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Les autorités durcissent le ton vis-à-vis du Hirak : Les mises en garde du ministère de l’Intérieur

10 mai 2021 à 10 h 48 min

Surprenante sortie du ministère de l’Intérieur. Dans un communiqué rendu public hier après-midi, le département de Kamel Beldjoud affirme qu’il est nécessaire de passer par l’administration avant l’organisation de chaque marche.

«(…) Il est nécessaire de rappeler ce que stipule la Constitution amendée en 2020, qui soumet la liberté de manifestation au régime déclaratif. Ainsi, il est important d’insister sur la nécessité pour les organisateurs des marches de déclarer l’heure du début et de fin de manifestation, son itinéraire et les slogans à scander auprès des services compétents», affirme le ministère dans ce communiqué posté sur sa page Facebook.

Et de menacer : «Le non-respect de ces procédures sera considéré comme une violation de la loi et de la Constitution. De ce fait, ces marches seront illégales et elles seront traitées comme telles.»

Le ministère de l’Intérieur a justifié sa réaction par ce qu’il appelle «un constat fait dernièrement, selon lequel les marches hebdomadaires connaissent des dérapages dangereux». «Des gens, ne prenant pas en considération les souffrances des citoyens et les atteintes à leurs libertés, changent constamment l’itinéraire de leur marche, au prétexte qu’ils sont libres de marcher dans tous les sens et à travers n’importe quelle rue. Cela est contraire à l’ordre public et aux loi de la République», ajoute le ministre de l’Intérieur dans son communiqué.

Le département de Kamel Beldjoud, qui a passé sous silence la répression des manifestants durant les deux derniers vendredis à Alger et dans plusieurs villes du pays, adresse ainsi un message clair au hirak et, par ricochet, à toutes les organisations qui envisageraient d’organiser, à l’avenir, des manifestations de rue.

«Le pouvoir est démasqué. Sa volonté d’en finir avec le hirak et d’interdire les marches pacifiques s’est révélée au grand jour. Le pouvoir exige du peuple une demande d’autorisation pour marcher les vendredis ? C’est insensé et illégal. Le pouvoir est pris au piège de ses propres contradictions, il n’a pas cessé de faire le marketing de la nouvelle Constitution en affirmant qu’elle consacre le régime déclaratif pour l’exercice des libertés. Il se contredit en revenant au régime d’autorisation préalable. L’Algérie nouvelle s’installe dans la dictature», dénonce Saïd Salhi, vice-président de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme.

Pour rappel, les marches sont restées interdites à Alger pendant 19 ans. Le verrou de l’interdiction n’a été sauté que le 22 février 2019, grâce à la mobilisation des Algériens qui se sont sacrifiés pour faire barrage au 5e mandat, obligeant ainsi le régime à céder sur plusieurs questions liées aux libertés. Le «hirak el moubarek (béni)» qui n’avait pas sollicité d’autorisation pour exister jusque-là, devient, selon la logique actuelle, illégal.


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