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Le ministre Kamel Rezig face à sa première problématique : La crise du lait et la «mafia»

29 janvier 2020 à 10 h 30 min

Le ministre du Commerce, Kamel Rezig, est pratiquement le seul membre de l’Exécutif Djerad qui fait parler de lui, depuis sa prise de fonction le 4 janvier.

Dans une déclaration tonitruante, et face à la crise du lait qui risque de s’aggraver dans les jours à venir à cause de la grève des distributeurs, celui-ci a pointé du doigt, samedi dernier, «la mafia du lait s’est incrustée dans le marché de la distribution», reprenant ainsi le vocable de «îssaba» en vogue ces derniers temps.

Pour le ministre, il n’y a ni problème de production, encore moins d’importation de poudre de lait ou tout autre problème lié à l’approvisionnement. Il est question d’une «mafia» qui s’est «incrustée dans le marché de la distribution».

Une déclaration qui n’a pas laissé indifférents les distributeurs qui ont commencé à protester au niveau de certaines wilayas du pays. Ceux-là menacent même de «durcir» le ton, si leurs doléances, liées surtout à la marge bénéficiaire, ne sont pas prises en compte.

La crise du lait surgit cycliquement depuis plusieurs années et aucun gouvernement n’a réussi jusque-là à asseoir une véritable organisation de la filière, c’est l’approche de ce ministre, qui, faut-il le préciser, avait fait parler de lui bien avant sa nomination au sein de l’Exécutif en raison de ses publications sur les réseaux sociaux, qui sont sujettes à polémique.

Y a-t-il réellement une «mafia du lait», alors que les problèmes, relatifs à la marge bénéficiaire des différents intervenants (de plus en plus d’épiceries ne le distribuent plus, par exemple) et aux circuits de distribution, sont mis sur la table depuis des années.

La poudre de lait est-elle concrètement détournée et en quelle proportion ? Ceci alors que l’Etat détient le monopole de son importation – celle destinée à la production du lait en sachet – et par conséquent sa distribution en direction des différentes laiteries, sachant que les plus importants quotas reviennent au groupe public Giplait ?

Autant de questions qui sont posées depuis des années et auxquelles les différents ministres qui se sont succédé à la tête de ce département n’ont pas encore trouvé de réponse. Kamel Rezig s’est-il précipité en évoquant une «mafia du lait», en omettant de s’exprimer sur les différents aspects liés à la problématique ou a-t-il seulement voulu être dans l’air du temps ?

En tout cas, beaucoup d’Algériens se sont mis à parodier cette supposée «mafia» sur les réseaux sociaux. Certains se sont photographiés face au mur, les mains derrière le dos, comme le font les services de sécurité lors des arrestations, avec des sachets de lait présentés sur une table, en objets saisis.

D’autres ont trafiqué la photo d’un film, avec des maffieux tenant dans leurs mains, d’un côté une arme et de l’autre un sachet de lait. Ceci pour dire que beaucoup d’Algériens ne sont plus prêts à reprendre un quelconque «slogan», même s’il concerne une problématique concrète qui les touche directement.

Face à une telle situation, il aurait été peut-être préférable d’écouter tous les intervenants afin de faire un diagnostic précis, avant d’évoquer l’existence d’une «mafia du lait», rendant encore plus illisible une situation qui perdure depuis des années et jetant l’opprobre sur des intervenants dont la culpabilité n’est pas, pour l’instant, avérée.

Une analyse approfondie de la situation définirait justement le degré de responsabilité de chacun.


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