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Résolution du parlement européen : La scène politique bousculée

01 décembre 2019 à 10 h 30 min

Le hirak a plutôt ignoré, avant-hier, lors du 41e vendredi, la résolution du Parlement européen, adoptée jeudi dernier, condamnant «fermement les arrestations arbitraires et illégales ainsi que l’emprisonnement, les attaques et les intimidations de journalistes, syndicalistes, avocats, étudiants, défenseurs des droits de l’homme et de manifestants pacifiques qui prennent part aux manifestations du hirak».

Le seul nouveau slogan scandé en chœur par les marcheurs était destiné au pouvoir en place qui, pour beaucoup, tente d’utiliser cette «affaire» pour faire naître le doute chez les manifestants du mouvement populaire, ou du moins une partie d’entre eux. «Matkhawfounach bel ouchria, hna rebatna miziria !» (Vous ne nous faites pas peur avec la décennie noire, nous avons grandi dans la misère), ont-ils crié plus d’une fois.

Bien évidemment, il va sans dire que les manifestants dénoncent toute ingérence étrangère dans les affaires internes et ils l’ont exprimé à maintes reprises. Mais l’«agitation» qu’ont provoquée les soutiens du pouvoir en place autour de cette question – comme ce fut le cas hier avec la marche organisée par la centrale syndicale – a fait que les uns et les autres y voient de la «manipulation».

Sur les réseaux sociaux, des internautes évoquent même un «service rendu» par le Parlement européen au pouvoir algérien. De plus, beaucoup signalent le «deux poids, deux mesures» adopté par les responsables algériens lorsqu’il s’agit des déclarations des gouvernements étrangers à propos de la situation du pays.

Celles favorables au processus électoral en cours sont, par exemple, largement répercutées. «Certains condamnent la résolution du Parlement européen mais accueillent avec enthousiasme les déclarations de soutien de certains gouvernements européens à propos de l’élection du 12 décembre», a indiqué Saïd Salhi, vice-président de la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH).

Tout en réaffirmant son attachement à la souveraineté nationale et son rejet de toute ingérence, celui-ci fait remarquer néanmoins qu’«il n’y a pas de place pour la souveraineté nationale sans le respect de la volonté et de la souveraineté du peuple».

Ainsi, la mise en branle des partis dits du pouvoir, des organisations habituées à le soutenir sous quelques conditions que ce soit et des médias acquis à ses thèses a probablement fait que le hirak y a vu une «manœuvre» destinée à l’affaiblir. Ce même hirak qui n’avait pas hésité à dénoncer, lors du 36e vendredi, le chef de l’Etat par intérim, Abdelkader Bensalah, qui avait la veille, en marge du sommet Russie-Afrique qui se tenait à Moscou, assuré au président russe, Vladimir Poutine, que la situation en Algérie était «sous contrôle».

De même, nombre de partis politiques de l’opposition ne se sont pas attardés sur l’adoption de cette résolution par le Parlement européen, alors que d’autres, avec certaines personnalités politiques, l’ont fait mais en évoquant la responsabilité du pouvoir en place dans cette situation.

C’est ainsi que, tout en affirmant que «c’est une affaire interne à l’Algérie» et que «jamais un pays étranger n’a aidé un peuple pour une véritable transition démocratique», l’avocat et défenseur des droits de l’homme, Mustapha Bouchachi, a indiqué que «c’est le régime, en essayant de donner des rapports à des pays étrangers, qui a commencé à exposer la situation algérienne à l’étranger».

Le président du Mouvement de la société pour la paix (MSP), Abderrazak Makri, a estimé pour sa part que «les grandes puissances interviennent toujours pour leurs intérêts et ne se soucient guère des libertés et de la démocratie». Selon lui, «la seule force qui puisse empêcher l’ingérence étrangère c’est le peuple libre, à la volonté libre et qui exprime sa voix librement et sans fraude».

Les formations politiques ayant décidé de ne pas accorder d’importance à cette polémique au sujet de l’«ingérence étrangère» se comptent principalement parmi celles qui n’ont cessé de dénoncer les atteintes et restrictions aux libertés, des griefs cités justement dans la résolution du Parlement européen.

En somme, si l’ingérence étrangère est globalement dénoncée par tous les acteurs de la scène politique et même du hirak, il n’en demeure pas moins que la position du pouvoir – apte à chaque fois à aller chercher des soutiens ailleurs et à se féliciter des déclarations des gouvernements étrangers qui vont dans son sens – est sujette à critique. Une politique de «deux poids deux mesures» qui fait que beaucoup d’Algériens n’adhèrent plus aux campagnes «organisées» de dénonciation de ces «ingérences».


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