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mercredi, 13 novembre, 2019
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Marches et boycott des tribunaux jeudi prochain par les avocats : «libérez les détenus d’opinion»

09 juillet 2019 à 10 h 35 min

Les nombreuses interpellations, arrestations, poursuites judiciaires pour délits d’opinion et incarcération de manifestations durant les marches pacifiques du vendredi continuent de susciter les craintes mais aussi des condamnations.

Très inquiets pour l’état de la justice et particulièrement sur les menaces qui pèsent sur le droit à la défense, les avocats – à travers les conseils des barreaux du pays – ont pris part, samedi dernier, à une assemblée générale extraordinaire convoquée par l’Unba (Union nationale des barreaux d’Algérie), qui s’est achevée avec une déclaration finale, rendue publique hier, dans laquelle ils ont dénoncé toutes les atteintes ou restriction de la liberté d’expression, de manifestation et de circulation et condamné toutes les arrestations et les détentions de manifestants qui, selon eux, constituent «une violation caractérisée des droits et libertés». A ce titre, l’Union des avocats s’est déclarée «disposée, dans le cas où elle est sollicitée», à déposer plainte contre «les dépassements dont ont fait l’objet les manifestants».

A ce titre, l’assemblée générale de l’Unba a demandé «la libération de tous les détenus d’opinion et la constitution d’un collectif de défense pour les défendre et défendre également tous les participants aux marches pacifiques» emprisonnés. Dans ce cadre, elle a pris la décision de boycotter, jeudi prochain, les activités de toutes les juridictions (tribunaux et cours) et d’exprimer la protestation des robes noires le même jour à travers des marches au niveau régional, à Alger, Oran et Annaba.

Rappelant le rôle des avocats qui consiste à protéger et à préserver les droits de l’homme, «à faire respecter le principe de l’Etat de droit en vertu de l’article 2 de la loi portant statut de la profession et que celle-ci est un partenaire de la justice, les robes noires ont estimé que la lutte contre la corruption est une des missions pérennes de la justice. Elle ne doit pas obéir à la logique des conjonctures ou des campagnes. L’indépendance de la justice est la véritable garantie des droits et des libertés. De ce fait, la justice doit s’attacher à son indépendance et la préserver, de même qu’elle doit respecter l’engagement qu’elle a exprimé au peuple algérien, après le 22 février, à ne pas succomber aux pressions quelles que soient leurs sources parce que la justice est une valeur humaine, elle doit se caractériser par la sérénité pour la préservation et la protection des droits et libertés en toute indépendance».

L’assemblée générale de l’Union des barreaux a demandé, par ailleurs, l’amendement de la loi portant statut des magistrats «pour garantir l’indépendance» de la justice et la réforme du statut du Conseil supérieur de la magistrature, «afin qu’il soit présidé par le 1er président de la Cour suprême, lui-même devant être élu, et qu’il comporte dans sa composante des membres de l’Union des barreaux».

Tout en réclamant le respect du droit à la présomption d’innocence, l’Union a condamné toutes les formes de pression et de poursuites dont font l’objet les avocats dans l’exercice de leurs fonctions, et annoncé qu’elle adoptera, à ce titre, des positions strictes à l’avenir et appelé «l’ensemble des composantes de la société, de la classe politique, les forces vives et les compétences nationales à revoir la feuille de route et à reprendre langue avec le dialogue pour résoudre la crise que traverse le pays».

S’exprimant à propos de la contestation populaire, l’Union a réitéré ses positions de soutien aux revendications pour un changement de régime et l’instauration d’une nouvelle République basée sur l’Etat de droit, le respect de la souveraineté populaire, tout en décidant de mettre en place une cellule de crise chargée de suivre le développement des événements.

C’est la première fois que l’Union des barreaux d’Alger convoque une assemblée générale extraordinaire consacrée exclusivement aux violations des droits et libertés des manifestants, avec une condamnation claire de ces actes et une demande expresse de mise en liberté des manifestants et des détenus d’opinion incarcérés. 


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