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Six mois après le début du hirak : Initiatives politiques face à l’intransigeance du pouvoir

15 août 2019 à 10 h 45 min

Six mois après le début du mouvement populaire pacifique, le pays se retrouve dans une impasse inédite. Pourtant, ce ne sont pas les initiatives de sortie de crise qui manquent.

De la société civile aux forces démocratiques en passant par le courant islamo-conservateur, des propositions ont été faites, des feuilles de route ont été élaborées, des solutions ont été imaginées…

Dès le début de ce mouvement révolutionnaire réclamant un changement radical du système politique, des forces politiques, des organisations de la société civile, des acteurs du mouvement associatif et des personnalités nationales ont pris leurs responsabilités en suggérant des «plans» de sortie de crise. Au fil des semaines, les forces agissantes de la société franchissent le pas.

Un dialogue entre les différentes organisations ayant présenté des plans de sortie de crise a été engagé et a bien abouti à une conférence nationale de la société civile tenue le 15 juin dernier. Une conférence regroupant plus de 70 organisations, syndicats et associations issus des trois dynamiques ayant émergé de la société civile, à savoir le Collectif de la société civile pour une transition démocratique, la Confédération des syndicats autonomes, le Forum civil pour le changement.

Ces trois dynamiques, ayant chacune sa propre feuille de route, ont pu dépasser leurs divergences et trouver un compromis en adoptant une plateforme commune, visant ainsi à débloquer la situation politique et créer les conditions favorables à une sortie de crise.

Ces trois dynamiques de la société civile ont poursuivi les contacts avec les partis et les personnalités pour baliser le terrain à une conférence nationale politique élargie. Une première rencontre est d’ailleurs prévue samedi prochain à la Safex, à Alger.

Les forces démocratiques n’ont pas, non plus, manqué d’initiatives. Les partis appartenant à ce courant politique ont multiplié les propositions de sortie de crise, allant de l’instauration d’une instance présidentielle collégiale à l’institution, à terme, d’une Assemblée constituante.

Ces partis, à savoir le FFS, le RCD, le PT, le MDS, le PLD, le PST, l’UCP et la LADDH de Noureddine Benissad se sont regroupés dans ce qu’ils ont appelé l’Alternative démocratique et ont élaboré une plateforme commune résumant leurs positions et leur vision de sortie de crise. Ils ont rendu publiques leurs propositions de sortie de crise lors d’une conférence tenue le 26 juin.

De son côté, le pôle des forces du changement, regroupé autour du parti de Ali Benflis et renforcé par l’adhésion du parti de Abdallah Djaballah et la contribution de quelques figures politiques connues, a tenu une conférence nationale du dialogue le 6 juillet et a rendu publique son initiative de sortie de crise. Bien qu’elles diffèrent selon le bord politique et l’appartenance idéologique, ces initiatives prônent la rupture avec le système actuel.

La voie menant à cette rupture change d’un bord à l’autre. Les forces de l’alternative démocratique veulent d’abord aller vers une Constituante, le pôle des forces du changement préfère créer les conditions nécessaires pour l’organisation d’élections libres et transparentes.

Ces deux blocs politiques sont d’accord sur une période de transition. Aussi, l’ensemble des forces en présence, qu’elles soient de la société civile ou des partis politiques, posent des préalables pour toute forme de dialogue, à commencer par «la libération des détenus d’opinion, la levée des contraintes et des pressions sur les partis de l’opposition, l’ouverture du champ médiatique, l’arrêt immédiat du dispositif répressif et de l’instrumentalisation de la justice et le départ du régime et de ses symboles».

En face, il y a un pouvoir qui tient coûte que coûte à sa feuille de route et qui refuse de parler de période de transition. De toutes les solutions mises sur la table, il considère que la tenue de l’élection présidentielle le plus vite possible est celle qui sied le mieux au contexte général du pays.

La seule concession qu’il a faite, c’est de confier l’organisation de cette élection à une autorité indépendante qui sera conçue, structurée et définie par les forces politiques et les animateurs de la société civile. Pour atteindre cet objectif, il mise sur le panel de médiation conduit par Karim Younès, ancien président de l’APN.

Bien qu’élargi, ce panel demeure rejeté par le mouvement populaire et par nombre de partis et d’organisations qui étaient derrière les différentes initiatives de sortie de crise.

En s’entêtant à vouloir imposer sa feuille de route, le pouvoir court le risque d’hypothéquer toute chance de sortir le pays de cette crise qui va en s’aggravant. En se montrant intransigeant sur le retour rapide aux urnes, après deux rendez-vous électoraux manqués, le pouvoir produit l’effet inverse au sein de la société et de la classe politique et retarde, par conséquent, le règlement de cette crise.


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