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Ses hommes de confiance et ses collaborateurs défilent devant les tribunaux : Bouteflika sera-t-il jugé ?

17 juin 2019 à 10 h 35 min

La «bande» extraconstitutionnelle est en train d’être démantelée à un rythme qui donne le vertige. Mais pour la révolution populaire qui a précipité sa descente aux enfers, il manque à la liste l’élément essentiel, son «chef»… Passera-t-il à son tour devant les juges ?

Depuis qu’il a été dépossédé de son 5e mandat, Abdelaziz Bouteflika est entré dans une phase d’hibernation qui ne laisse pas les Algériens indifférents. Trop de questions sont posées à son propos. Où se trouve-t-il actuellement et pourquoi le pouvoir militaire entretient-il le secret sur sa personne ? Son état de santé s’est-il encore dégradé ? A-t-il été évacué vers un pays étranger, comme l’a soutenu la rumeur ?

Mais l’interrogation principale, qui tourne au niveau du hirak et qui alimente de plus en plus le débat public, a trait au fait que le Président déchu a été jusque-là complètement ignoré par la justice, alors que sa responsabilité directe dans la situation de déliquescence que connaît le pays est engagée.

Il y a, dit-on dans les milieux politiques, comme un hiatus à constater son absence dans le processus judiciaire entamé, alors que celui-ci est présenté à l’opinion publique comme une démarche intransigeante – une opération mains propres – de laquelle aucune concession n’est permise, même quand on a la qualité de chef d’Etat. 

Ainsi, alors que le silence est observé au plus haut niveau de la hiérarchie du pouvoir sur le sort qui serait éventuellement réservé à l’ancien premier magistrat, et alors que la magistrature elle-même ne semble pas vouloir s’autosaisir pour faire venir Bouteflika à la barre, des voix de plus en plus pressantes montent des cercles politiques et de la société civile pour réclamer des poursuites légales contre celui qui est considéré comme le «chef de bande» patenté, auquel tous les ministres et toutes les personnalités qui ont été traînés devant les tribunaux, avec emprisonnement pour nombre d’entre eux, devaient obéissance et soumission. C’est une lapalissade de dire que c’est Bouteflika qui régnait en maître absolu sur toutes les institutions et le personnel qui les faisait fonctionner, à commencer par le gouvernement.

Détenteur de tous les pouvoirs de décision, plus qu’un monarque, le Président despote a été le maître d’œuvre du phénomène de la corruption qui a gangrené les rouages de l’Etat, avant de passer le relais à son frère quand il fut victime d’un AVC. Mais même en fauteuil roulant, il continuait son travail de sape jusqu’à pourrir la société et la rendre totalement inopérante, notamment sur le plan économique.

Bouteflika, qui sera jugé par l’Histoire pour avoir abusé de la confiance du peuple algérien, pour avoir surtout livré le pays à la rapine et à la médiocrité, est donc un sérieux sujet de préoccupation populaire tant que son avenir judiciaire ne sera pas clarifié. C’est un message qui est envoyé à l’institution militaire pour lui faire prendre ses responsabilités au moment où elle cherche à crédibiliser son action devant les masses.

AGS ira-t-il jusqu’au bout de son entreprise pour démontrer que nul n’est précisément au-dessus de la justice et que tous ceux qui ont violé la loi et versé dans les malversations devront répondre de leurs actes ? L’exemple égyptien est à ce propos tout indiqué pour ouvrir la voie à une justice réellement indépendante et qui tient par dessus tout à sa crédibilité. Si Moubarak a été présenté dans une civière devant les juges, il n’y a aucune raison, laisse-t-on entendre pour que Bouteflika ne subisse pas la même épreuve dans son fauteuil roulant.

Sinon l’opinion publique croirait que le potentat déchu aurait bénéficié d’un deal qui le protégerait d’une poursuite judiciaire normalement inéluctable. Et serait forcée de céder encore à la rumeur qui le donnerait en exil dans un pays du Golfe, en l’occurrence celui des Emirats arabes unis où il a des attaches solides auprès de ses souverains.

Ce qui est sûr en tout cas, c’est que Bouteflika a émis le vœu de partir dans ce pays où il aurait construit un somptueux palais à Dubaï et que la réponse du pouvoir algérien a été négative, prétextant ne pas disposer d’un avion médicalisé pour son transfert. Ce pays arabe, qui a tenu à l’accueillir, est revenu à la charge en mettant à sa disposition un gros porteur en conséquence, mais le niet des Algériens est toujours maintenu. Faut-il penser que ce refus de le laisser partir à l’étranger pourrait être considéré comme une «mise en réserve» pour une éventuelle inculpation ? Tout reste possible. 


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