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Batna fait un triomphe à Annie Steiner

25 avril 2012 à 10 h 00 min

A 84 ans, celle qui représente aujourd’hui cette frange d’Algériens d’origine européenne qui ont pris les armes pour combattre la France colonialiste, retrouve une seconde jeunesse pour aller raconter aux générations de l’indépendance son combat et celui de ses pairs, Fernand Ivetton, Henry Maillot, Maurice Audin, le couple Chaulet, et la liste est encore longue.
Lundi, l’amphithéâtre du département d’Histoire était plein comme un œuf de cette jeunesse venue écouter Annie. L’hôte de Batna racontait sa vie carcérale, une tranche de son parcours révolutionnaire. Sa mémoire intacte décrivait les scènes, les dates, les noms de ses frères et sœurs  persécutés par les matons de Barberousse et autres noms de sinistres prisons. Son récit a fait retentir la voix du défi contre la machine de la torture et la guillotine.

Des moments forts et chargés d’émotion. Cette émotion qui a contaminé la salle, a été exprimée par tous les intervenants qui ont pris le micro pour interroger Annie et demander davantage sur sa vie d’hier, ses sentiments d’aujourd’hui.  «Est-ce qu’à un moment donné vous avez regretté votre engagement pour l’Algérie ?», demande une étudiante. «Jamais, jamais, jamais !», répond Annie. Elle subjugue encore plus en déclarant refuser les privilèges du statut de Moudjahid. «Nous avons fait notre devoir, c’est tout», souligne-t-elle.
Les interventions n’en finissaient pas. Les premières questions trahissaient l’ignorance de beaucoup d’Algériens quant à cette catégorie de moudjahidine qui n’existe pas hélas sur les manuels d’histoire. Beaucoup d’idées reçues ont été corrigées, des cases vides comblées par la simple présence d’Annie Steiner. Le journaliste Ahmed Ancer qui l’accompagnait a tenté justement d’avertir le public en racontant ces moments où elle a dû faire le choix de l’Algérie et payer le prix fort, puisqu’elle allait perdre sa famille, notamment ses filles, séparées d’elle de force.

La rencontre organisée conjointement par l’université et le bureau d’El Watan à Batna a connu un franc succès. La salle a accueilli au moins 500 étudiants. Il y avait aussi des enseignants, des médecins, des hommes et des femmes. Un engouement qui trahit le besoin de la ville à s’ouvrir sur l’extérieur. Mais aussi sa générosité et sa nature accueillante. Ceci a profondément touché l’hôte.
«Je vous vois, j’ai de l’espoir et je vous fais confiance pour l’avenir. Merci», a conclu Annie qui est rentrée à Alger, le cœur plus léger, disait-elle.                      
 

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