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mercredi, 23 octobre, 2019
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Les initiatives se multiplient pour amener le pouvoir à négocier : L’urgence d’une solution politique

03 juillet 2019 à 10 h 26 min

Ultimes manœuvres des apparatchiks du régime pour tenter de sauver le système ! En s’employant à retarder ou à rendre impossible l’amorce d’une véritable transition devant donner lieu à l’avènement de la République démocratique, ils créent les conditions extrêmes d’une évolution périlleuse des événements en cours dans le pays.

L’Algérie, qui entame son cinquième mois d’insurrection citoyenne, s’installe dans un climat pour le moins tendu et inquiétant. L’opposition démocratique n’hésite pas à parler d’un climat de «terreur». Le terme est aussi fort que la psychose qui domine les esprits en raison du retour en force des rafles de militants pacifiques et sur lesquels pèsent de lourdes accusations. D’évidence, le pays qui a vécu de longues semaines d’euphorie depuis l’historique journée du 22 février est subitement saisi d’une vive tension.

Les millions d’Algériens qui se sont dressés contre le système en réussissant à démanteler quelques-unes de ses pièces redoutent que leur révolution démocratique soit confisquée par les rescapés du règne de Bouteflika. Face à la forte pression populaire massive, le pouvoir apparaît comme incapable d’imaginer de nouvelles solutions à la hauteur des exigences du moment. Moins inspiré, sans perspective et surtout sans alliés politiques, il bloque toutes les démarches qui émanent des partis politiques, de la société civile et des personnalités indépendantes, toutes aussi légitimes que crédibles.

Avec une aveugle opiniâtreté, il s’arc-boute sur un schéma constitutionnel complètement délabré, dépassé et surtout source d’impasse. Toutes les mesures prises ne sont pas pour ramener de la sérénité, encore moins à faciliter le rapprochement des vues et des positions. La judiciarisation dans son versant uniquement répressif de la vie politique pousse à la crispation. Signe d’absence de volonté sérieuse d’ouvrir les portes de la négociation.

D’autant que le tout-répressif est accompagné d’un discours aussi belliqueux que propagandiste. Et tous les agissements cherchant à diviser les rangs d’un peuple réuni à coups de vils procédés, honteuses persécutions et autres vindictes contre des «ennemis» imaginaires mettant en péril «l’unité de la nation» relèvent plus de la ruse que de la stratégie politique. Alors que la forte et longue zone de turbulences que traverse le pays recommande de la hauteur de vue, de la lucidité politique, mais surtout de la capacité de dépassement des calculs politiciens de courte durée.

Incarné par le chef d’état-major Ahmed Gaïd Salah en première ligne depuis la déposition de Abdelaziz Bouteflika, le pouvoir est devenu au fil des semaines insurrectionnelles une indépassable force de blocage. Ce n’est plus la grande muette, mais une force sourde à la voix de la raison.

Pourtant, les initiatives politiques qui commencent à prendre corps avec des possibilités de convergences à construire favorisent plutôt la possibilité d’un compromis historique pour un nouveau contrat politique et social. Les élites politiques et sociales adossées aux Algériens qui ne se lassent pas de poursuivre la mobilisation se posent en alternative en mesure d’assumer leurs responsabilités.

Elles ne sont pas dans une posture bloquante. Redoublant d’efforts intellectuels et politiques et en s’inspirant des principaux mots d’ordre des mobilisations populaires, elles s’emploient activement à rechercher des issues à la crise du pouvoir. Une crise qui va en se complexifiant à mesure que la fatidique date du 9 juillet approche. En l’absence de gestes politiques forts capables de redonner confiance, le pouvoir se retrouvera dans la même situation qui avait caractérisé la semaine de dépôt de la candidature de Abdelaziz Bouteflika. Un passage en force qui a conduit au «crash» de l’appareil présidentiel.

Un grand saut dans le néant obscur. Au lendemain du 9 juillet marquant la fin légale de l’intérim assuré par Abdelkader Bensalah, l’Etat et son gouvernement seront plongés dans un vide constitutionnel. Et ce n’est sans doute pas une «fatwa» constitutionnelle bricolée de toutes pièces qui va conférer une quelconque légalité. Encore moins prolonger la durée de vie du régime. Mais avant cette date «fatale», intervient le rendez-vous historique du vendredi 5 Juillet. Les millions de manifestants voudraient en faire une occasion d’indépendance et d’émancipation d’un système qui a longtemps soumis par la force et la violence le peuple.

A la forte charge symbolique de la date, s’ajoute la détermination des Algériens à porter l’estocade. Un test décisif pour l’avenir de la Révolution démocratique, mais surtout une épreuve pour le pouvoir de se ressaisir. Le pays a plus que jamais besoin de sérénité politique pour mieux aborder avec l’ensemble des acteurs qui militent en faveur du changement démocratique l’étape future. Il est urgent de sortir de la conflictualité dominante. Et c’est au pouvoir d’envoyer des signaux forts pour mieux engager dans la confiance la période de passage vers un autre système de gouvernance.


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