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25e vendredi de mobilisation citoyenne : Les Algériens maintiennent le cap

Le Hirak résiste au temps et à la canicule : Le long souffle de la protestation

10 août 2019 à 10 h 45 min

Le hirak a résisté aux aléas du temps, de la période des vacances et du climat. Hier, 25e vendredi de la protestation, deux jours avant l’Aïd El Adha pourtant, la foule était au rendez-vous une fois encore à Alger et dans plusieurs autres villes du pays.

Même si le nombre de manifestants a baissé par rapport aux premières semaines, il n’en demeure pas moins qu’après cinq mois et demi de protestation populaire, et vu les conditions climatiques – une chaleur caniculaire a sévi hier dans la capitale et ailleurs – beaucoup d’Algériens investissent toujours les rues chaque vendredi pour exprimer leur rejet du «système».

Pourtant, tout a été mis en œuvre par le pouvoir en place pour l’affaiblir. Ainsi, hier encore, les manifestants, et pour le 25e vendredi consécutif, ont fait entendre leur voix en scandant leurs slogans anti-système habituels. Ils ont pour l’occasion de l’avis de plusieurs d’entre eux, affirmé que les manœuvres du pouvoir n’auront pas d’effet sur eux et rejeté le dialogue en cours actuellement mené par l’ex-président de l’APN, Karim Younès.

D’ailleurs, quelques tentatives ayant pour but d’«imposer» des slogans ou banderoles soutenant le processus en cours ont été relevées au niveau de certaines wilayas, comme ce fut le cas à Tiaret, où arrivant à la placette où ils ont l’habitude d’entamer leur marche, des citoyens ont été surpris de trouver les lieux occupés par une dizaine de personnes portant une banderole réclamant l’organisation d’une élection présidentielle «dans les plus brefs délais».

Mais c’était en vain, puisque le hirak se poursuit sereinement et pacifiquement. Personne ne pouvait miser, le 22 février dernier, que ce mouvement allait durer aussi longtemps. D’un rejet du «5e mandat», exprimé lors du premier vendredi de protestation, les Algériens sont passés à un rejet de tout le système.

Dans la foulée, ils ont fait annuler à deux reprises l’élection présidentielle (18 avril et 4 juillet). Aujourd’hui, ils ne sont pas près, selon toute vraisemblance, d’accepter un simple «remodelage du système» avec le changement de sa façade. Alertes et plutôt bons élèves, ayant apparemment tirés les leçons du passé, ils ont pu résister aux multiples manipulations et manœuvres dont l’objectif était d’affaiblir ce mouvement populaire.

Pour plus d’un, la question de l’interdiction du drapeau amazigh participait à cette tentative de division du hirak. Si, dans un premier temps, le pouvoir, en essayant de gagner du temps, a misé sur le mois de Ramadhan pour la fin, ou au moins, l’affaiblissement de la protestation, il s’est vite rendu à l’évidence que ce mouvement est né pour durer. Son maintien, durant l’été, où malgré les fortes chaleurs, des familles sortent quand même dans la rue pour manifester, renseigne sur la détermination de la population qui ne veut pas s’arrêter en si bon chemin.

Cela prédit également un renforcement du hirak le mois prochain avec la rentrée sociale. D’autant plus qu’il se pourrait que les revendications corporatistes se joignent à celles, politiques, exprimées chaque vendredi, et mardi pour le cas des étudiants.


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