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Sa visite est prévue le 6 décembre prochain : Ces Algériens qui ne veulent pas de MBS…

26 novembre 2018 à 11 h 20 min

L’annonce de la visite à Alger du prince héritier d’Arabie Saoudite, Mohammad Ben Salmane, alias MBS, a suscité des réactions d’hostilité. Le prince saoudien concentre les mêmes critiques : sa responsabilité dans la guerre au Yémen et ses conséquences humaines désastreuses et les fortes présomptions sur son implication dans l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi dans le consulat de son pays en Turquie.

La première salve est venue du président du MSP, Abderrezak Makri, qui a estimé, samedi 24 novembre, en marge d’une activité de son parti, que les «conditions actuelles» ne permettent pas de recevoir MBS. «Il est responsable de la mort de beaucoup d’enfants au Yémen, de prédicateurs et d’intellectuels et de l’assassinat, à la façon de Daech, du journaliste Jamal Khashoggi», recense-t-il, estimant qu’«accueillir le prince héritier durant cette période n’est favorable ni à l’image de l’Algérie ni à sa réputation».

Le Forum social algérien (FSA) a lancé, hier, un appel pour «dire non à la visite du prince héritier, condamner l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi et réclamer justice».

«Nous proclamons (…) que l’Algérie, pays hôte et refuge de révolutionnaires des causes justes, tels que Patrice Lumumba, Yasser Arafat et Nelson Mandela (…) ne pourrait donner place au dictateur et criminel qu’est le prince héritier Mohammad Ben Salmane», précise le communiqué, signé par le comité de coordination du FSA.

Une pétition a été lancée pour dire «non à la visite de MBS, le prince Mohammad Ben Salmane, au pays des 1,5 million de martyrs». «Simplement parce que les circonstances ne s’y prêtent pas», estime son initiateur, Nacer-Eddine Tatem Boukhar. «L’objectif de ce voyage est de s’innocenter de graves faits, dont les guerres…

Et parce qu’il n’est pas légitime, surtout pour représenter un pays qui a souvent montré de l’arrogance, même au temps de notre souffrance face au terrorisme. L’héritier le plus en vue du trône pour être le futur gardien des Lieux Saints de l’islam avait montré un visage de réformiste.

Mais il est poursuivi d’une ombre fallacieuse. Elle est encore indéchiffrable, car il est jeune et des faits récents en disent long sur les méthodes criminelles de son pays.

A cause des nombreuses victimes qui, comme nos frères du Yémen, doivent ressentir notre solidarité d’Algériens dignes de songer à leur vulnérabilité. Les autorités algériennes sont interpellées pour ne pas convenir à des crimes non encore élucidés», tranche le rédacteur de la pétition, qui a récolté, jusqu’à hier, quelque 2500 signataires.

Les internautes algériens ont redoublé d’ingéniosité pour commenter la visite de celui qui a pris, depuis l’affaire du consulat d’Ankara, un autre sobriquet : «Abou Menchar». «Le roi Abou Menchar, sponsor n°1 de tous les Abou Marto, vient nous rendre visite, mais on ne sait toujours pas qui est la tête de nœud qui l’a invité», s’alarme l’activiste Amira Bouraoui sur sa page Facebook.

«Après Abou Marto est venu le temps de Abou Menchar !» signale un internaute, faisant allusion à l’individu qui a saccagé au marteau la statue de Aïn El Fouara. Des internautes ont lancé le hashtag #MBSn’estpaslebienvenu.

Les journalistes algériens ne sont pas en reste pour dénoncer la visite du prince saoudien. La directrice d’El Fadjr a écrit sur sa page Facebook : «Ben Salmane vient distribuer le sang des enfants du Yémen aux gouvernants et les compromettre dans ses crimes.

Le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, nous insultera-t-il en le recevant après la chute du prix du pétrole ?» Toujours perspicace, le chroniqueur du Soir d’Algérie, Hakim Laalam, lancera, lui aussi, sur sa page Facebook : «Non merci ! Nous avons déjà dépassé notre quota de bouchers ! Kamel El Bouchi and Co !» 

Les autorités algériennes ont condamné, hier, le meurtre de Khashoggi, tout en exprimant leur «conviction» que la justice saoudienne saura faire la lumière dans cette affaire. Mohammad Ben Salmane a entamé le 22 novembre aux Emirats arabes unis une tournée qui le conduira en Egypte, au Bahreïn, en Tunisie et en Algérie. Il doit aussi se rendre en Argentine pour assister au sommet du G20.


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