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Algérie-France : Gel de la commission parlementaire

06 février 2010 à 21 h 22 min

Cette grande commission, dont l’instigateur est Axel Poniatowski, président de la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale française, répondait pourtant, avait-il déclaré lors d’une visite en Algérie, «à la nécessité d’une diplomatie parlementaire active entre les deux pays».
MZiari a expliqué, au cours d’une intervention sur les ondes de la Chaîne II, que l’ajournement de ces travaux vient en représailles à l’inscription par Paris de l’Algérie dans la «black list», la liste de pays à haut risque terroriste. Les ressortissants de ces pays devront être soumis, dans les aéroports, à un contrôle rigoureux supplémentaire.
Ces mesures sont jugées par le président de l’APN comme autant de «provocations», qui soulèvent «colère et indignation». «Comment l’Algérie, peut-elle être parmi les pays qui luttent contre le phénomène du terrorisme et dans le même temps figurer sur cette liste», s’est insurgé M. Ziari.

Ce dernier attend d’ailleurs de «l’appareil exécutif et diplomatique algérien ainsi que de toutes les parties» de trouver les moyens de réagir à cette question avec vigueur et dénoncer avec énergie cette «injustice».
Le président de l’APN affirme d’ailleurs soutenir «totalement» l’application du principe de réciprocité envers les pays occidentaux qui ont inscrit l’Algérie sur cette liste, «sanction» évoquée par le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, Nourredine Yazid Zerhouni.
Le ministre des Affaires étrangères, Mourad Medelci, avait, pour sa part, jugé cette inscription «inappropriée» et avait affirmé qu’Alger exigeait d’être retirée de cette
liste.

Nouveau coup de froid dans des relations lourdes de contentieux

Ce nouvel épisode dans les relations algéro-françaises, jugé par certains comme une énième humiliation visant les Algériens, n’est pas fait pour «encourager un renforcement des rapports entre Alger et Paris», a conclu M. Ziari. Des relations que l’on savait houleuses, tendues, voire glaciales. Et ce dossier de la sécurité du transport aérien n’est qu’un épisode de plus dans une histoire encombrée et plombée par de nombreux contentieux.
Il y a, évidemment, le litige «historique» et l’exigence algérienne de repentance de la France pour les crimes perpétrés durant la période coloniale.

De même, le gouvernement a, à maintes reprises, soulevé la nécessité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires effectués dans le Sud algérien. Puis, sont venus s’y greffer d’autres sujets de crispation diplomatiques, économiques et stratégiques. Il y a eu l’arrestation, en août 2008, du diplomate algérien Mohamed Ziane Hasseni, dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat de l’opposant Ali Mecili. Alger reproche aussi à Paris la relance de la polémique sur la responsabilité de l’armée algérienne dans la mort des sept moines de Tibhirine. Pour la France, les griefs sont essentiellement d’ordre économiques.

Les entreprises et le patronat français ont vivement réagi aux mesures algériennes visant à réduire ses importations et privilégient «le patriotisme économique».
Ils se plaignent aussi d’avoir été, ces dernières années, tenus écartés des grands projets d’infrastructures ainsi que des grands contrats d’armement. Afin de réchauffer un tant soit peu les relations bilatérales, de nombreuses visites officielles de hauts responsables de part et d’autre de la Méditerranée ont maintes fois été annoncées. Mais elles ont aussi toujours été reportées sine die.

La plus récente est celle que devait effectuer le ministre français des Affaires étrangères, le très médiatique, Bernard Kouchner. Prévue pour la mi-janvier, l’annulation de cette visite a été imputée au «refus» du chef de la diplomatie, Mourad Medelci, de recevoir son homologue. Pourtant, le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, a apporté jeudi dernier un ferme démenti à ces affirmations. Il a ainsi précisé qu’elle «n’était pas du fait de l’Algérie». «Si M. Kouchner veut nous rendre visite, il sera le bienvenu. Et s’il décide du contraire, c’est son affaire», a commenté M. Ouyahia. Mais d’un autre côté, il a aussi prétendu que les relations entre les deux pays étaient «normales».

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