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Criminalisation de la rançon : Madrid appuie Alger

08 janvier 2010 à 21 h 36 min

C’est le troisième appui de taille qu’obtient l’Algérie après ceux de la Russie et des Etats-Unis. Le ministre espagnol des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos, qui a animé hier une conférence de presse à Madrid avec son homologue algérien Mourad Medelci, à la faveur de la visite officielle du président de la République Abdelaziz Bouteflika en Espagne, a déclaré que son pays était hostile au payement des rançons contre la libération des otages. «Le gouvernement espagnol ne paie pas de rançon. Cette position est claire et ferme», a-t-il annoncé, cité par les agences de presse. C’est une manière de clore le débat sur la manière avec laquelle les services secrets ibériques envisagent de libérer les trois ressortissants espagnols kidnappés par ce qui est appelé AlQaîda au Maghreb islamique le 29 novembre 2009 en Mauritanie.

Selon plusieurs sources, les ravisseurs réclament le payement d’une rançon de 10 millions d’euros contre la libération des otages, ce qui confirme la thèse du commerce lucratif développé par ces groupes armés depuis six ans. Depuis l’affaire des touristes allemands kidnappés en 2003 dans le sud algérien, Alger tente de mener campagne contre le payement des rançons qui s’assimile à un financement des actes de terrorisme. L’Algérie et l’Espagne essayent d’accorder leurs violons sur la lutte contre le terrorisme et le crime organisé dans la région sahélo-saharienne. Un dossier suivi de près par l’Union européenne, dont l’Espagne assure l’actuelle présidence tournante, et par Washington. «La lutte antiterroriste est un objectif commun. La coopération bilatérale dans ce domaine est une réalité. L’Algérie s’est toujours montrée disponible à partager son expérience dans la lutte contre le terrorisme avec d’autres pays. La situation dans le Sahel est prise en charge par les services compétents», a déclaré le chef de la diplomatie algérienne. A propos du dossier sahraoui, Alger et Madrid encouragent l’envoyé personnel du secrétaire général des Nations unies pour le Sahara occidental, l’Américain Christopher Ross, à poursuivre le travail mené en 2009 et soutiennent ses efforts pour régler le conflit.

Les deux capitales se disent disposées à collaborer avec les Nations unies dans le but d’arriver à «une solution garantissant le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui». A voir de près, les deux pays ont adopté une attitude d’apparence consensuelle sur un dossier perçu différemment à Alger et à Madrid. Sans évoquer le mur d’acier que l’Egypte construit aux frontières avec la bande de Ghaza, les deux pays ont, selon des déclarations reprises par l’agence officielle APS, manifesté leurs préoccupations quant à «la détérioration de la situation» à Ghaza, évoqué «l’urgence» de l’application de la résolution 1860 du Conseil de sécurité des Nations unies adoptée en janvier 2009 et qui encourage «la réconciliation interpalestinienne», qui appelle à reprendre «les efforts de paix» et qui insiste sur «le libre approvisionnement et à la libre distribution à travers Ghaza de l’aide humanitaire, y compris de la nourriture, du carburant et des médicaments». Au plan bilatéral, la quatrième réunion de haut niveau, instrument créé après la signature par les deux pays d’un Traité d’amitié, a abordé plusieurs questions. Contenant 37 points, la déclaration finale est revenue en détails sur les relations entre les deux pays, relations qualifiées de «stratégiques, profondes et intenses» par Miguel Angel Moratinos. «Les deux parties souhaitent que les entreprises espagnoles participent et s’impliquent dans le vaste programme national algérien d’équipements publics 2010-2014 et considèrent que la crise internationale actuelle offre l’opportunité propice pour dépasser la logique commerciale et s’inscrire dans une logique de projets», est-il relevé dans la déclaration.

Les deux pays se sont réjouis de l’achèvement des travaux du gazoduc sous-marin Medgaz et sa mise en service prochaine et ont annoncé leur intention de développer les projets de futures connections «qui renforcent la tendance existante au rapprochement physique et à l’imbrication économico-stratégique entre les deux pays, notamment les interconnexions électriques dans le contexte de la mise en oeuvre du Plan solaire méditerranéen». Alger et Madrid ont exprimé leur satisfaction pour la récente finalisation de l’arbitrage de Gassi Touil et réaffirmé leur décision de dépasser les obstacles qui peuvent entraver les relations énergétiques et de consolider le climat de confiance réciproque. Sonelgaz et Sonatrach qui veulent avoir des positions sur le marché espagnol éprouvent beaucoup de difficultés à atteindre leur but. «Les deux gouvernements ont initié des contacts précis sur le projet de charte euroméditerranéenne sur l’énergie et le changement climatique fondée sur le leadership de l’Algérie en matière de gaz et de l’Espagne en matière d’énergie renouvelable. A ces effets, les deux parties créeront un groupe de travail bilatéral», est-il noté dans la déclaration.

Au plan régional, l’Espagne et l’Algérie se sont félicitées des avancées réalisées dans la voie de la mise en place de l’Union pour la Méditerranée et se sont dit prêts à conjuguer leurs efforts «pour que le sommet UPM prévu à la fin de la présidence espagnole de l’UE (en juin 2010, ndlr) soit un succès». Cette déclaration confirme qu’Alger est toujours attaché à l’UPM, contrairement à ce qui a été dit, ici et là, sur un retrait d’un projet politique fortement défendu par Paris. «Les relations algéro-espagnoles doivent être focalisées non seulement sur l’économie, mais aussi sur la coopération humaine, à travers la collaboration scientifique, technique et culturelle», a estimé Mourad Medelci. A propos de la libre circulation des personnes, il a relevé que les efforts consentis par l’Espagne ces derniers temps sont «insuffisants en comparaison avec les attentes des Algériens». En matière de lutte contre la migration illégale, les deux pays considèrent que ce phénomène doit faire l’objet d’un traitement approprié «fondé sur la concertation et la coopération et sur la nécessité de s’attaquer à ses causes profondes».

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