Bureaux saccagés, boycott et double vote | El Watan
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Bureaux saccagés, boycott et double vote

24 novembre 2017 à 12 h 00 min

Bien qu’il dépasse celui des locales de 2012, il confirme, sans surprise, la tradition locale à l’abstention, et à la difficulté des autorités et des partis politiques à mobiliser plus. Force est de constater que l’élection d’une assemblée populaire de wilaya intéresse moins les citoyens de la wilaya, ne trouvant, apparemment pas, grande utilité à l’APW.

Ou est-ce peut-être la lourdeur de l’opération (refaire le vote avec 14 autres bulletins) qui en est l’explication. Le désintérêt se confirme en tout cas dans la grande majorité des taux donnés un peu partout dans le pays. Au-delà des taux, et en attendant le résultat du dépouillement, l’élection est marquée à Béjaïa par plusieurs anomalies et dépassements.

A commencer par le saccage des urnes de tous les centres de vote de la commune de Boudjellil dès la première heure de la matinée. L’administration a comptabilisé à 17h un taux de participation de 15% pour la commune, suggérant qu’un centre de vote a échappé au saccage, bien que des sources locales assurent que la déferlante est passée sur tous les centres de vote.

Le dernier bureau de vote à avoir été saccagé est celui de Metchik, en fin de journée. «Aucune urne n’est entrée au siège de l’APC», nous assurait une source locale sûre en début de soirée. Le dérapage a été provoqué au niveau d’un centre de vote à Bouaziz où, curieusement, les bulletins du candidat du RND ont été posés doublement dans la suite des bulletins mis à la disposition des électeurs. Il n’en a pas fallu plus pour des citoyens qui y ont vu un flagrant délit de fraude au profit du RND. Ils ont filmé la scène qu’ils ont mise en ligne sur les réseaux sociaux avant de saccager toutes les urnes.

Le même sort a été réservé pour le reste des centres de vote de Boudjellil, puis de Beni Mansour, où le vote a été interrompu. Dans la ville de Béjaïa, l’élection s’est déroulée dans le calme total mais avec l’éternel problème du vote des militaires. Essentiellement, ceux-ci sont inscrits sur les listes du centre de vote de l’école Ibn Rochd, faisant face au groupement de la gendarmerie, et ce, depuis qu’ils ont été supprimés du centre de l’école Boucherba, aux quatre chemins.

A l’école Ibn Rochd, ce jeudi, les files inhabituelles qu’ils ont constituées ont alerté les responsables du FFS et du RCD qui sont intervenus à travers deux de leurs députés et le sénateur Mohamed Bettache du FFS. Beaucoup parmi les militaires inscrits dans le centre s’y sont rendus avec des procurations, pour donc un double vote, avons-nous appris auprès du RCD et du FFS. Combien sont-ils ? «Nous ne pouvons pas le savoir, mais ils ont le droit de voter tant qu’ils sont inscrits ici», nous répond un adjoint du centre de vote.

Au RCD, on parle de quelque 600 militaires en tout qui seraient dispatchés sur trois centres de vote dont ceux du CEM Ibn Toumert et des 600 logements. «Qu’ils nous désignent le maire de la ville pendant qu’on y est !» ironise un candidat RCD à l’APC. Les militaires sont arrivés au centre par groupe de dix avec une adresse commune : trik stif, ce qui désigne l’adresse de la caserne militaire se trouvant en ce lieu. Khenchela, Mascara,… ils sont originaires de plusieurs wilayas du pays. «La loi autorise à voter ici ceux qui y habitent depuis plus de six mois.

Eux, ce sont des appelés, ils n’y habitent pas, ils sont juste de passage», proteste le député FFS et fédéral Rachid Chabati. «Ils élisent un maire pour nous, et puis ils repartent chez eux», commente-t-il. Les interventions auprès des autorités, dont le wali, ont été vaines. Qu’en pense la Haute instance indépendante de surveillance des élections (HIISE) ? «A vous, je ne dirai rien», nous répond son président.

Nous nous sommes rendus à la HIISE aussi pour prendre l’avis de son président sur les nombreuses anomalies dans les matrices électorales se trouvant au niveau des bureaux de vote et sur lesquelles des électeurs pourtant inscrits n’ont pas pu trouver leurs noms. Des cas sont signalés dans plusieurs endroits dans la ville de Béjaïa et dans d’auvtres communes de la wilaya. Même le sénateur Mohamed Bettache y a fait les frais, son nom a disparu du bureau où il a voté pourtant lors des législatives du 4 mai dernier.

«Dans un centre de vote à Tamridjt, ils n’ont livré que 140 bulletins pour 500 inscrits», témoigne, pour El Watan, Rachid Chabati, qui promet que son parti saisira le Conseil constitutionnel pour les «dépassements flagrants». Au FFS, on déplore aussi que de l’argent sale a circulé le jour même des élections devant les centres de vote. Le même constat est relevé par le RCD qui a craint des dérapages à Oued Ghir parce qu’on avait concentré 1158 inscrits au niveau du seul et unique bureau de vote de Hellil. «La chaîne est énorme, ils sont au minimum 250 à attendre leur tour pour voter», témoigne Mohamed Labdouci, président du bureau régional du RCD.

Vers la fin de la journée, une très longue file humaine s’est formée avec une tension palpable. Il n’était pas évident en fin d’après-midi de permettre à tout le monde de voter, même si les autorités ont annoncé le prolongement de l’opération d’une heure, y compris pour la commune de Béjaïa. A Tamridjt, on a enregistré l’épuisement des bulletins avant même la fin du vote. D’autres anomalies et dépassements ont caractérisé ces élections qui risquent de surprendre avec leurs résultats comme elles l’ont, désagréablement, fait avec ces ratés.

Entre engouement et indifférence à Tizi Ouzou

Le scrutin d’hier s’est déroulé dans une ambiance partagée entre participation et indifférence à travers les quatre coins de la wilaya. Durant la matinée, des citoyens ont pris le chemin des bureaux de vote mais sans toutefois susciter les grandes affluences. D’ailleurs, selon la première vacation communiquée par les services de la wilaya, à 11 heures, le taux de participation était de 6,58% pour les APC et 5,84% pour l’APW. «Durant la matinée, de tradition, les gens ne se dirigent pas en nombre important vers les centres de vote.

Généralement, ils préfèrent voter durant l’après-midi», nous a souligné un militant d’un parti politique qui estime que pour les élections locales il y a plus d’engouement par rapport aux autres scrutins car il s’agit, nous a-t-il précisé, d’un rendez-vous électoral où l’on peut élire les représentants directs de la population. Cela étant, ajoute-t-il, les candidats ont fait quand même un travail de proximité dans le sens de mobiliser l’électorat. Cet avis est d’ailleurs partagé par un autre citoyen qui souligne que les élections locales suscitent toujours plus d’adhésion, surtout lorsqu’il s’agit des personnes connues et intègres.

Pour ce qui est de la vacation de 17 heures, le taux de participation était de 31,99%, soit 228 325 votants et 27,67% (APW), soit 197 459 votants sur les 713 635 inscrits sur le fichier électoral. L’on a enregistré, par ailleurs, que la participation est beaucoup plus importante en dehors du chef-lieu de wilaya. Dans la commune d’Azazga, à 40 kilomètres à l’est de Tizi Ouzou, nous avons remarqué, lors de notre passage, des électeurs se dirigeant, en petits groupes, vers les centres de vote.

Ainsi, au CEM Ahmed Zaïdat, le chef de centre de vote, Lounès Sahi, nous a précisé que le taux de participation, à 13 heures, avait atteint 20,04% pour l’APC et 16,50% pour l’APW, et ce, parmi les 2435 inscrits. Même ambiance au niveau du village Chaïeb, dans la commune de Mekla, où le taux de participation était de 34% aussi bien pour l’APC et l’Assemblée de wilaya à l’école primaire Ali Yanine.

En Kabylie maritime, dans la commune de Tigzirt, à 16 heures, la participation était de 42% (APC) et 38% de votants (APW) sur les 10 304 inscrits. Notons aussi que si la participation est plus importante par rapport aux législatives du 4 mai dernier, il n’en demeure pas moins que l’on remarque des signes d’indifférence qui ont marqué aussi le scrutin d’hier. «Il y a certes plus de votants comparativement aux scrutins précédents, mais il y a aussi l’indifférence de plusieurs citoyens.

D’ailleurs, l’ambiance est loin de celle des années où des files d’attente se formaient devant les bureaux de vote», nous a fait remarquer un citoyen de Draâ El Mizan que nous avons joint par téléphone en milieu de journée. Par ailleurs, rappelons que 311 listes ont été déposées par 13 partis politiques et 34 confectionnées par des candidats indépendants dans la wilaya de Tizi Ouzou. Ainsi, le RCD et le FFS dans 62 communes, tandis que le FLN dans 60 et le RND dans 57 municipalités.

Les autres partis, comme le PT et le MPA, ont déposé respectivement 22 et 20 listes. Pour ce qui est de l’APW, 11 listes étaient en lice pour l’Assemblée de wilaya. Il est utile aussi de préciser qu’en 2012, les élections locales avaient enregistré un taux de participation de 40,20% (APC) et pas moins de 38% pour l’APW. Kamel Medjdoub, Hafid Azzouzi L’opération de vote a été clôturée dans la wilaya de Béjaïa avec un taux de participation de 44,38% pour les APC et 37,58% pour les APW. Bien qu’il dépasse celui des locales de 2012, il confirme, sans surprise, la tradition locale à l’abstention, et à la difficulté des autorités et des partis politiques à mobiliser plus.

Force est de constater que l’élection d’une assemblée populaire de wilaya intéresse moins les citoyens de la wilaya, ne trouvant, apparemment pas, grande utilité à l’APW. Ou est-ce peut-être la lourdeur de l’opération (refaire le vote avec 14 autres bulletins) qui en est l’explication. Le désintérêt se confirme en tout cas dans la grande majorité des taux donnés un peu partout dans le pays. Au-delà des taux, et en attendant le résultat du dépouillement, l’élection est marquée à Béjaïa par plusieurs anomalies et dépassements.

A commencer par le saccage des urnes de tous les centres de vote de la commune de Boudjellil dès la première heure de la matinée. L’administration a comptabilisé à 17h un taux de participation de 15% pour la commune, suggérant qu’un centre de vote a échappé au saccage, bien que des sources locales assurent que la déferlante est passée sur tous les centres de vote. Le dernier bureau de vote à avoir été saccagé est celui de Metchik, en fin de journée.

«Aucune urne n’est entrée au siège de l’APC», nous assurait une source locale sûre en début de soirée. Le dérapage a été provoqué au niveau d’un centre de vote à Bouaziz où, curieusement, les bulletins du candidat du RND ont été posés doublement dans la suite des bulletins mis à la disposition des électeurs. Il n’en a pas fallu plus pour des citoyens qui y ont vu un flagrant délit de fraude au profit du RND.

Ils ont filmé la scène qu’ils ont mise en ligne sur les réseaux sociaux avant de saccager toutes les urnes. Le même sort a été réservé pour le reste des centres de vote de Boudjellil, puis de Beni Mansour, où le vote a été interrompu. Dans la ville de Béjaïa, l’élection s’est déroulée dans le calme total mais avec l’éternel problème du vote des militaires. Essentiellement, ceux-ci sont inscrits sur les listes du centre de vote de l’école Ibn Rochd, faisant face au groupement de la gendarmerie, et ce, depuis qu’ils ont été supprimés du centre de l’école Boucherba, aux quatre chemins.

A l’école Ibn Rochd, ce jeudi, les files inhabituelles qu’ils ont constituées ont alerté les responsables du FFS et du RCD qui sont intervenus à travers deux de leurs députés et le sénateur Mohamed Bettache du FFS. Beaucoup parmi les militaires inscrits dans le centre s’y sont rendus avec des procurations, pour donc un double vote, avons-nous appris auprès du RCD et du FFS. Combien sont-ils ?

«Nous ne pouvons pas le savoir, mais ils ont le droit de voter tant qu’ils sont inscrits ici», nous répond un adjoint du centre de vote. Au RCD, on parle de quelque 600 militaires en tout qui seraient dispatchés sur trois centres de vote dont ceux du CEM Ibn Toumert et des 600 logements. «Qu’ils nous désignent le maire de la ville pendant qu’on y est !» ironise un candidat RCD à l’APC.

Les militaires sont arrivés au centre par groupe de dix avec une adresse commune : trik stif, ce qui désigne l’adresse de la caserne militaire se trouvant en ce lieu. Khenchela, Mascara,… ils sont originaires de plusieurs wilayas du pays. «La loi autorise à voter ici ceux qui y habitent depuis plus de six mois. Eux, ce sont des appelés, ils n’y habitent pas, ils sont juste de passage», proteste le député FFS et fédéral Rachid Chabati. «Ils élisent un maire pour nous, et puis ils repartent chez eux», commente-t-il. Les interventions auprès des autorités, dont le wali, ont été vaines.

Qu’en pense la Haute instance indépendante de surveillance des élections (HIISE) ? «A vous, je ne dirai rien», nous répond son président. Nous nous sommes rendus à la HIISE aussi pour prendre l’avis de son président sur les nombreuses anomalies dans les matrices électorales se trouvant au niveau des bureaux de vote et sur lesquelles des électeurs pourtant inscrits n’ont pas pu trouver leurs noms.

Des cas sont signalés dans plusieurs endroits dans la ville de Béjaïa et dans d’auvtres communes de la wilaya. Même le sénateur Mohamed Bettache y a fait les frais, son nom a disparu du bureau où il a voté pourtant lors des législatives du 4 mai dernier. «Dans un centre de vote à Tamridjt, ils n’ont livré que 140 bulletins pour 500 inscrits», témoigne, pour El Watan, Rachid Chabati, qui promet que son parti saisira le Conseil constitutionnel pour les «dépassements flagrants». Au FFS, on déplore aussi que de l’argent sale a circulé le jour même des élections devant les centres de vote.

Le même constat est relevé par le RCD qui a craint des dérapages à Oued Ghir parce qu’on avait concentré 1158 inscrits au niveau du seul et unique bureau de vote de Hellil. «La chaîne est énorme, ils sont au minimum 250 à attendre leur tour pour voter», témoigne Mohamed Labdouci, président du bureau régional du RCD. Vers la fin de la journée, une très longue file humaine s’est formée avec une tension palpable.

Il n’était pas évident en fin d’après-midi de permettre à tout le monde de voter, même si les autorités ont annoncé le prolongement de l’opération d’une heure, y compris pour la commune de Béjaïa. A Tamridjt, on a enregistré l’épuisement des bulletins avant même la fin du vote. D’autres anomalies et dépassements ont caractérisé ces élections qui risquent de surprendre avec leurs résultats comme elles l’ont, désagréablement, fait avec ces ratés.

Entre engouement et indifférence à Tizi Ouzou

Le scrutin d’hier s’est déroulé dans une ambiance partagée entre participation et indifférence à travers les quatre coins de la wilaya. Durant la matinée, des citoyens ont pris le chemin des bureaux de vote mais sans toutefois susciter les grandes affluences. D’ailleurs, selon la première vacation communiquée par les services de la wilaya, à 11 heures, le taux de participation était de 6,58% pour les APC et 5,84% pour l’APW. «Durant la matinée, de tradition, les gens ne se dirigent pas en nombre important vers les centres de vote.

Généralement, ils préfèrent voter durant l’après-midi», nous a souligné un militant d’un parti politique qui estime que pour les élections locales il y a plus d’engouement par rapport aux autres scrutins car il s’agit, nous a-t-il précisé, d’un rendez-vous électoral où l’on peut élire les représentants directs de la population.

Cela étant, ajoute-t-il, les candidats ont fait quand même un travail de proximité dans le sens de mobiliser l’électorat. Cet avis est d’ailleurs partagé par un autre citoyen qui souligne que les élections locales suscitent toujours plus d’adhésion, surtout lorsqu’il s’agit des personnes connues et intègres. Pour ce qui est de la vacation de 17 heures, le taux de participation était de 31,99%, soit 228 325 votants et 27,67% (APW), soit 197 459 votants sur les 713 635 inscrits sur le fichier électoral.

L’on a enregistré, par ailleurs, que la participation est beaucoup plus importante en dehors du chef-lieu de wilaya. Dans la commune d’Azazga, à 40 kilomètres à l’est de Tizi Ouzou, nous avons remarqué, lors de notre passage, des électeurs se dirigeant, en petits groupes, vers les centres de vote.

Ainsi, au CEM Ahmed Zaïdat, le chef de centre de vote, Lounès Sahi, nous a précisé que le taux de participation, à 13 heures, avait atteint 20,04% pour l’APC et 16,50% pour l’APW, et ce, parmi les 2435 inscrits. Même ambiance au niveau du village Chaïeb, dans la commune de Mekla, où le taux de participation était de 34% aussi bien pour l’APC et l’Assemblée de wilaya à l’école primaire Ali Yanine.

En Kabylie maritime, dans la commune de Tigzirt, à 16 heures, la participation était de 42% (APC) et 38% de votants (APW) sur les 10 304 inscrits. Notons aussi que si la participation est plus importante par rapport aux législatives du 4 mai dernier, il n’en demeure pas moins que l’on remarque des signes d’indifférence qui ont marqué aussi le scrutin d’hier. «Il y a certes plus de votants comparativement aux scrutins précédents, mais il y a aussi l’indifférence de plusieurs citoyens.

D’ailleurs, l’ambiance est loin de celle des années où des files d’attente se formaient devant les bureaux de vote», nous a fait remarquer un citoyen de Draâ El Mizan que nous avons joint par téléphone en milieu de journée. Par ailleurs, rappelons que 311 listes ont été déposées par 13 partis politiques et 34 confectionnées par des candidats indépendants dans la wilaya de Tizi Ouzou. Ainsi, le RCD et le FFS dans 62 communes, tandis que le FLN dans 60 et le RND dans 57 municipalités.

Les autres partis, comme le PT et le MPA, ont déposé respectivement 22 et 20 listes. Pour ce qui est de l’APW, 11 listes étaient en lice pour l’Assemblée de wilaya. Il est utile aussi de préciser qu’en 2012, les élections locales avaient enregistré un taux de participation de 40,20% (APC) et pas moins de 38% pour l’APW.


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