L’apaisement tarde à venir : Quand la répression prend le pas sur le dialogue | El Watan
toggle menu
lundi, 29 novembre, 2021
  • thumbnail of elwatan10072021



L’apaisement tarde à venir : Quand la répression prend le pas sur le dialogue

22 décembre 2019 à 10 h 30 min

Pas de négociation sans les détenus d’opinion». Cette banderole déployée ce vendredi par des manifestants résume l’une des revendications fortes du hirak.

Du reste, d’aucuns parmi les manifestants, pour commenter l’offre de dialogue dont il est beaucoup question en ce moment, fulminent : «S’ils veulent dialoguer, ils n’ont qu’à s’adresser aux détenus !» Manière de signifier que la «moindre des politesses» est de commencer par libérer les prisonniers du hirak avant de parler dialogue. Notons que nombre de ces détenus jouissent d’une autorité morale indéniable et sont érigés en véritables leaders, des leaders symboliques tout au moins.

Ainsi, un large secteur du mouvement populaire attend désespérément des gestes d’apaisement de la part du nouveau locataire d’El Mouradia. Mais ces gestes se font attendre. Dans son discours d’investiture, jeudi dernier, le successeur de Abdelaziz Bouteflika a lancé avec un zeste de contrition : «Aidez-moi et encouragez-moi si je suis sur la bonne voie. Corrigez-moi en revanche si je dévie du bon chemin.» «Nous sommes obligés de tourner la page de nos différences. Nous sommes tous des Algériens et il n’y a pas quelqu’un qui est supérieur à l’autre. Mettons la main dans la main pour bâtir la nouvelle Algérie.»

Le chef de l’Etat a également insisté sur la «la nécessité de définir les priorités en vue de réaliser les aspirations du peuple, consistant en un changement radical du système». Force est de constater que la ligne dure du régime continue à imposer sa marche et que le «système» n’est pas près de montrer le moindre signe de détente. Il ne va manifestement pas changer de logiciel de sitôt.

Abdelkader Djeriou arrêté à Oued Tlélat

Dernier fait en date ; l’arrestation, ce vendredi, du comédien, metteur en scène et scénariste Abdelkader Djeriou, dont la côte de popularité a explosé après sa prestation XXL dans le feuilleton a succès Ouled Lahlal diffusé durant le Ramadhan dernier sur Echourouk TV. Abdelkader  Djeriou était connu avant cela pour avoir écrit et mis en scène les JT satiriques Jornane El Gosto et Nass Stah qui battaient des records d’audience. «L’acteur Abdelkader Djeriou a été arrêté ce vendredi soir au niveau du barrage de la gendarmerie de Oued Tlélat (25 km d’Oran)», a alerté le Comité national pour la libération des détenus (CNLD) sur sa page Facebook en précisant que le célèbre comédien, qui s’est beaucoup impliqué dans le hirak «est toujours en garde à vue au niveau de la gendarmerie. Il sera présenté dimanche, 22 décembre, devant le procureur du tribunal de Tlélat». Rien n’a filtré pour l’heure sur les raisons de cette arrestation. Le CNLD a indiqué par ailleurs que «plusieurs personnes sont toujours en garde à vue au niveau de la Gendarmerie nationale de Tlélat après leur arrestation au niveau du barrage El Kerma (Oran)».

Au moment même où M.Tebboune prêtait serment au Palais des Nations jeudi dernier, le jeune poète Mohamed Tadjadit, la voix flamboyante de La Casbah, est condamné par le tribunal de Sidi M’hamed à 18 mois de prison ferme sans le moindre état d’âme. Une étudiante de Tlemcen, Nour El Houda Oggadi, a été placée le jour même sous mandat de dépôt par le juge d’instruction près le tribunal de Tlemcen pour «atteinte à l’unité nationale, d’atteinte à corps constitué et au moral des troupes», rapporte le CNLD.

Il convient de rappeler, en outre, que dès le lendemain de l’élection de M.Tebboune, la répression a frappé à Oran en plein hirak. «La journée du vendredi 13 décembre a été marquée par une répression policière violente contre des manifestants pacifiques à l’ouest de l’Algérie. A Oran, plus de 400 personnes ont été arrêtées au lendemain de la mascarade électorale», déplore le CNLD dans un communiqué, avant d’ajouter que ce même vendredi 13 décembre, «à Aïn Témouchent et Tlemcen, une centaine de personnes ont été interpellées puis présentées devant le procureur le lendemain matin».

Après Alger, Oran  ville interdite

Et ce n’est pas fini. Lors de ce 44e vendredi du hirak, les manifs ont été empêchées par la police dans plusieurs villes de l’ouest : Sidi Bel Abbès, Mascara, Tiaret, Mecheria…

Des citoyens issus d’autres wilayas qui tenaient à manifester à Oran dans un geste solidaire après la répression du 13 décembre ont été refoulés manu militari. Ainsi, après le filtrage sécuritaire de l’accès à la capitale, Oran devient à son tour une citadelle interdite.
Des cadres du RCD l’ont appris à leurs dépens. Parmi eux, le député et secrétaire national à la communication, Atmane Mazouz.

En voulant se rendre ce jeudi dans la capitale de l’Ouest, lui et ses accompagnateurs ont été appréhendés à Chlef avant d’être reconduits de force vers Alger puis Béjaïa. «Finalement, escortés de force de Chlef vers Alger, un autre ordre exige de nous escorter jusqu’aux limites de la wilaya de Béjaïa. Quelle folie d’un pouvoir aux abois !» s est emporté le député sur sa page Facebook. Commentant ces agissements des services de sécurité, le président du RCD Mohcine Belabbas a posté ce message sur sa page officielle : «Le règne de la nouvelle façade civile du système commence par l’arrestation abusive de Atmane Mazouz, député et secrétaire national à la communication du RCD, Mohand Aklit, président de l’APC d’Akfadou et leur compagnon Ameziane Oujedi».

M. Belabbas précise dans la foulée qu’M«une équipe extérieure à la gendarmerie conduite par un colonel veut contraindre Atmane Mazouz à se présenter séance tenante devant le procureur de la République de la wilaya de Chlef. Après le refus du député d’obtempérer, les services de sécurité ont fini par charger une équipe des forces d’élite de la gendarmerie (Saâiqa) de les escorter vers Alger et de leur interdire ainsi l«accès à Oran». Et de faire remarquer : «Il aura fallu moins de quelques heures pour que les promesses contenues dans le discours d’investiture soient contredites dans les faits».

Le RCD a diffusé par ailleurs un communiqué, ce vendredi 20 décembre, dénonçant cette fois l’interpellation d’étudiants proches du parti à Oran. «Après la répression et la série d’arrestations de la semaine passée à Oran, des étudiants de l’université d’Alger venus prendre part à l’imposante marche de protestation d’aujourd’hui (vendredi, ndlr), ont été interpellés et conduits au commissariat. En effet, Fouad Bachen, Anis Bachen, Abdeslam Djili et Ilyes Bentayche ont été interpellés, tôt le matin, au centre-ville d’Oran (…) Le RCD exige leur libération et appelle à la cessation des intimidations et des arrestations abusives. Il dénonce les atteintes au droit de manifestation et de circulation libre des Algériens», lit-on dans le communiqué.


Advertisements


S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Se souvenir de moi
Mot de passe perdu?
S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Registration confirmation will be emailed to you.
Password Reset Registration
Login
Do NOT follow this link or you will be banned from the site!