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Les manifestations de rejet du 5e mandat se multiplient : Une précampagne sous tension

20 février 2019 à 11 h 30 min

Les faits qui se sont déroulés hier dans la ville de Khenchela renseignent sur l’état d’esprit de la rue, à quelques semaines de la clôture des délais légaux de dépôt de candidatures à la présidentielle 2019.

Avant Khenchela, les villes de Kherrata dans la wilaya de Béjaïa, celles de Jijel et de Bordj Bou Arréridj ont connu des manifestations, où il a été fermement question du rejet populaire d’un 5e mandat pour Bouteflika.

Dans les prochains jours, ce vendredi 22 février et le 24 du même mois, sont prévues des manifestations de protestation contre cette envie de rempiler du Président qui, depuis son annonce, a donné un coup d’accélérateur aux événements.

Des voix s’élèvent aujourd’hui, de plus en plus nombreuses, pour avertir contre les dangers d’éventuels dérapages de la situation d’ici la date fatidique du scrutin, le 18 avril prochain.

L’expérience apprend que la montée en cadence de la tension est imprévisible, d’autant que le pouvoir politique semble foncer tête baissée sur l’objectif de maintenir Bouteflika à El Mouradia.

Hier à Khenchela, le post Facebook franchement belliqueux du président de l’APC (FLN) affirmant un soutien inconditionnel à Bouteflika et hostilité ouverte à tous les autres candidats a fait se rassembler des centaines de citoyens devant le siège de la municipalité.

Ils ne se sont pas contentés de la bravade de se démarquer publiquement de la passion de l’édile local pour l’actuel Président, mais ont exigé que son portrait géant, tapageusement tendu sur la façade de l’APC, soit séance tenante enlevé.

La symbolique est forte et signe la première abdication des soutiens survoltés de l’aspirant au cinquième quinquennat devant le rejet populaire.

Elle rappelle également des scènes vécues dans ces pays où personne n’avait vu souffler les primes vents de ce qui a été appelé le Printemps arabe avec les suites chaotiques que l’on sait.

L’arrogance avec laquelle les promoteurs du 5e mandat ont lancé leur campagne, au-delà du pari fou de porter à la candidature un homme que les Algériens n’ont pas entendu parler ni vu marcher depuis de longues années, est en train de se retourner contre ses initiateurs.

Hier, le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales a sorti l’argumentaire des ennemis du pays qui veulent cette fois «gâcher la fête de l’élection présidentielle».

Il a averti plus loin que l’Etat est bien décidé à user de ses moyens pour leur faire barrage, avec un menaçant et ambigu : «Attention, nous sommes bien ancrés dans les institutions.» Difficile de ne pas comprendre que la mise en garde du premier policier du pays s’adresse au manifestant de Bordj ou de Khenchela, car jusqu’à l’heure, aucune voix ne s’est engagée à gâcher «la fête de l’élection présidentielle».

Ces mises en garde, qui font suite à celles du chef d’état-major de l’armée, la semaine dernière, disent bien que la précampagne ne se déroule pas tout à fait comme l’avaient souhaité les autorités, qui, en l’occurrence, ont assumé de muer en comité de soutien institutionnel à la «continuité» par et pour Bouteflika.

A Khenchela, les autorités de wilaya ont dû faire les pompiers et seraient intervenues rapidement pour freiner la ferveur déplacée du maire provocateur et prévenir des réactions plus vives de la population.

Même si elles demeurent pour l’heure pacifiques et sans autre prétention que de marquer le rejet spontané d’un 5e mandat, les manifestations risquent de glisser vers la confrontation, si la machine répressive du pouvoir se mettrait en action.

Et le pouvoir préfère aujourd’hui laisser s’exprimer ces attroupements isolés en attendant de voir ce que vont charrier les prochains jours en événements.

D’autres rendez-vous test, nationaux quant à eux, sont posés en effet comme l’appel (anonyme) à la protestation ce vendredi 22 avril et les rassemblements auxquels appelle le mouvement Mouwatana, deux jours après.

Les deux mois qui séparent du soir du 18 avril risquent d’être longs et éprouvants pour les partisans de Bouteflika et pour toute l’aventure du 5e mandat.

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