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Absence d’hygiène et maigres menus

21 octobre 2012 à 10 h 00 min

Dans la wilaya de Bordj Bou Arréridj, 52 650 écoliers disposent de la cantine scolaire. Ce chiffre rapporté par la direction de l’éducation à la dernière session ordinaire de l’APW, concerne uniquement les écoles primaires. Il n’y a aucune information dans ce sens concernant les collèges et les lycées. Mais peut-on laisser, en toute quiétude, ses enfants manger à la cantine? C’est la question posée par de nombreux parents d’élèves, soucieux aussi bien de l’équilibre nutritionnel des menus scolaires que de leur innocuité. A ce propos, le wali de Bordj Bou Arréridj, Azzedine Mecheri, ne cesse, depuis plus d’une année, de donner des recommandations pour que tout soit bien fait en matière de nutrition et de sécurité alimentaire.

Mais sur le terrain, il y a beaucoup de choses à refaire et de réflexes à éliminer. Une simple visite dans ces cantines scolaires et certains réfectoires vous démontre que les choses ne s’améliorent pas. Mauvaise qualité des aliments, menus non variés, réfectoires bruyants et restauration trop rapide. Les critiques sont nombreuses tant du côté des premiers intéressés, les enfants, que du côté des parents. Selon le rapport, il y a 370 cantines à travers la wilaya. Elles sont gérées par les directeurs d’école. Il y a deux inspecteurs et 6 conseillers en alimentation scolaire pour veiller sur les 52 650 repas/jour. Pour ce qui est du personnel, le rapport parle de jeunes recrutés dans le cadre du filet social et d’agents de l’APC. Concernant les infrastructures, la même source mentionne le nombre de 187 cantines adéquates, 71 aménagées dans des logements de fonction, 78 dans des salles de cours, 26 dans des salles polyvalentes et 8 dans divers autres endroits. Le wali, dès la rentrée scolaire 2010-2011, avait proposé au directeur de l’éducation d’organiser des stages pour le personnel qui travaille dans ces cantines. «Ces petites formations dans la restauration, cuisine, service et hygiène, vont permettre une bonne prise en charge des enfants sur ce point», avait-il expliqué. Mais à ce jour, aucune suite n’a été donnée à cette proposition. Dans certaines écoles, des repas froids sont servis à midi, dans d’autres, des ouvriers de l’APC préparent le menu, généralement composé de pain (beaucoup de pain «caoutchouc» à force de rester depuis le matin dans des sacs en plastique), une soupe de pois chiches ou de lentilles ou des pâtes, et rarement un dessert (un yaourt en général). Pour ce qui est de l’hygiène, tout ou presque est loin des normes élémentaires de sécurité alimentaire.


Un problème d’argent


A plusieurs reprises, durant ses visites inopinées, le premier responsable de la wilaya reconnaît que l’hygiène dans les cuisines scolaires laisse souvent à désirer. «Les manquements constatés dans ces cantines scolaires à Bordj Bou Arréridj, se situent surtout autour de la lutte contre les parasites, la mauvaise hygiène, la formation du personnel, et la procédure de nettoyage et de désinfection; ces deux dernières années, ça concernait aussi la réception et le stockage des denrées alimentaires, le nettoyage et la désinfection, ainsi que l’hygiène et la formation du personnel», a précisé un médecin. Pour un directeur d’école à qui nous avons exposé le problème, qui a répondu sous couvert de l’anonymat, le problème existe, certes, mais il est lié à une question de coût du repas. «Comment voulez-vous offrir un repas à 30 DA? C’est un problème d’argent», martèle-t-il. L’on semble oublier la subvention de la wilaya qui vient, à chaque rentrée scolaire, renflouer les caisses de ces cantines. Afin de tirer cette question au clair, nous avons demandé à un spécialiste en économie si on peut concilier qualité nutritionnelle et équilibre financier, soit des repas à la fois bons pour la santé et pas chers. Il dira ceci: «Bien sûr.

On peut tout d’abord commencer par éliminer le gâchis, qui représente à chaque repas à peu près 40 % des quantités cuisinées et servies (surtout les salades et le pain). La seconde source d’économie peut venir de ces surfacturations des produits. Et troisièmement, il faut revenir au système du petit-déjeuner à l’école. Offrir un bol de lait et un morceau de pain avant d’entrer en classe. Il y a un grand nombre d’élèves qui viennent à l’école sans prendre le petit-déjeuner, soit par manque à la maison, mauvaise habitude ou faute de temps. L’éducation alimentaire est aussi un point très important dont l’école doit tenir compte. Comme ça, on aura un équilibre rationnel des repas, et à midi l’enfant va juste ajouter ce qui lui manque. Si l’on donne des aliments de meilleure qualité aux élèves, ils seront davantage rassasiés.» Et d’ajouter: «C’est donc possible! Après, derrière tout cela se cache une question centrale: est-on prêt à dépenser et à faire tout pour la santé de nos enfants?».                         

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