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Dotée d’un financement algéro-américain

La réhabilitation du Medghacen reprend en 2021

02 février 2021 à 10 h 20 min

Selon les recherches accumulées sur le sujet, le monument de type autochtone rare est un tombeau funéraire attribué à un ancêtre amazigh mythique de la dynastie des Massyles. Classé patrimoine national par l’Algérie depuis 1968, le tombeau est candidat officiel à un classement sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco.

Enfin une bonne nouvelle dans le ciel morose de la culture. La réhabilitation du tombeau du Medghacen suspendue en 2018 pour des raisons absurdes, devra reprendre incessamment, a annoncé la ministre de la Culture Malika Bendouda.

En visite hier sur le site, situé à 30 km au nord du chef-lieu de la wilaya de Batna, la ministre a révélé la mobilisation par le gouvernement d’un budget de 150 millions de dinars pour reprendre les opérations là où elles se sont arrêtées. Voilà qui promet pour ce monument précieux, datant du début du IIIe siècle avant notre ère.

Selon les recherches accumulées sur le sujet, le monument de type autochtone rare, est un tombeau funéraire attribué à un ancêtre amazigh mythique de la dynastie des Massyles. Classé patrimoine national par l’Algérie depuis 1968, le tombeau est candidat officiel à un classement sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco.

Mais le Medghacen souffre. En 2008, il est signalé par le World Monument Fund (WMF) parmi les 100 monuments les plus menacés dans le monde. Des travaux d’urgence effectués durant cette période par les services de la construction et de l’urbanisme de Batna ont causé l’effondrement d’une partie de l’édifice ajoutant aux aléas du temps et aux méfaits de l’homme.

Le plan permanent de sécurisation et de mise en valeur du site archéologique (PPSMVSA), lancé en 2010 et confié à la direction de la Culture de la wilaya de Batna traîne lui aussi et à ce jour il n’a pas été livré.

L’irruption en 2010 de l’Association des Amis du Medghacen constitue un tournant dans le destin du monument. Elle commence son action par la création d’un marathon international annuel baptisé au nom du tombeau et dont l’itinéraire prend fin à son pied. L’événement attire d’emblée l’attention des médias et de l’opinion publique.

Les activités scientifiques organisées en marge impliquent aussi l’université et le département ministériel chargé du patrimoine. La dynamique donne des fruits et aboutit en 2015 à l’entame d’un solide projet de restauration financé par l’Union européenne.

Un abandon et des interrogations

Le Programme d’appui à la protection et à la valorisation du patrimoine culturel en Algérie, doté d’un budget confortable de 5 millions d’euros, avance avec succès. Pour la première fois, des relevés architecturaux photogrammétriques et au laser scanner 3D sont réalisés par une équipe d’experts internationaux.

Fin 2015, une équipe dirigée par Mahfoud Ferroukhi effectue des sondages archéologiques et obtient des résultats prometteurs. La troisième phase est confiée au bureau Louis Berger, pour la conception des projets d’architecture, d’ingénierie et la supervision de la réhabilitation du site. Pour des raisons demeurées inconnues, cette étude n’est pas validée au département de Azeddine Mihoubi. Mieux, en novembre 2018, le ministère suspend le projet de réhabilitation du Medghacen et sans en informer ses partenaires.

L’association des Amis du Medghacen crie au scandale. Son président, Azeddine Guerfi, tout en s’interrogeant sur les tenants et les aboutissants de cette décision «aux conséquences lourdes pour le monument», et sur «l’autorité responsable de cet échec», avait dénoncé dans un entretien accordé à El Watan le fait que la tutelle ait «laissé faire et accompagné le projet trois ans durant, pour en fin de compte annuler le processus. Ils ont aussi hypothéqué la rallonge accordée par le bailleur de fonds, l’Union européenne, pour le lancement des travaux».

C’était une absurdité de l’ère Bouteflika. Mais cette page est rapidement tournée et l’association part à l’affût de nouvelles possibilités pour sauver le monument. Entre-temps, de nouveaux responsables arrivent au ministère de la Culture. Cette opportunité, conjuguée au dévouement et à l’intelligence des Amis du Medghacen, allume une nouvelle lumière.

L’association monte un nouveau projet grâce à l’implication des experts. Le projet est accepté par le département de Bendouda et inscrit au budget. L’association a convaincu aussi l’ONG internationale très connue World Monument Fund pour débloquer un financement américain d’environ 500 000 dollars.

L’opération PRET-I (Programme de Recherche, d’Etudes et de Travaux de restauration et de mise en valeur du mausolée Imedghassen, Batna, Algérie) a été officiellement lancée hier pour une durée de 5 ans. Elle est composée de 5 phases, à savoir : la recherche, les études, les travaux, la formation et la communication. Elle sera co-pilotée par les institutions étatiques, mais aussi par l’association.

C’est la première fois que la société civile propose et réussit à faire valider par l’Etat un projet de cette qualité et envergure. Un projet prioritaire et stratégique qui peut ouvrir la voie à une nouvelle approche du patrimoine pour le valoriser et l’insérer dans une approche économique et touristique.


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