Le peuple l’exige : «Ni Bensalah ni Gaïd Salah» | El Watan
toggle menu
lundi, 27 janvier, 2020
  • thumbnail of elwatan27012020

  • HP workstation

Le peuple l’exige : «Ni Bensalah ni Gaïd Salah»

29 mars 2019 à 10 h 30 min

C’est la sixième semaine du mouvement de contestation populaire en Algérie, la révolution du sourire comme beaucoup d’internautes l’appellent. Beaucoup d’acquis sans vraiment faire de pas concrets, estiment les personnes interviewées. Ce sera le vendredi du refus de l’article 102 et de l’ingérence dans les affaires politiques de Gaïd Salah.

 

«C’est le peuple qui fixe l’agenda politique. Il dit ne pas reconnaître l’actuelle Constitution, y compris son article 102, car il souhaite le changement de tout le système. Il va continuer à manifester et mettre la pression sur le pouvoir jusqu’à son départ, ce qui représente pour moi la bonne solution pour le mouvement populaire», affirme Ouahid Benhalla, membre du bureau national du parti de gauche, le Mouvement démocratique et social (MDS), joint par téléphone.

La situation se complique davantage pour les partis au pouvoir qui n’arrivent toujours pas à trouver une issue favorable à leur crise existentielle, puisqu’il s’agit de leur maintien ou de leur départ définitif.

Cernés par le peuple et ses revendications radicales, ils s’accrochent à toute proposition émanant du peuple, des partis et des personnalités d’opposition ou même du chef d’état-major, Gaïd Salah. Ce dernier a appelé dans la semaine le Conseil constitutionnel à appliquer l’article 102 et, par conséquent, la vacation de la présidence, a été fortement suivi par ces derniers.

Dès le lendemain, le RND puis le FLN appuient en premier son appel. Puis d’autres ont suivi dans la journée et même hier, jusqu’à TAJ de Amar Ghoul, qui, il faut le rappeler, était le seul qui est resté fidèle à Bouteflika au moment où tous les autres l’ont lâché.

Amar Ghoul accepte l’option de l’article 102 avec des réserves : «L’article 102 de la Constitution pourrait être une partie de la solution, pour peu qu’il prévoie une série de propositions à l’instar de l’entente, de la coopération et de la solidarité interinstitutionnelle, son accueil favorable par le mouvement populaire à travers ses revendications légitimes.»

Stagnation

En dépit de tout cela, les citoyens, notamment sur les réseaux sociaux, se préparent d’ores et déjà pour la manifestation d’aujourd’hui. Slogan du jour : «Ni Bensalah ni Gaïd Salah», pour dire non à l’option de l’article 102 de la Constitution qui verra Abdelkader Bensalah propulsé Président par intérim.

Même Gaid Salah, selon eux, s’immisce dans les affaire politiques. «Le mouvement va continuer et nous serons des millions encore dans la rue car nous n’avons encore rien fait. Nous n’avons pas encore gagné la guerre. Ce qui se passe actuellement est une mauvaise pièce théâtrale orchestré par Gaïd Salah.

Le pouvoir et ses appareils ont opté d’abord pour le 5e mandat, puis le prolongement du 4e, puis ils ont fini par rallier le mouvement et là, ils proposent l’article 102. Ils font semblant qu’il y a une guerre entre eux pour nous faire peur. Nous n’avons pas avancé d’un cran.

Nous n’avons pas fait tout ça pour ça ! Nous ne voulons pas attendre le 22e vendredi pour qu’ils partent. Nous avons dit tous et tous», s’emporte Ahmed Rezzak, metteur en scène et scénographe, initiateur, il y a une année, de la campagne pour l’application de l’article 102.

Si le peuple avance sûrement, ce n’est pas le cas pour le pouvoir, sauf pour Gaïd Salah qui prend du pouvoir de plus en plus. Abandonné par les siens, Ali Haddad pose officiellement les clés du FCE et démissionne de l’appareil oligarque du pouvoir. Noureddine Bedoui passe sa troisième semaine sans pouvoir former son gouvernement.

Des rumeurs disent qu’il va reconduire l’ancien de Ahmed Ouyahia. Aucun signe de Tayeb Belaïz et son Conseil constitutionnel. La situation stagne jusqu’ici. Mais rien ne changera, du moins pour le peuple, si l’article 102 est appliqué. Le prochain Président par intérim sera du RND.

Quant à la Constitution, elle sera débattue par les mêmes deux Chambres à majorité FLN et RND avant de la soumettre au référendum. «Il faut aux Algériens les clés de leur destin», déclarait hier Ali Laskri du FFS. Le PT décide de retirer tous ses députés et rejoint les quelques initiatives du genre prises au début du mouvement. «L’article 102 est dépassé.

On aurait pu l’appliquer il y a longtemps mais pas après un mois de contestation. Le peuple est au-dessus de toutes les lois. Il est le seul souverain. Il est décidé à continuer le mouvement jusqu’au départ du système», exige maître Salah Dabouz, avocat et défenseur des droits humains, joint par téléphone.

Idem pour Ouahid Benhalla qui pense qu’«il n’ y pas encore de signe qui démontre le départ du système». «Il n’y a qu’ainsi que le peuple pourra changer demain ses slogans et ses revendications».


S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Se souvenir de moi
Mot de passe perdu?
S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Registration confirmation will be emailed to you.
Password Reset Registration
Login
Do NOT follow this link or you will be banned from the site!