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HISTOIRE

Rapport de Benjamin Stora sur la mémoire : La passion ravivée sur les deux rives

24 janvier 2021 à 10 h 52 min

La question mémorielle entre l’Algérie et la France suscite toujours des réactions de part et d’autre de la Méditerranée. Le rapport rédigé par l’historien Benjamin Stora, au président français, Emmanuel Macron, a été largement commenté par les Algériens, même si jusque-là les autorités n’ont pas encore réagi. En France, les médias en ont largement fait écho.

L’historien français, Benjamin Stora, a soumis, dans le rapport qu’il a remis mercredi dernier au président français, Emmanuel Macron, une série de préconisations en vue de régler la question mémorielle entre l’Algérie et la France. Néanmoins, il n’est pas question, dans ce document, pour la France de demander des «excuses».

«On sait que depuis plusieurs années les autorités algériennes réclament des excuses à propos de la période de la colonisation. Dans la lignée des discours présidentiels français précédents, ce geste symbolique peut être accompli par un nouveau discours. Mais est-ce que cela sera suffisant ? N’est-il pas nécessaire d’emprunter d’autres chemins, de mettre en œuvre une autre méthode pour parvenir à la réconciliation des mémoires ?» a écrit Stora dans son rapport.

C’est donc l’absence d’une volonté, du côté français, de demander des excuses qui a été globalement souligné par beaucoup d’Algériens, notamment au niveau des médias. Et c’est ce qui a été relevé d’ailleurs par certains médias français. «Rapport Stora sur la mémoire de la colonisation : scepticisme à Alger», a titré Le Point.

La chaîne France 24 a écrit: «Excuses, réparations : le rapport Stora sur l’Algérie réveille d’éternelles frictions.» «Des critiques algériennes après le refus de Paris de s’excuser», a indiqué encore Sud Ouest. La voix du Nord a titré : «Guerre d’Algérie : l’Elysée refuse les excuses mais plaide pour la reconnaissance.»

Bien entendu, certains, en Algérie, ont tenté, par contre, de mettre le doigt sur les aspects positifs de ce rapport en particulier, et de la démarche d’une manière générale. «Son apport le plus important est d’ouvrir le débat en Algérie», a estimé à cet effet, dans une déclaration à l’AFP, Fouad Soufi, chercheur au Centre de recherche en anthropologie sociale et culturelle (Crasc) d’Oran.

Quid du rapport Chikhi ?

Il faut noter que la principale recommandation du rapport Stora est la constitution, en France bien entendu, d’une commission «Mémoire et Vérité» qui sera «chargée d’impulser des initiatives communes entre la France et l’Algérie sur les questions de mémoires».

Une commission qui aura la charge de se pencher par exemple sur des «travaux sur les essais nucléaires français dans le Sahara et leurs conséquences, ainsi que celles de la pose de mines antipersonnel durant la guerre», la «publication d’un guide des disparus algériens et européens pendant le conflit» ou «avancer sur la question des archives, avec comme objectifs le transfert de certaines archives de la France vers l’Algérie, et d’autre part permettre l’accès aux chercheurs des deux pays aux archives françaises et algériennes ; processus plus rapide de déclassification des documents secrets».

L’autre suggestion inscrite dans le rapport est celle relative aux «déplacements des harkis et de leurs enfants entre France et Algérie», une question qui fait également toujours débat.

Les autorités algériennes n’ont pas encore réagi au contenu de ce rapport. Le vis-à-vis de Stora en Algérie, Abdelmadjid Chikhi, nommé en juillet 2020, en même temps que Benjamin Stora et censé travailler avec lui, n’a pas encore remis son rapport. Il devrait probablement attendre le retour au pays du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, qui se trouve en Allemagne pour des soins.

L’Algérie va-t-elle avancer sur ce dossier relatif aux questions mémorielles, avec la partie française, en l’absence d’«excuses» ? En tout cas, le travail fait par Chikhi va certainement apporter des éléments de réponse quant à la démarche des autorités par rapport à ces questions, et surtout sur l’attitude qui sera adoptée.

Le sujet, délicat, doit être traité loin de toute «crispation politique et de l’exploitation politicienne», comme l’avait estimé le chef de l’Etat au mois de juillet dernier.


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