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lundi, 29 novembre, 2021
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Dossier

Protection du tramway de Constantine contre les inondations : Un sérieux problème d’étude de génie civil se pose

21 novembre 2021 à 10 h 02 min

Avec l’évolution de la ville d’Ali Mendjeli, les travaux de nouveaux accès, mal étudiés, ont créé des pentes vers la route aménagée pour le tramway, ce qui provoque des submersions.

Il faut protéger la ligne du tramway de Constantine contre les inondations.», telle était l’instruction du Premier ministre, Aïmene Benabderrahmane, lors de sa visite dans la wilaya de Constantine pour l’inauguration de l’extension de ce moyen de transport vers Ali Mendjeli. Ce message est survenu après les intempéries ayant marqué la wilaya avant sa visite, où les internautes avaient déjà partagé des photos et des vidéos de rues inondées, en particulier à Ali Mendjeli.

Ce qui s’était confirmé 48 heures après le départ du Premier ministre quand le trafic de ce moyen de transport a été suspendu suite à de fortes pluies. Encore une fois, les citoyens n’ont pas hésité à recourir aux réseaux sociaux pour partager les photos du tracé du tramway submergé par les eaux de pluie, dénonçant l’arrêt de cet important projet.

Les passagers étaient contraints de prendre les taxis et les bus. D’autres ont été à la merci des chauffeurs de taxi clandestins, qui imposaient des tarifs exorbitants. Mais pourquoi ce problème remonte toujours en surface, sachant que ce projet a consommé d’énormes enveloppes financières, dont seulement 30 milliards de dinars pour la réalisation de 10 km de linéaire entre la cité Zouaghi Slimane et la station finale à Ali Mendjeli ? Cela, sans parler des budgets débloqués pour les études ainsi que pour la totalité du projet.

Ceci dit, la protection du projet doit être incluse dans les études. Le Premier ministre avait-il d’autres éléments supplémentaires, raison pour laquelle il avait donné des instructions ? Afin d’avoir plus de détails sur la situation urbanistique de la circonscription administrative d’Ali Mendjeli et faire parler des gens de terrain, nous avons contacté la direction de l’Epic Eguvam (Établissement de gestion urbaine de la ville de Ali Mendjeli).

S’agit-il du manque d’avaloirs ou ces derniers sont bouchés à cause du rejet anarchique des déchets et des déblais, ou s’agit-il plutôt de problèmes de travaux ? Beaucoup de questions taraudent les esprits des Constantinois. Interrogé à ce sujet, Mehdi Hini directeur de l’Eguvam, affirme qu’il ne s’agit pas d’un problème d’avaloirs.

«Des inondations avaient eu lieu en août 2015 à cause du manque et parfois de l’absence totale d’avaloirs, particulièrement au niveau des ronds-points. Ce qu’on appelle les points noirs de circulation. L’on avait déploré beaucoup de dégâts et de pertes humaines. Par la suite, un plan de redressement et de réaménagement avait été établi afin de créer de nouveaux avaloirs», a-t-il rappelé.

Manque de coordination et des études incomplètes

«Mais vu l’évolution de la ville de Ali Mendjeli et l’ouverture de nouveaux axes de circulation, certains accès – les pentes en particulier – ont été mal étudiés par rapport à la ligne principale du tramway. Ce qui provoque aujourd’hui ces submersions», s’est étalé notre interlocuteur. «Par exemple, le wali délégué nous a chargés récemment de prendre en charge des problèmes de stagnation des eaux devant le siège de la circonscription de Ali Mendjeli. Si la montée du niveau d’eau dépasse 30 mm ou 40 mm, nous enregistrons des inondations», a-t-il dit.

Et d’expliquer qu’aucun travail de coordination n’a été mené par l’entreprise chargée de l’étude et de la réalisation du tramway et par l’Eavanam (établissement d’aménagement des villes de Ain Nehas et de Ali Mendjeli). Ce dernier (l’Eavanam), insiste notre interlocuteur, a fait un travail très satisfaisant en ce qui concerne l’aménagement, surtout aux UV 6, 7, 8, 2, 4 et 13 ; mais en créant des pentes à l’intérieur des unités de voisinage, dont certaines mènent vers la route principale aménagée pour le tramway.

Tout simplement, il n’y avait pas une étude globale rassemblant les plans et les études de tous les travaux menés par toutes parties intervenantes.

«S’il y avait une coordination entre les différentes parties concernées, on n’aurait pas ce problème d’avaloirs. Lors de notre rencontre avec le wali délégué, on était chargé de cette tâche, où dans le futur prochain on va réaliser des avaloirs, pour l’évacuation des eaux sur les axes réalisés par l’Eavanam et un autre avaloir pour dégager également les eaux pour le tramway», a ajouté M. Hini, indiquant que les stagnations des eaux sont signalées au niveau des nœuds entre les voies secondaires et la voie principale. C’est le véritable problème.

Le même responsable a salué les efforts déployés par les deux parties afin de réussir leurs projets. «Lorsque vous observez que les travaux du tramway sont parfaits et ceux menés par l’Eavanam sont réussis, mais si on va les fusionner, ils créent un problème. C’était mal étudié, normalement les ingénieurs et les techniciens des deux parties devaient collaborer ensemble», a-t-il noté.

Les inondations ont été signalées exactement sur trois points noirs, qui sont le rond-point à l’entrée de Ali Mendjeli, devant les immeubles de l’AADL Geco et devant l’université Abdelhamid Mehri Constantine 2, juste à la sortie de la SNTV.

Là où il y a encore une pente mal étudiée. Un bus ne pourra pas l’emprunter, sinon son pare-choc avant touche les bordures de la route principale traversée par le tramway. Une véritable faille dans l’étude sur le plan génie civil.

Le rejet des déchets persiste

Quid du rejet des déblais et des déchets ménagers ? Le directeur de l’Eguvam n’a pas nié ce phénomène qui persiste toujours. Mais, il a affirmé que ses services interviennent régulièrement avec la Seaco, surtout après avoir reçu des instructions de l’actuel wali pour nettoyer tous les avaloirs.

Mehdi Hini a fait savoir également que son Epic a bénéficié de 13 millions de dinars du plan de charge de la direction de l’environnement en 2019 pour de nombreuses opérations, dont le nettoyage des espaces.

«Nous avons également un plan de charge avec la commune d’El Khroub de 10 millions de dinars pour la collecte des déblais et des gravats à Ali Mendjeli. Le taux d’avancement de ce plan jusqu’au début du mois de novembre est presque à 90 %. Le wali a demandé la semaine écoulée un recensement de tous les terrains non identifiés et a appelé à les clôturer aussi», a-t-il souligné.

Et de préciser que l’Eguvam collecte annuellement avec la commune d’El Khroub environ 8000 m3 de déchets et de gravats. Et jusqu’au 31 octobre 2021, les mêmes services ont collecté 5 881 m3, sans inclure les opérations de volontariat organisées chaque semaine.

Avec ces actions, le tonnage des déchets peut atteindre 16 000 m3, selon le même responsable. En comparaison avec les années précédentes, Mehdi Hini juge qu’une certaine adaptation psychologique du citoyen a été observée récemment vis-à-vis de l’aménagement et l’installation des corbeilles poubelles un peu partout.

Yousra Salem


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