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Accord douteux entre Air Products et Sonatrach

Ould Kaddour au cœur d’un autre scandale

23 mars 2021 à 10 h 50 min

L’affaire du contrat conclu par Sonatrach avec Air Products, une entreprise américaine leader mondial dans les gaz industriels, ressemble à bien des aspects à celle de l’acquisition par l’Algérie de la raffinerie d’ExxonMobil implantée en Italie. C’est à l’automne 2018 qu’Air Products et Sonatrach annoncent des contrats d’investissement en Algérie. Ils portaient sur l’approvisionnement en hélium et la création de deux nouveaux sites de séparation des gaz de l’air.

Novembre 2018, Abdelmoumen Ould Kaddour, Pdg de Sonatrach, était encore en poste. Après une étonnante et curieuse réhabilitation suite à la grave affaire BRC, qui lui avait coûté un long séjour à la prison militaire de Blida, il revient aux affaires pour commettre l’irréparable à Sonatrach.

A cette date, Ould Kaddour s’apprêtait déjà à commettre la catastrophe Augusta en rachetant une vieille ferraille auprès de l’américain ExxonMobil à un prix défiant toute concurrence et dans des conditions contractuelles gravement désavantageuses pour l’Algérie.

La transaction cache encore des secrets. Mais Augusta s’avère n’être qu’une affaire parmi d’autres pour Ould Kaddour, visiblement excellent collectionneur de scandales.

Les contrats avec Air Products, une entreprise américaine, leader mondial dans les gaz industriels, ressemble à bien des aspects à l’acquisition de la raffinerie d’ExxonMobil. Un scandale à 200 millions de dollars. C’est en automne 2018 qu’Air Products et Sonatrach annoncent des contrats d’investissement en Algérie.

Ils portaient sur l’approvisionnement en hélium et la création de deux nouveaux sites de séparation des gaz de l’air. Selon le communiqué de presse des deux partenaires, toujours disponible sur le site web d’Air Products, «grâce à ce partenariat, Sonatrach va récupérer l’hélium de ses deux usines GNL (GL1Z et GL3Z) existantes, pour approvisionner l’usine d’hélium liquide d’Helios à Arzew. Ce site figure parmi les sources majeures d’hélium d’Air Products dans le monde et cet apport supplémentaire de matière première va permettre d’accroître encore le volume de gaz liquide produit par l’usine de la joint-venture».

«Le potentiel de production d’hélium en Algérie est significatif grâce à son industrie de gaz naturel et à ses sites de liquéfaction», commentait, alors, Walter Nelson, vice-président et directeur général monde pour l’hélium chez Air Products, qui, en se félicitant de l’accord, soutenait que «relier l’usine d’Helios aux autres sites de GNL de Sonatrach à Arzew montre une nouvelle fois comment l’exploitation du potentiel en hélium de l’Algérie peut contribuer à diversifier encore notre supply chain et améliorer la fiabilité de nos livraisons à nos clients d’Afrique et d’Europe».

Le contrat signé entre Air Products et Sonatrach portait également, indique la même source, sur la conception et la construction deux nouvelles unités de séparation des gaz de l’air en Algérie, et Helios en serait le propriétaire et l’exploitant.

La première est prévue à Hassi Messaoud tandis que la seconde sera installée à Arzew. Et une fois en service, elles produiront de l’azote, de l’oxygène et de l’argon, qui seront commercialisés et distribués sur les marchés algérien et maghrébin par Cogiz, filiale de Sonatrach. Mais trois ans après, cet investissement vanté pompeusement par les responsables de l’époque n’a pas été concrétisé sur le terrain.

Selon des sources dignes de foi, les deux unités de production en question ont certes été livrées et acheminées en Algérie, il y a de cela deux mois, mais ont été déclarées non conformes par les experts de Sonatrach eux-mêmes. Le matériel serait importé de Chine. Le projet est-il compromis ? On n’en sait rien encore.

Ce qui est sûr, c’est que la énième «bourde» d’Ould Kaddour fait jaser à Sonatrach, qui se retrouve encore lésée dans un autre scandale. Pendant ce temps, Air Products a déjà empoché les 200 millions de dollars, le prix des deux unités de production que les experts considèrent exorbitant.

Leur valeur réelle, affirment ces derniers, ne dépasse pas les 35 millions de dollars l’unité. Pas seulement, les clauses du contrat signé avec Air Products sont plus avantageuses pour ce dernier que pour Sonatrach à travers ses deux filliales Hélios et Cogiz.

L’accord imposé par l’ancien Pdg de Sonatrach, Abdelmoumen Ould Kaddour, offrait la part belle au partenaire américain, déjà en contrat avec Hélios selon la règle 51/49.

Air Products a édicté, selon nos sources, ses propres règles à Sonatrach, qui paye 100% de la production (take or pay), avec une bonification obligatoire de 1 million de dollars par mois, que les unités soient en activité ou à l’arrêt. Plus que cela, le contrat, conclu de gré à gré faut-il le préciser, contient une clause qui exige que toute la production soit dirigée à l’exportation.

Pourquoi Ould Kaddour avait-il imposé la signature d’un tel contrat ? Serait ce «pour faire plaisir» à son fils Mohamed Nazim, employé d’Air Products ? Une chose est sûre, son passage à la direction de la compagnie nationale des hydrocarbures a été dévastateur.

Dans le discours, «ces projets de production des gaz industriels avec un partenaire de renommée internationale s’inscrivent dans notre stratégie de diversification des activités de Sonatrach et qui permettront de mieux valoriser nos ressources et sécuriser nos besoins en gaz industriels à des coûts compétitifs». Dans la réalité, ce sont 200 millions de dollars qui sont partis en fumée. 


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