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Procès de Tayeb Louh. Ancien Ministre De La Justice : Les avocats lèvent le voile sur des zones d’ombre

13 octobre 2021 à 11 h 32 min

Le procès de Tayeb Louh a repris hier au tribunal criminel de Dar El Beïda à Alger, avec les plaidoiries, avant que l’affaire ne soit mise en délibéré. Les dernières déclarations des accusés se rejoignaient toutes pour clamer leur innocence. Saïd Bouteflika souhaite «mourir en gardant le silence», parce que, dit-il, s’il «divulguait les secrets d’Etat qu’il détient», il «ébranlerait» le pays. Il s’interroge sur les deux plaintes déposées contre le juge militaire de Blida.

L’un après l’autre, les quatre avocats de Saïd Bouteflika, frère conseiller du président déchu, dont Mes Khaled Bourayou, Benouaret, Salim Hadjouti, se sont attelés hier à démontrer au tribunal criminel que l’affaire a été «instrumentalisée et fabriquée» par des juges qui «instruisaient à charge».

Pour eux, les ordonnances de cessation de recherche établies contre les membres de la famille de Chakib Khelil, ex-ministre de l’Energie, ont été établies pour «corriger des erreurs commises dans l’établissement des mandats d’arrêt». Me Nabil Benouaret s’offusque sur le fait que l’arrêt de renvoi de la chambre d’accusation «ne comporte pas les charges contre Tayeb Louh, ni contre Saïd Bouteflika» et se demande «sur quelle base» le tribunal va statuer sur leur sort

L’avocat rappelle les propos de Saïd Bouteflika à l’audience, en affirmant que le Président en tant que premier magistrat du pays a instruit Tayeb Louh pour corriger l’erreur d’une manière légale : «Ce n’est pas Saïd qui a ordonné, mais son frère. Tous les magistrats qui se sont succédé à la barre vous ont bien dit que les mandats d’arrêt étaient illégaux. Mieux encore, Tayeb Louh a bien affirmé que Belkacem Zeghmati en tant que procureur général près la cour d’Alger avait reconnu avoir commis des erreurs.

En quoi Saïd Bouteflika est-il donc concerné ?» L’avocat trouve «gravissime» que son mandant soit entendu comme «témoin» dans cette affaire à la prison militaire et que sur le procès-verbal il est mentionné qu’il a été condamné à une peine de 15 ans de réclusion criminelle, alors que cette sentence faisait l’objet d’un appel : «Saïd Bouteflika a refusé de parler au juge et ce procès-verbal reprend des réponses aux cinq ou six questions posées.

Le juge instruisait à charge.» L’avocat revient à l’affaire de Chakib Khelil et précise que ce dernier, du fait qu’il avait la double nationalité, n’aurait jamais pu être livré aux autorités. «La cessation des recherches a permis de le faire revenir», dit-il avant de conclure : «Ces poursuites sont le fruit un d’un règlement de compte. C’est de l’arbitraire».

Suite de l’article dans l’édition papier


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