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«Le logement est un prétexte pour se révolter»

04 décembre 2014 à 10 h 00 min

-Le logement est source d’émeutes, de colère et de beaucoup de tension sociale. Quel commentaire pouvez-vous faire ?

Les gens ont compris qu’il fallait faire du bruit pour avoir gain de cause, alors ils sortent dans la rue et réclament leur part. Le logement devient un prétexte pour se révolter. Si le droit au logement est incontestable pour tout Algérien, le droit à la propriété ne l’est pas. C’est justement cette politique d’attribution de logement qui fausse tout. L’Etat s’est fixé un objectif honorable, mais je ne crois pas que donner des logements aux Algériens soient la meilleure chose à faire.Il y a beaucoup de spéculation autour du parc immobilier qui n’est pas maîtrisé par l’Etat. Aujourd’hui, on ne parle que de logement en Algérie. Si le parc immobilier était maîtrisé, l’Algérie pourrait aller vers la location.
J’oserai dire, pour éviter tout pessimisme, que l’on peut voir dans ces manifestations pour réclamer des logements une société qui vit, qui bouge et qui veut absolument exister. D’autant que souvent, les gens protestent contre les passe-droits.

-Toute cette tension sociale — cette violence qui s’exprime pour réclamer un logement ou un lot de terrain — n’est-elle pas le fruit d’une mauvaise urbanisation ?

Construire des cités-dortoirs et y «parquer» des gens ne peut pas être sans conséquence sur leur façon d’être et de penser. Evidemment, cela alimente la violence dans la société.  A titre d’exemple, je citerai la nouvelle ville de Ali Mendjeli, où il est dit que plus de 90% des logements, qui y ont été construis, sont des logements sociaux. Ce qui fait de cette ville, une ville de logements sociaux où des personnes de la même catégorie sociale vont être «parquées».
Alors qu’une ville doit être un espace de mixité sociale qui seule est garante du «bien vivre-ensemble». Actuellement, nos politiques d’urbanisme et de logements ne prennent pas en compte cette exigence alors que la mixité sociale — qui consiste à brasser différentes catégories sociales dans un même espace — c’est ce qui élève le niveau d’une société.  

-Quel impact a cette absence de mixité sociale sur la vie sociale ?

Le résultat est visible. Cela crée inévitablement des tensions dans la société.Si vous prenez pour exemple, une cité-dortoir, dans laquelle vous «parquez» — je tiens à ce mot puisque c’est ce qui se fait — des groupes de personnes issues de milieux défavorisés, il ne faut pas s’étonner de voir émerger des bandes rivales qui s’affrontent. Si on pensait la ville autrement, si on pensait à garantir la mixité sociale en créant de nouveaux logements, il y aurait plus d’harmonie et moins de tension dans nos rues. Cela pose un problème de société complexe qui frise l’absurde. Je pense que les sociologues devraient se pencher sur la question.


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