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lundi, 18 mars, 2019
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AÏN TEMOUCHENT

31 août 2004 à 0 h 00 min

Ce n’est sûrement pas le personnel technique de l’ONCV qui s’en plaindrait car, à la cave, ils ont ainsi affaire, pour une fois, à un encombrement de tracteurs plus gérable. Un à un, ces derniers passent à la pesée avant de déverser leur raisin dans le conquêt au fond duquel la vis sans fin écrabouille les grappes devant rejoindre le pressoir et donner tout leur jus. Contrairement au deux précédentes années, la réception se fait au tout venant, c’est-à-dire que l’office ne vinifie pas séparément le raisin selon le cépage. En amont de la chaîne de production, sur le vignoble, les vendangeurs ne sont pas nombreux. Là où l’on embauchait une centaine de personnes, on arrive difficilement à réunir la moitié. Sur l’EAC Boutrig Abdelkader, une EAC où chacun des coopérateurs a jouissance individuellement sur une parcelle, les vendanges vont cesser. Il est midi. Sur les ceps, les grappes sont pour la plupart desséchées par la sur-maturation.

Partis à Saragosse !


Les coups de sirocco en ont fait du raisin sec. Assurément, ceux qui se plaignent d’avoir perdu la moitié de leur récolte disent vrai. Sur la cime des rangées de vigne, à la manière d’un friselis, ondulent des bouffées de chaleur rappelant les mirages flottant sur les hamadas surchauffées. Ici, le sol passablement sablonneux réverbère la chaleur que dardent vers lui les brûlants rayons solaires. Sur ce chantier, les vendangeurs sont payés à 400 DA la matinée, un salaire qui n’intéresse pas les potentiels vendangeurs. Belebna Slimane, chef de zone au service de l’ONCV pour la daïra d’El Amria, a sa petite idée sur le manque de main d’œuvre. «Mais ils sont partis à Saragosse ! Ils se sont même installés là-bas. Certains ont fait appel à leurs parents pour les rejoindre le 15 août pour la cueillette sur les champs en Espagne. Et que voulez-vous ? ceux qui sont revenus ont goûté au salaire en euros et aux conditions de travail de là-bas telle la nourriture offerte par l’employeur par exemple.» C’est ce qui a obligé certains employeurs à concéder 500 DA de salaire journalier, non sans se plaindre de cette augmentation, alors que les prix au quintal de raisin offerts par les transformateurs ont baissé cette année. Cette baisse a d’ailleurs permis que le raisin se vende en frais au marché même si ce n’est pas ce qu’il a de meilleur qui est exposé sur les étals : de maigrichons dattiers, du valencier, du merseguerra et du cinsault.

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