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Conjoncture

21 mars 2005 à 0 h 00 min

La proposition jordanienne de remettre sur le tapis des discussions sur ce dossier, qui n’est désormais plus un sujet tabou dans les pays arabes, donne l’impression d’avoir pris au dépourvu les délégués arabes présents à ce sommet, mais en réalité le contexte international dans lequel se tient ce sommet met presque en demeure les chefs d’Etat arabes d’aborder cette question. A défaut de trouver une réponse concertée dans le cadre de l’action arabe commune qui sauvegarde les intérêts du monde arabe au premier rang desquels la question palestinienne, la solution viendra inévitablement de l’extérieur. Les chefs de la diplomatie arabe réunis à Alger l’ont d’ailleurs bien compris en examinant la proposition jordanienne – paix globale contre le retrait total d’Israël des territoires arabes occupés – pour ne pas laisser l’initiative de la paix au Proche-Orient dériver de son cadre légal et des résolutions internationales de l’ONU en imposant aux pays arabes une normalisation sans conditions de leurs relations avec Israël. Le projet de grand Moyen-Orient, lancé par les Américains et qui vise officiellement à démocratiser les régimes en place dans cette région qui en a certes grandement besoin, a, de manière très diplomatique et insidieuse, tracé la voie et les contours géopolitiques nouveaux dans cette région. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si depuis l’annonce de cette initiative américaine on remarque dans certaines capitales arabes une certaine fébrilité à forcer le pas pour prendre le train de la normalisation des rapports avec Israël de peur de rater le départ et de rester à quai. C’est dans ce cadre qu’il faudra très certainement replacer l’invitation officielle faite au Premier ministre israélien Ariel Sharon pour se rendre en Tunisie en vue de prendre part – le prétexte est vite trouvé – à un forum scientifique. Le Maroc, qui a déjà des rapports informels avec Israël, vient de surenchérir en invitant à son tour Shimon Peres. Avant ces deux pays, la Mauritanie, pour rester toujours dans l’espace maghrébin, est allée plus loin encore en franchissant le pas de la normalisation, rétablissant carrément les relations diplomatiques avec Israël. Depuis les accords séparés de Camp David en 1978 entre Egyptiens et Israéliens de manière très discrète et sous couvert de relations d’affaires, certains Etats arabes, comme Bahreïn, la Jordanie et d’autres encore, tentent de poser des jalons dans le sens de la normalisation de leurs relations avec Israël. Les positions de fermeté de la Ligue arabe par rapport à cette question, qui n’est envisagée que dans le cadre d’une paix juste dans la région du Proche-Orient conformément aux résolutions de l’ONU, ont contrarié les velléités de certains pays arabes d’aller plus vite dans l’exécution de cette partition dont la musique est conçue ailleurs. Dans ce théâtre d’ombres qui se met progressivement en place, l’Algérie, qui a de tout temps refusé tout marchandage de la question palestinienne, s’en tient à ses positions de principe de toujours en dépit des pressions exercées de manière indirecte par différents lobbys pour lui forcer la main.

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