Il coûtera 200 milliards de dollars | El Watan
toggle menu
mercredi, 22 mai, 2019
  • thumbnail of 20190522

Il coûtera 200 milliards de dollars

31 juillet 2008 à 20 h 41 min

Mais si ce dernier a gagné sa notoriété par les armes, Tarik, lui, s’est bâti une réputation d’entrepreneur chevronné, annonçant ça et là des projets d’investissement de grande envergure. Il en est ainsi de Al Noor Cities qui comprend deux grandes villes futuristes, dont l’une sera érigée au Yémen et l’autre à Djibouti. Mais la particularité de ce mégaprojet réside dans la construction d’un pont géant qui reliera l’Arabie heureuse (Yémen) et le pays des braves (Djibouti). Cet ouvrage d’environ 28,5 km sera composé d’une autoroute à six voies, de quatre voies ferroviaires ainsi que de pipelines pour le transfert de pétrole et d’eau. La partie suspendue du pont sera, indique-t-on, la plus longue au monde. Une fois opérationnelle, cette infrastructure sera traversée par pas moins de 100 000 voitures et quelque 50 000 usagers du transport ferroviaire par jour.

A cela s’ajoute les milliers de tonnes de marchandises qui transiteront sur ce pont qui reliera deux continents. Traverser la mer Rouge ne sera plus la mer à boire. Le lancement officiel de ce projet a eu lieu, lundi dernier, à Djibouti. L’étape de planification est terminée, a-t-on indiqué au cours de cette rencontre à laquelle ont assisté des officiels djiboutiens de haut rang, dont le premier ministre, Dileïta Mohamed Dileïta. «Le plus important est de négocier un accord-cadre entre le Yémen et Djibouti», a ainsi souligné Michael Mann, vice-président principal et directeur général du groupe américain L3 Communications qui est partie prenante dans le projet. «C’est vraiment un travail difficile. On sait que ça ne va pas être facile», confie-t-il à propos du projet.

La phase la plus cruciale est la concrétisation du montage financier pour la réalisation de cet ambitieux investissement. Investisseurs institutionnels, investisseurs privés, entreprises et gouvernements sont sollicités pour mettre la main à la poche et pourquoi pas dans la pâte pour que Al Noor Cities ne reste pas au stade de rêve comme l’a si bien qualifié Tarik Ben Laden. Une soixantaine d’entreprises et de groupes internationaux, appartenant à différentes industries, ont déjà rejoint le groupement Al Noor Holding Investment. Il faut dire que l’ambition principale de ce projet est de transformer cette zone en plaque tournante de l’économie mondiale. «Nous sommes en train d’identifier les infrastructures qui seront réalisées. Ça sera une industrie diversifiée.

Nous ne privilégions aucun secteur», avance M. Mann. Il relève néanmoins que des études de faisabilité ont été lancées pour la réalisation de raffineries de pétrole et de cimenteries. «Cela ne veut pas dire que nous allons les faire. Il se peut qu’on abandonne ces projets si on constate qu’ils sont peu rentables et peu fiables», avertit-il.

Les enjeux

Interrogé sur l’aspect sécuritaire déjà fragilisé par l’instabilité politique de la région, M. Mann fera remarquer d’emblée qu’«aucune région dans le monde n’échappe de nos jours aux menaces de tout genre», et d’enchaîner : «Le projet aura un impact stabilisateur sur les deux pays.» «Nous n’avons pas encore discerné entre ce dont Al Noor sera responsable et ce dont les autorités des pays concernés seront responsables», a-t-il ajouté.
Ce projet, signale-t-on encore, sera bénéfique aux économies émergentes en facilitant les échanges entre les deux continents (Afrique et Asie). La région ciblée représente un grand potentiel.

Qu’on en juge : les économies du Moyen-Orient enregistrent une forte croissance à un taux moyen de 6,5% /an, tirée par les prix élevés du pétrole, mais aussi d’autres industries. Le PIB des pays du Golfe avec l’Egypte et la Jordanie devrait atteindre les 1045 milliards de dollars en 2008. La croissance économique en Afrique de l’Est (Djibouti, Erythrée, Ethiopie, Kenya, Somalie, Soudan, Tanzanie et Ouganda) en 2007 s’est établie à 6,47% en 2007, selon les données de CIA World Factbook. Ces chiffres renseignent sur les opportunités qui existent dans la zone choisie par les initiateurs d’Al Noor Cities. «L’objectif du projet Al Noor est de créer des villes intégrées à l’échelle mondiale pour relier deux continents qui provoquera un changement majeur, non seulement pour les économies du Yémen et Djibouti, mais aussi pour l’économie régionale du Moyen-Orient et en Afrique.

Ces deux villes, reliées par un pont sur la mer Rouge, seront le catalyseur de la croissance économique pour les générations à venir», promet Mohammed Ahmed Al Ahmed, président-directeur général de Al Noor Holding Investment. D’après lui : «Les investisseurs institutionnels sont à la recherche de la prochaine vague d’opportunités. Les possibilités d’investissement dans les marchés émergents dit BRIC (Brésil-Russie-Inde-Chine) existent encore, mais ils ne sont plus considérés comme des marchés naissants. Le prochain marché émergent en pleine expansion sera le Moyen-Orient et l’Afrique, et Al Noor soutiendra la croissance économique dans ces marchés», a-t-il conclu.

Lire aussi

Loading...
S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Se souvenir de moi
Mot de passe perdu?
S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Registration confirmation will be emailed to you.
Password Reset Registration
Login
Do NOT follow this link or you will be banned from the site!