La mise à mort des nouvelles huileries à Aïn Témouchent | El Watan
toggle menu
samedi, 23 mars, 2019
  • thumbnail of 20190323

La mise à mort des nouvelles huileries à Aïn Témouchent

28 juin 2006 à 0 h 00 min

Ils étaient invités à une journée d’information sur les mesures d’appui à la PME. Selon leur sentiment, les interventions entendues présentaient un caractère surréaliste par comparaison à la réalité du terrain qui, elle, révèle en fait des défis bien plus terre à terre que les projections qu’impose la mondialisation. En effet, nos interlocuteurs ne comprennent pas que la BADR qui, avec le FNDRA, a participé à la création de leurs entreprises, refuse de leur accorder les nécessaires crédits d’exploitation pour défaut de présentation de garanties. Le patron des Olives du Sahel explique : «Mes locaux sont hypothéqués auprès de la BADR alors que mon matériel est nanti à son profit. Elle le sait si bien qu’elle m’a imposé d’installer une humiliante plaque pour afficher cet état. Qu’ai-je encore à lui offrir en garantie ? C’est plutôt à elle de faire preuve de bon sens. Comment pourrait-elle récupérer sa mise si, comme tout préteur sérieux, elle ne m’accompagne pas dans mon projet de façon à amortir mon investissement ? Le 3 juin 2005, j’avais en conséquence sollicité un crédit de campagne pour capter une partie de la récolte d’olives de septembre. Rien, malgré mes lettres de rappels. Je n’ai pu triturer que pour l’équivalent des 5 millions de centimes dont je disposais alors que mon matériel peut transformer pour 5 milliards de centimes. Vous vous imaginez alors le manque à gagner pour moi et pour la banque également alors que le marché est porteur.»
dépôt de bilan ?
Le propriétaire de L’olive verte développe le même argumentaire : «C’est simple, moi, je n’ai rien trituré. Je me suis contenté de mettre en confiserie 80q d’olives. Que faire avec la banque qui nous harcèle pour honorer nos engagements en matière de remboursement ? C’est bien simple, l’un de nos confrères est actuellement en situation de dépôt de bilan.» Pour l’observateur, la situation est pour le moins incompréhensible alors que l’Etat a en amont mené une politique d’encouragement à la plantation d’oliviers, ce qui est également tout bénéfice dans une région dont le rude climat n’est favorable qu’à ce type d’arboriculture rustique et à la vigne de cuve. Ainsi, des 2 244 ha entre plantations en masse et en isolé qui existaient en 2000, la superficie est passée à 12 283 ha, soit le quadruple. Où va aller la production ?
Si c’est aux huileries de Sig, ce serait un moindre mal, admet-on. «Ce qui est regrettable, c’est que les trabendistes sont entrés dans la concurrence. Ils proposent des prix au double du marché pour détourner la production vers la Maroc dont la filière oléicole tient en main les débouchés sur l’Europe. De cette façon, quitte à perdre en achetant plus cher, nos voisins empêchent l’émergence de la concurrence de notre production».

Lire aussi

Loading...
S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Se souvenir de moi
Mot de passe perdu?
S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Registration confirmation will be emailed to you.
Password Reset Registration
Login
Do NOT follow this link or you will be banned from the site!