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Les agressions se multiplient dans les hôpitaux et les centres de soins : Les personnels de santé sous pression

01 septembre 2019 à 10 h 30 min

L’insécurité se répand dans les hôpitaux. Médecins agressés, infirmiers malmenés, patients pris à partie, équipements détruits… Dans les hôpitaux, pas un jour ne passe sans que l’on recense des agressions contre les personnes et les biens. 

Dernier fait : la descente punitive d’hommes cagoulés au CHU de Constantine. Dans la nuit du 25 au 26 août 2019, une vingtaine d’individus qui accompagnaient un patient blessé ont saccagé le service de chirurgie orthopédique et le bureau de la réception des urgences chirurgicales de l’établissement. Les agresseurs voulaient que leur malade blessé soit pris en charge en priorité. Les assaillants se sont dirigés vers les deux blocs opératoires, déjà occupés par deux malades. Défonçant les portes des deux blocs, ils se sont retrouvés face au personnel soignant et à deux malades, dont un inconscient. Désemparé, le personnel s’est précipité, a quitté les lieux, abandonnant les deux patients.  L’intervention des éléments des services de sécurité a fait éviter le pire au personnel et aux malades.

Quatre personnes ont été arrêtées alors que trois autres sont toujours en fuite. Le directeur du CHU parle de «jeunes délinquants, sous l’emprise de l’alcool et des psychotropes». Lors d’une visite de travail à Blida, le ministre de la Santé, Mohamed Miraoui, a qualifié d’«inacceptables» les agressions contre les personnels de santé : «Je ne tolère aucune agression contre les personnels de santé dans l’exercice de leurs fonctions, car il s’agit d’un délit que rien ne saurait justifier.» L’insécurité dans les hôpitaux s’est installée durablement, «notamment dans les structures d’urgence et les maternités», constate le président du SNPSP, Lyes Merabet.

Un comité interministériel mort-né

Une enquête réalisée par le Syndicat des praticiens de santé publique (SNPSP), durant huit mois, en 2015, dans une vingtaine de wilayas, a permis de recenser plus de 2700 agressions dont ont été victimes des agents d’accueil et d’orientation, des paramédicaux, des sages-femmes et des médecins. Causes du phénomène ? Elles sont multiples. Pour M. Merabet, il y a d’abord l’impact de la violence durant la décennie noire, la déperdition scolaire, le chômage, l’usage de la drogue et autres produits stupéfiants, etc., mais il y a aussi la faillite d’autres secteurs comme ceux des Affaires religieuses, de la Jeunesse et des  Sports ou de la Culture qui «ont été incapables d’assurer une influence positive sur les citoyens, notamment en sensibilisant nos jeunes sur les impacts d’un tel comportement sur la bonne marche des services de santé dans notre pays». Le praticien estime que le secteur de la santé, «abandonné par un système mafieux», a également une part de responsabilité dans ce phénomène. «Le secteur de la santé a une grande responsabilité dans son incapacité à organiser l’offre de soins, de la couvrir et d’accompagner ses fluctuations à travers une répartition équitable et de manière continue des moyens matériels et des effectifs humains», constate-t-il.

La tutelle, en dehors de déclarations d’indignation périodiques, n’a visiblement pas la volonté de prendre les choses en main. Un comité interministériel a été annoncé par le ministre Miraoui du temps où il était DSP d’Alger… Interrogé par Horizons, il a parlé de «synergie» dans l’objectif de garantir un climat serein pour le personnel, les patients et les familles. Mais rien de concret n’est constaté sur le terrain, les malades et les personnels continuant de souffrir d’une insécurité incontrôlable.

 

SNPSP : «C’est un comportement barbare et voyou»

n Le SNPSP a dénoncé l’insécurité dans les établissements de santé. Evoquant l’agression au CHU de Constantine, le syndicat parle sans ambages d’un «comportement barbare et voyou» des jeunes qui ont investi les locaux du CHU dans la nuit du 25 au 26 août et semé le désordre dans l’hôpital et la terreur parmi le personnel soignant de garde et les malades. Le syndicat, qui a publié un communiqué au lendemain de l’attaque, a  réitéré  son soutien, sa solidarité active avec les agressés et appelle les autorités concernées à assumer leur rôle dans la protection des biens et des personnes.  


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