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Analphabétisme : 13% des jeunes ne savent ni lire ni écrire

18 septembre 2009 à 23 h 19 min

Certains potaches se sont déjà fait renvoyer pour avoir seulement mis une blouse qui ne correspond pas à la couleur exigée (bleu pour les garçons, rose et blanc pour les filles). Les parents concentrent ainsi leurs efforts sur les blouses pour éviter à leurs enfants de se faire renvoyer de l’école.
La blouse est ainsi devenue la clé permettant l’accès à l’école. Elle est le sésame garantissant une place pédagogique. Elle peut aussi être un facteur d’exclusion, de rupture avec les bancs d’école. La blouse occupe ainsi le débat sur l’école en ce début difficile de la rentrée scolaire, faisant oublier les vraies questions. L’école algérienne est en plein naufrage. Et les secours ne semblent pas capter le bon signal. De plus en plus de jeunes quittent l’école sans un minimum de savoir. Ils sont incapables de lire ni d’écrire. Au moins un quart de jeunes ayant abandonné précocement l’école rejoignent les rangs des analphabètes. Le Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH) révèle que 13% des jeunes âgés entre 15 et 24 ans sont illettrés. Mais cela ne semble pas susciter l’inquiétude de nos gouvernants qui continuent, en dépit de tout, à se vanter des «bons résultats» de la réforme du système éducatif qui excelle dans la formation d’analphabètes.
L’Etat n’a pourtant pas lésiné sur les moyens matériels. La part de financement allouée au système éducatif est proche de celle des pays développés. Mais le rendement est bien loin en termes d’efficacité.

Après neuf ans d’école obligatoire, ils sont 82,87% à ne plus faire partie des effectifs de l’éducation nationale, relève une étude réalisée récemment par l’association Iqrâa et le Centre national d’études et d’analyses pour la planification (Ceneap). Une bonne partie de ces effectifs se trouve sans aucune perspective d’avenir. Cela parce qu’ils quittent les bancs d’école sans avoir en leur possession un minimum d’acquis cognitifs les préparant à intégrer sans grande difficulté la vie active ou à accéder facilement à une formation professionnelle. Il s’agit là d’un phénomène grave, qui prend des proportions alarmantes et dont les causes sont liées, entre autres, à la qualité des enseignements et à la nature du système éducatif.
Un phénomène qui mérite plus d’attention que la blouse. Les enfants qui quittent les bancs de l’école se trouvent souvent condamnés à l’oisiveté. Certains d’entre eux sombrent dans la délinquance. Certaines statistiques montrent que les jeunes de 18 à 25 ans sont les plus touchés par un chômage galopant. Cette situation ne fait nullement objet de débats. Elle est vécue comme si de rien n’était. Dans d’autres pays comme la France – que l’on connaît mieux et sur laquelle on copie – l’école est au centre des débats publics. Parler aujourd’hui de l’école, c’est parler de l’incapacité à transmettre un certain nombre de savoirs fondamentaux aux enfants et aux jeunes. C’est reconnaître l’échec de la réforme que ne peut cacher ou faire oublier la «blouse». Un échec qui augure d’un avenir incertain pour le pays.


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