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Les forces politiques plaident pour une transition : Le pacte des démocrates

27 juin 2019 à 10 h 30 min

Ils ont transcendé leurs différends pour s’asseoir autour d’une même table et tenter de trouver une solution à la crise que traverse le pays. Les forces progressistes se sont donné rendez-vous hier, au siège du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD).

Des partis politiques, plusieurs organisations syndicales et représentants de la société civile, ainsi que de nombreuses personnalités nationales et animateurs politiques ont pris part à cette rencontre de concertation et de dialogue initiée par des entités politiques exclusivement de la mouvance démocratique.

Tous ont dressé le même constat : l’Algérie vit une crise exceptionnelle et inédite d’où, selon eux, l’urgence d’aller vers des actions communes. Ils ont plaidé pour une transition démocratique et l’instauration d’un dialogue «sérieux».

Les leaders des partis qui se sont relayés à la tribune, notamment du RCD, FFS, PST, PT, PLD, UCP, MDS, et d’autres entités politiques, ont relevé la nécessité de s’entendre sur les mécanismes de cette transition démocratique pour la mise en place d’une nouvelle gouvernance. Il y a, selon eux, une prise de conscience chez les partis car l’enjeu est énorme : il s’agit de l’avenir du pays.

Les travaux de cette rencontre ont été sanctionnés par une résolution politique intitulée Pacte politique pour une véritable transition démocratique, et dans laquelle les rédacteurs ont dénoncé «les manœuvres du pouvoir dans l’unique espoir de mettre en échec la déferlante citoyenne et empêcher toute alternative politique crédible pour un changement démocratique radical». Aujourd’hui, d’après eux, le pouvoir réel est assumé et exercé entièrement par l’état-major de l’armée et l’interdiction de l’emblème amazigh dans les manifestations publiques et la judiciarisation de l’action politique en sont les preuves supplémentaires.

A l’unisson, les participants ont condamné et mis en garde contre de telles dérives qui visent à semer la division, la peur et la confusion. Pour eux, aucune négociation et aucune transition démocratique ne sont possibles sans la libération immédiate de tous les détenus politiques et d’opinion, la libération du champ politique et médiatique et l’arrêt immédiat des harcèlements judiciaires et menaces contre les citoyens, allant des militants des partis politiques, syndicalistes, journalistes…

«Des dérives qui visent à semer la division»

Ces entraves et dépassements ont été soulignés par les intervenants dans leur discours.
Mohcine Belabbas, premier responsable du RCD, est persuadé que c’est toujours «l’Etat profond» qui tient les rênes du pays. L’Algérie et ses institutions continuent, selon lui, à être dirigées par des «coups de téléphone». «Est-il possible d’organiser des élections avec une administration aux ordres, un gouvernement rejeté par la rue, une justice non indépendante et un code électoral qui favorise la fraude ?» s’est interrogé Belabbas. Pour lui, les acteurs progressistes doivent fédérer leurs rangs et contribuer collectivement pour l’amorce d’un dialogue sérieux avec une période de transition pour un changement réel.

De son côté, Ali Laskri, membre de l’instance présidentielle du FFS, a insisté sur la nécessité de «poursuivre la lutte démocratique pacifique pour engager le pays dans un véritable processus de transition».

Le représentant du PT, Djeloul Djoudi, a évoqué «l’urgence de mettre en place une Assemblée nationale souveraine, chargée d’élaborer une nouvelle Constitution à même de prendre en charge les préoccupations des citoyens et l’instauration d’un Etat de droit consacrant toutes les libertés».

Le peuple, explique-t-il, veut exercer sa souveraineté, mais il n’y arrive pas face au régime qui dresse des obstacles. Il a appelé, dans ce cadre, à «la libération de tous les détenus d’opinion, notamment la première responsable du PT, Louisa Hanoune».

Zoubida Assoul, première responsable de l’Union pour le changement et le progrès (UCP), rappellera la faillite du pouvoir et de ses institutions. L’oratrice dira qu’elle demeure persuadée qu’il y a nécessité d’aller «vers un dialogue regroupant l’ensemble des acteurs de la scène politique nationale, à travers des assises permettant de dégager une feuille de route commune de sortie de crise».

Pour atteindre cet objectif, Mme Assoul a plaidé pour des «garanties d’apaisement» de la part du pouvoir.

Le porte-parole du PST, Mahmoud Rachedi, a appelé, quant à lui, à un dialogue national devant déboucher sur «l’élection d’une Assemblée constituante souveraine, reflétant les aspirations populaires au changement, à la justice sociale et à l’équité».

Quant au coordinateur du MDS Fethi Gharas, il a affirmé que les partis, les associations et les personnalités nationales «ont une responsabilité historique dans cette phase déterminante pour l’avenir du pays».

Intervenant au nom de la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH), Me Noureddine Benissad a relevé que le pays vivait «une situation inédite, obligeant ainsi les partis, les associations, les organisations syndicales et les personnalités nationales à faire un grand travail de sensibilisation politique et de pédagogie pour parvenir justement à un Etat de droit consacrant toutes les libertés».

D’autres personnalités nationales et syndicalistes ont pris la parole pour exprimer leur opinion et formuler des propositions de sortie de crise. Le militant politique Djamel Zenati a affiché ses inquiétudes quant au danger qui guette le pays et décèle une volonté d’entraîner le pays vers le chaos. «La solution de sortie de crise doit émaner des Algériens», insiste-t-il, défendant l’idée d’une «transition sans institution de transition» et pour aller vers une solution.

Pour sa part, l’homme de loi Mokrane Aït Larbi note à propos de l’appel au dialogue lancé par le pouvoir que ce dernier ne veut dialoguer qu’avec lui-même. «On ne peut pas dialoguer avec un pouvoir qui interpelle des jeunes pour avoir brandi un étendard amazigh, nous voulons un changement du système pas de personnes, et une justice indépendante, pas une justice de la nuit», s’est-il exclamé.


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