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Recueil des 60 000 signatures de parrainage : Les candidats à la présidentielle face à la première épreuve

23 janvier 2019 à 11 h 30 min

Ils ont 45 jours pour collecter 60 000 signatures d’électeurs ou 600 d’élus, à travers au moins 25 wilayas, pour valider leur candidature au scrutin présidentiel du 18 avril prochain. L’exercice peut paraître simple pour un parti politique qui compte déjà des élus, mais reste difficile, voire complexe, pour les formations n’ayant pas une assise populaire et encore plus pour les candidats libres.

Rachid Nekkaz, par exemple, semble avoir «bien appris la leçon» de l’élection présidentielle de 2014, en préparant sa candidature, en se faisant aider par «trois constitutionalistes». Avec des correspondants dans les 48 wilayas, il compte faire le plein des signatures avant l’expiration du délai. «En quelques heures, j’ai déjà reçu 650 signatures», note-t-il.

Et d’expliquer : «Ma stratégie c’est de faire en sorte que mes correspondants se mettent aux alentours des sièges d’APC pour faire la promotion de ma candidature, susciter l’intérêt pour celle-ci et obtenir la signature à la fin, qui sera légalisée sur place et renvoyée au bureau de ma permanence à Alger.

J’avais préparé le terrain pour cette opération bien avant à travers mes visites aux wilayas, mes périples à pied dans certaines régions et mes sorties lors des différents événements médiatisés. Beaucoup d’Algériens me connaissent et me soutiennent et la majorité d’entre eux sont des internautes qui suivent toutes mes activités.» Rachid Nekkaz se déclare «satisfait» du déroulement de cette opération, même si «certaines mairies», précise-t-il, lui «ont refusé» de légaliser les formulaires, citant le cas de l’APC de Aïn Berrad (dont il est originaire), à Chlef. «L’élection présidentielle de 2014 m’a servi de leçon pour mieux m’organiser. Cette fois-ci, la procédure a été plus facile pour moi.

En moins de 24 heures, j’ai déjà reçu 545 signatures. Je réponds à toutes les conditions de candidature. Si les mairies FLN ne me mettent pas de bâtons dans les roues, j’aurai plus de 60 000 signatures. Je serai candidat, parce que j’ai des preuves que j’ai résidé durant les dix dernières années en Algérie, et mon mariage avec mon épouse qui est étrangère, est religieux et non pas civil.»

N’étant pas connu du grand public, le général-major à la retraite Ali Ghederi, qui, souligne-t-il, appréhendait sérieusement cette étape, se déclare surpris de la réaction des citoyens. «Je n’avais vraiment pas d’idée sur la logistique qu’il fallait mettre pour collecter autant de signatures, surtout que je n’ai pas de partis politiques ou d’organisations derrière moi. Dès que j’ai annoncé ma candidature, des citoyens ont surgi des quatre coins du pays pour me donner la solution. Avec les amis qui me soutiennent, ils se sont chargés de prendre les formulaires pour les faire signer rapidement dans de nombreuses wilayas du pays.

Par exemple, à Oran où je ne connaissais pas beaucoup de monde, j’ai été ébahi par ces jeunes qui se sont portés volontaires pour m’aider. Je n’ai pas eu de mal à distribuer les 60 000 formulaires à des citoyens qui étaient vraiment engagés dans la collecte des signatures.

Il y a un engouement, un engagement et bien plus chez les Algériens. Au plus tard, d’ici la semaine prochaine, commencera le retour de formulaires», souligne le candidat à la candidature Ali Ghederi. Toutes ses appréhensions et ses craintes se sont, d’après lui, volatilisées. «J’avais très peur de la réaction de l’administration. Mais ma surprise était totale, lorsque je suis allé retiré les formulaires.

J’ai été très bien reçu et tout était bien organisé. Il n’y a rien à dire. Pour moi, cette étape se déroule très bien. Après, il faudra attendre la suite», déclare notre interlocuteur.

La difficulté de collecter les signatures n’est pas propre aux candidats libres, mais également à ceux appuyés par des partis politiques n’ayant pas une grande assise populaire et surtout, si ces candidats ne sont pas suffisamment médiatisés. Il en est ainsi de Fethi Gheras, candidat du MDS (Mouvement démocratique et social), qui commence par planter le décor : «Il est très difficile de faire signer les formulaires dans un contexte de démobilisation, marqué par un climat politique délétère, où tout est fait pour éloigner les citoyens de la vie politique».

Dans une telle situation, comment Fethi Gheras peut-il collecter les signatures ? La réponse est la suivante : «Nous comptons beaucoup sur nos militants, mais aussi sur les citoyens, parce que je considère que je suis le candidat du peuple. Faire campagne pour une candidature est un acte de citoyenneté.

Mon emblème est la réhabilitation du combat politique. Pour moi, il s’agit de relever un défi. Raison pour laquelle, dans l’appel que j’avais fait, j’ai exhorté tous les Algériens, y compris les militants des autres partis, qui sont d’accord avec mes principes, de participer à nos efforts.» Pour ce qui est de la logistique, Gheras se déclare «très confiant». «Nos militants et beaucoup de citoyens sont en train de collecter les signatures dans les wilayas. Les échos qui nous arrivent sont favorables. Nous pourrons terminer cette opération dans les délais», dit-il.

Plus à l’aise que Fethi Gheras, le candidat du Front El Moustakbal, le Dr Abdelaziz Belaïd, n’a même pas besoin d’aller racler le gisement de signatures des électeurs, puisqu’il a celles des 600 élus de son parti. Raouf Maamri, son chargé de communication et membre du bureau national, trouve néanmoins que «les signatures des électeurs sont très importantes pour le parti, parce qu’elles permettent de mesurer la température, une sorte de sondage préélectoral.

Dès dimanche dernier, les formulaires ont été envoyés à nos bureaux dans les 48 wilayas. Nous étions bien préparés. Il y a une semaine, nous avions regroupé les étudiants pour les sensibiliser sur cette opération, et beaucoup sont engagés dans la logistique. L’opération se passe très bien et nous aurons les 60 000 signatures haut la main, vu l’engouement des Algériens et le soutien qu’ils apportent au candidat de notre parti, un jeune médecin, qui prône la véritable rupture».

Visiblement, la collecte des signatures ne semble pas un exercice difficile aussi bien pour les partis que pour les candidats libres. Ceux qui s’y sont préparés comptent beaucoup sur cette volonté acharnée des Algériens à aller rapidement vers une rupture avec le système. Les autres iront chercher les paraphes ailleurs, en passant par des alliances, des services rendus et autres procédés contraires à l’éthique et la morale, souvent décriés mais jamais sanctionnés.


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