé par l’interdiction des fatwas anarchiques avant de s’attaquer à d’autres pratiques, comme l’excès dans l’utilisation des haut-parleurs.

Pour tenter de contrecarrer les projets extrémistes, Mohamed Aïssa veut aller plus loin. Il préconise la création d’un «observatoire de veille contre le prosélytisme religieux, les dérives sectaires et le terrorisme». Mais il conditionne la création d’un tel organisme par la collaboration d’autres secteurs, notamment l’Intérieur et l’Education nationale.

Car, son département est trop diminué pour faire face à une telle tâche.
Pour l’instant, la mission de Mohamed Aïssa s’apparente à une tâche herculéenne. Surtout que les médias lourds – y compris les télévisions et radios publiques – ne jouent pas le jeu. Pis, certains segments de l’Etat semblent avoir succombé aux sirènes salafistes.

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